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©Patricia De Melo MOREIRA / AFP

Football

Portugal/ France : les Bleus signent un match de référence

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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À l'issue d'une très belle rencontre, les Bleus s'imposent au Portugal grâce à un but marqué par N'Golo Kanté à la 53ème minute. Assurés de terminer premiers de leur groupe, ils seront au rendez-vous de la finale à quatre de la Ligue des Nations en octobre 2021.

Il faisait vraiment bon vivre hier soir au Stade de La Luz, à Lisbonne. Le fond de l'air était doux, la lune était pleine (sans que l'on sache vraiment qui en était responsable) et l'affiche était splendide : un match opposant les champions du monde aux champions d'Europe, avec comme enjeu la qualification pour la finale à quatre de la Ligue des Nations, c'était quand même pas mal. Mais parce que nous avions en tête la récente défaite contre la Finlande ou les dernières prestations en demi-teinte de notre équipe nationale, nous attendions cette rencontre avec une impatience. Une impatience accompagnée d'un petit goût de revanche également. On se disait que les Bleus ne devaient pas perdre deux fois de suite... On se disait aussi qu'avec le retour de dix titulaires dans le onze de départ, les choses seraient cette fois forcément différentes. Bref, nous espérions tous une vraie réaction de la part de nos champions. Et ce fut le cas.

Autant annoncer la couleur tout de suite, l'équipe de France a signé hier soir une vraie performance. Vraiment. Parce que s'imposer face à ces portugais en grande forme et jouant sur leurs terres n'est pas donné à tout le monde. De là à parler d'un match référence, il n'y a qu'un pas que nous franchirons immédiatement. Et si la confiance (cette chose jamais domestiquée) s'était un tant soit peu envolée lors des dernières sorties, elle est certainement de retour ce matin.

Oui, et la chose fait autant plaisir à constater qu'à écrire, nous avons vu une BELLE équipe de France. Une équipe qui a su marquer les esprits, solide dans toutes ses lignes, s'appuyant sur un milieu en losange dominateur (nous y reviendrons dans le détail), affichant des intentions offensives, de l'efficacité en défense, de la présence physique et tout et tout. On peut même dire que l'addition aurait pu être un peu plus salée avec un soupçon de je-ne-sais-quoi supplémentaire (du talent, de la réussite, un brin de chance, vous appellerez cela comme vous voudrez). 

Car c'est peu dire que les occasions furent nombreuses pour des Bleus qui ont su dominer la première période, avant de rester costauds jusqu'au bout alors que les Lusitaniens s'employaient pour revenir au score. Alors oui, cette équipe qui nous a montré deux séduisants visages nous a fait plaisir. Comme il nous a fait plaisir de voir des joueurs en difficulté revenir à leur meilleur niveau au meilleur moment d'ailleurs... Ceux du milieu de terrain d'abord, avec les apports indéniables de Rabiot (auteur de son meilleur match en bleu) et de Griezmann dont la qualité de passe et la clairvoyance semblent revenues. La palme revenant sans aucun doute à un N'Golo Kanté que tout le monde a désormais envie de tutoyer parce qu'on tutoie toujours ceux qu'on aime. Par son abattage et la justesse de son jeu, il mérite d'être élu homme du match. Ceux de la défense ensuite car si Varane et Kimpembe restaient sur des sorties en clubs jugées insuffisantes, force est de constater qu'ils ont su appporter les bonnes réponses hier soir. Une charnière comme ça, ça permet de voyager, c'est du solide ! Pour faire simple, le premier a été propre d'un bout à l'autre de la rencontre et le second a rassuré tout le monde. Ce Kimpembe, c'est tout de même un sacré gaillard (demandez à Ronaldo, il confirmera)... Un joueur taillé comme un chêne, fort comme un ours. Qu'on ne nous l'abime pas surtout ! Touchez pas au grizzli ! Par la même occasion, ne touchez pas non plus à Lloris. Son arrêt à la 5è minute et sa parade main opposée, à la 74e, préservent une fois encore un résultat extrêment précieux. Finalement, seule l'attaque mérite quelques reproches.

On peut dire sans trop s'avancer qu'en football, même si tout compte, l'intensité et la capacité de sanction font ou défont principalement les résultats. Si côté intensité et résultat il n'y a rien à dire, côté sanction les Bleus sortent de ce match tout de même un poil chiffonés. Vous me direz, ils pourront toujours repasser. Enfin, quand on dit "ils", on pourrait surtout dire Martial. Un Martial qui en est dorénavant à 22 tirs consécutifs sans marquer avec les Bleus et qui n'a pas su convertir trois occasions franches, dont deux face-à-face. Malheureusement, les frappes à bout portant semblaient hier soir encore un peu trop loin pour lui...  Finalement, au fur et à mesure que les matchs passent, il reste avec ce joueur l'idée persistante que ses fruits ne dépassent jamais la promesse des fleurs.

Assez de reproches. Parce qu'il il faut également insister sur la qualité d'une opposition qui avait fière allure et qui a disposé des munitions pour revenir au score.  Mais malgré toute leur bonne volonté ni Fonte (qui trouva le poteau), ni Ronaldo, ni Moutinho n'auront su forcer le verrou. Pour la mégastar Ronaldo la série noire continue... en six confrontations, il n'a jamais su marquer contre l'équipe de France. 

Tout ça pour vous dire qu'un match comme ça, même joué dans le murmure d'un confessionnal, fait énormément de bien à des joueurs et à un public qui en ont terriblement besoin. Ce matin, les Bleus peuvent se réjouir, ils cochent toutes les cases : ils sont qualifiés pour la finale à quatre et sont remontés à bloc avant d'affronter la Suède mardi prochain. Que demande le peuple ?

Au final, avions-nous raison d'attendre ce match armé de notre belle impatience ? Évidemment que oui. Et ce, indépendamment du résultat.

Car il ne faut pas s'y tromper, les matchs des Bleus constituent un véritable évènement pour beaucoup d'entre nous et il faut bien reconnaître qu'à part une jolie fille qui nous accueillerait à draps ouverts, on ne connait pas grand-chose de mieux pour susciter notre désir. Un match des Bleus, comment vous dire... c'est une sorte de grand-messe, une tradition, un rite qui peut aller jusqu'à donner un certain sens, voire une certaine profondeur à la semaine. Un peu comme une évasion à heure programmée si vous préférez, mais sur place... Le jour de la rencontre étant semblable à un beau dimanche ensoleillé (la chose est plutôt rare) et le match étant lui-même une pochette surprise dont on espère beaucoup sans trop savoir ce qu'elle contient. Pour les plus exaltés, c'est toujours un évènement marqué d'une croix blanche sur le calendrier. Chez eux, ça chamboule tout... on connait même quelques radicaux que ça a poussé au divorce... Et même s'ils ne gardent de la rencontre qu'une attente déçue ou s'ils passent les jours suivants à pester contre le coach, un joueur ou un coup du sort, vous pouvez tenir pour certain que ces mordus attendront le prochain match avec le même empressement, la même fièvre. Pour ces purs et durs, en matière de football, le plaisir l'emporte toujours sur les mauvaises raisons.

Finalement, entre ce fou qui se tapait la tête très fort contre les murs et eux, il n'y a pas une grande différence. Quand on lui demandait pourquoi il continuait malgré la souffrance, celui-ci répondait invariablement : "C'est tellement bon quand je m'arrête ! "...

Pour les supporters de l'Équipe de France, c'est presque pareil, malgré la douleur, ils en redemandent.

Comme le disait Balzac (qu'il faut savoir honorer), souffrir, c'est tout de même vivre... Mais ce sera pour une autre fois. Puisque la France a gagné...

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