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Le numérique est un secteur d'avenir en France.
Le numérique est un secteur d'avenir en France.
©Reuters

Les entrepreneurs parlent aux Français

Pourquoi l'effort public doit se concentrer sur le développement de l'économie numérique

Véritable révolution, le secteur numérique représente 5 à 6% du PIB en France et près de 1,15 millions d’emploi, selon le rapport de Mc Kinsey.

Bertrand Folliet

Bertrand Folliet

Bertrand Folliet est membre du PLD et de Parrainer la Croissance (en charge du numérique).
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Après la mondialisation, nous devons faire face à un autre défi majeur : la numérisation. Comme tout changement structurel, c’est à la fois un facteur de risques et d’opportunités. Nous sommes au milieu du gué. Une nouvelle révolution industrielle est en cours et pour l’instant nous n’en avons perçu que les premiers effets. Les économistes, politiques et autres commentateurs insistent à juste titre sur le coût du travail mais il nous semble que l’innovation et la bonne utilisation des technologies numériques constituent des facteurs clés de succès pouvant permettre à la France de gagner en compétitivité. C’est un formidable levier mais nous devons agir maintenant.

La progression permanente des nouvelles technologies et leur adoption universelle définissent un nouveau schéma de développement qui bouleverse en profondeur nos sociétés contemporaines. En se propageant rapidement, les nouvelles technologies deviennent pour nos économies des éléments tellement structurants que tout gouvernement doit lui apporter une attention primordiale et décider d’y  investir massivement.

La réalité des marchés n’est plus à prouver même si les acteurs ont encore du mal à se positionner. Il fut un temps où nous avions des leaders dans des secteurs comme le téléviseur, les équipements de télécommunication, les terminaux mobiles. Epoque pas si lointaine, et pourtant, aujourd’hui, que nous reste-t-il ? Il est vital de reconquérir un leadership dans ces secteurs clés et stratégiques pour la croissance de demain.

Ne boudons pas notre plaisir. Il reste des secteurs où la France compte encore des leaders européens dans l’économie numérique. Ce n’est pas étonnant au regard de nos actifs industriels et technologiques hérités des années 70. Ce passé glorieux est bien souvent le fait d’un Etat investisseur et d’entreprises publiques qui ont eu malheureusement du mal ensuite à s’adapter à un monde où la combinaison de l’entreprenariat, du financement,  de l’innovation et de consommateurs actifs, ont totalement bouleversé la chaine de valeur.

Le numérique est déjà partie intégrante de la chaine de valeur de nombreux secteurs économiques. Ces technologies qui émergent indiquent que nous ne sommes qu’au début d’un nouveau cycle. C’est tout de même un secteur qui représente 5 à 6% du  PIB en France et près de 1,15 Millions d’emploi selon de rapport de Mc Kinsey (1) selon différents rapports. Aussi faut-il se préparer activement pour espérer garder une position de grande puissance industrielle et commerciale.  Pourtant la théorie de la « destruction  créatrice » de Schumpeter est à l’œuvre depuis plus de vingt ans.

Pour l’instant la convergence technologique, la réglementation et les nouvelles habitudes de consommation ont totalement rebattu les cartes dans les secteurs de la communication au sens large en entraînant la disparition d’acteurs historiques, la transformation de certains et l’émergence de nouveaux leaders mondiaux déjà incontournables. Dans ces secteurs d’activité, en cours de transformation radicale, la France et l’Europe ont peut être déjà perdu la bataille. Mais attention, tous les secteurs économiques sont concernés et vont être transformés :Commerce,Education, Energie, Industrie, Banque,Administration, Santé… Au-delà des seuls enjeux économiques, il faut bien appréhender les conséquences sociales liées à la numérisation de l’économie : secteurs menacés, effets de la productivité dans le tertiaire, nombre d’emplois menacés et la fracture numérique (zones urbaines/zones rurales, population défavorisée) pouvant s’accentuer. De même, il faut comprendre certains enjeux sociétaux : les données privées et publiques, la liberté individuelle et l’émergence d’un cyber citoyen…

Nous n’avons plus le choix. Nous devons réussir ce passage à une économie numérique. Il faut redevenir un pays qui attire à nouveau talents et investissements dans des secteurs d’avenir pour contribuer à notre croissance futur. Pour cela, il faut motiver les acteurs privés nationaux et internationaux à investir.

Le rôle de l’Etat devient crucial au regard de l’enjeu. Les gouvernements qui se sont succédé depuis trente ans ont voulu intervenir et être au cœur de l’action. Était-ce leur rôle ? La réponse est évidemment non. Le bilan suffit à le démontrer.L’Etat, par contre, doit créer un cadre favorable à l’investissement en France et proposer un accompagnement des acteurs privés et publics afin de les aider à anticiper et à s’adapter. Et ceci en essayant de faire plus avec moins de financements publics ce qui passe par  un audit, une évaluation et révision de tous les financements divers et variés au niveau national, régional et local censés, soit disant, favoriser la création et le développement des entreprises ainsi que l’innovation et la formation. Dans une période où l’action publique doit être menée sous contrainte budgétaire, il faut en mesurer objectivement le poids économique et social.

Note
1. Rapport Mc Kinsey de Mars 2011 sur l’impact d’Internet sur l’économie française

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