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Gérald Darmanin Emmanuel Macron
Gérald Darmanin Emmanuel Macron
©ludovic MARIN / POOL / AFP

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Pourquoi disent-ils tous et tout le temps "séparatisme" au lieu d’"islamisme" ?

Parce que c’est plus doux et pour ne fâcher personne.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Le séparatisme, selon la définition du dictionnaire, c’est la volonté de « certaines régions de se séparer des Etats auxquels elles appartiennent ». Nous avons connu le séparatisme breton plutôt balbutiant. L’Espagne a eu à souffrir du séparatisme, violent et sanglant, basque. Le séparatisme irlandais a fait trembler la Grande-Bretagne.

Depuis quelques jours, Emmanuel Macron, Jean Castex et Gérald Darmanin répètent à l’envie : « nous serons intraitables avec le séparatisme ». Bigre ! Si ils sont « intraitables » c’est que la menace doit être grande. Armez-vous citoyens pour empêcher que la France ne soit amputée de régions qui nous sont chères !

Le Périgord, la Provence, le Nord-Pas de Calais, la Beauce, le Berry menacent-ils à faire sécession ? A notre connaissance, c’est parfaitement paisible là-bas. Alors il doit s’agir d’autre chose.

Elémentaire mes chers Macron, Castex et Darmanin ! Le mot « séparatisme » est là en lieu et en place du mot « islamisme » qu’il est interdit de prononcer. En effet, il contient la racine « islam ».

C'est donc un gros mot qu'il faut éviter quand on est de bonne compagnie. Le président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur sont, nous n’en avons jamais douté, des gens très bien élevés.

Il convient donc de chercher un peu plus les coins de France qui seraient entrainés par une pulsion séparatiste.

La Seine-Saint-Denis veut-elle devenir un islamistan ? La ville de Roubaix va-t-elle déclarer son indépendance. Et Beaumont-sur-Oise va-t-il fièrement hisser un drapeau à l'effigie d'Adama Traoré ?

Pas du tout. Les habitants de ces lieux riants et pacifiques ne veulent absolument pas quitter la main qui les nourrit. Mais ils aiment bien la mordre. Et la main, amicale et bienveillante, sourit devant  leurs gamineries.

Si séparatisme il y a, il se trouve donc ailleurs. Chez nous ! Oui nous souhaitons nous séparer de ces régions qui occupent tant l’actualité. Mais réflexion faite, ce n’est sans doute pas à nous que pensaient MM. Macron, Castex et Darmanin.

PS : Dans le portrait que j’ai consacré à Alice Coffin, la féministe folle du Conseil de Paris, un détail m’avait échappé. Le voici : elle enseigne le journalisme à la fac catholique d’Assas ! Elle est LGBT affichée. A la place des jeunes étudiantes catholiques je me méfierais…

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