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Pourquoi 2015 restera comme l'année économique des occasions manquées
©Reuters

Editorial

Pourquoi 2015 restera comme l'année économique des occasions manquées

Cette année aura été particulièrement difficile, tant sur le plan humain que sur le plan économique. La France reste engluée dans une quasi-stagnation et les faibles impulsions de croissance ne sont dues qu'à des influences extérieures.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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2015 restera une année marquée d’une pierre noire. Le terrorisme qui a ensanglanté le  pays au début comme à la fin de la période a ajouté un fardeau supplémentaire à une gestion difficile, engluée pour la quatrième année consécutive dans la stagnation de l’économie.

Le monde évolue à toute allure, alors que nous nous polarisons sur nos querelles intestines qui nous font perdre chaque jour du terrain sur nos grands concurrents, faute de nous adapter aux grands courants modernes. La croissance s’accomplit à un rythme lilliputien : l’essentiel ne vient pas de nous-mêmes, mais a été fourni par les influences bénéfiques venues de l’extérieur. Ainsi, selon l’Insee, l’amélioration de 1,1% du produit intérieur brut cette année serait due à hauteur de 0,4% à la baisse du prix du pétrole,  0,2% à celle des taux d’intérêt et 0,2% de l’euro : un total  de 0,8%, c’est-à-dire les deux tiers du progrès enregistré en 2015. Autrement dit, si la France n’avait compté que sur ses propres forces, c’eût été un surplace total pour l’économie, alors que les influences extérieures auront permis un redressement de 0,9% du pouvoir d’achat des Français.

Malheureusement la manne bienfaisante venue d’ailleurs a fait le plein : elle ne se renouvellera pas l’an prochain : le pétrole pourrait commencer à remonter en cours d’année, les Etats-Unis ont amorcé un relèvement du loyer de l’argent et l’euro pourrait se stabiliser. Il ne faut donc plus compter sur ces trois éléments pour stimuler l’activité. Il faudrait au contraire redoubler d’efforts intérieurs, alors que la France  va se heurter à une conjoncture plus délicate. Les attentats de novembre font peser en effet un lourd handicap sur les mois à venir.   

Alors que le troisième trimestre avait été marqué par un léger mieux de 0,3% de croissance,  celle-ci s’est trouvée littéralement cassée à partir de la mi-novembre. La consommation a lourdement  pâti le mois dernier des événements tragiques enregistrés et le sursaut des ventes dans les derniers jours de décembre ne suffira pas à rattraper le retard enregistré. Le tourisme a subi le  coup dur du départ des étrangers, sans oublier le phénomène climatique marqué par une douceur exceptionnelle qui a pesé sur les achats de produits alimentaires ou même énergétiques.

 En temps normal, la croissance prend son élan  au quatrième trimestre de l‘année pour s’imposer ensuite sur l’exercice suivant. Comme  le quatrième trimestre 2015 va s’inscrire selon toute vraisemblance, en  dessous des prévisions, 2016 sera amené à prendre un mauvais départ avec un retard à l’allumage qui se répercutera sur l’ensemble de l’année. C’est dire que les grands défauts du paysage économique ne seront pas gommés : le chômage continuera  de prospérer ainsi que la dette du pays, avec des impôts qui rentreront moins bien. Le gouvernement annoncera un n ième plan en faveur de l’emploi qui sera sans  doute aussi inefficace  que  les précédents, faute de s’attaquer aux réformes de fond appliquées avec succès par nos partenaires, alors que la loi Macron, censée moderniser l’économie, éprouve une grande difficulté à s’imposer.

Car le gouvernement manque toujours de l’autorité qui lui permettrait de résister aux lobbies de tous ordres qui entendent maintenir le statu quo pour ne  pas perdre leurs privilèges. Et, faute de croissance, on  voit se creuser les inégalités. Les compensations tentées en abaissant les impôts ou en  revalorisant les minima sociaux n’empêchent pas le développement  de la pauvreté qui toucherait près de quinze pour cent de la population  et explique en  partie la  montée du front national.               

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