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Portrait robot du président idéal pour 2012
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Portrait robot du président idéal pour 2012

Que souhaitent les Français ? Quelles orientations souhaitent-ils pour le prochain quinquennat ? Découvrez les tendances sociologiques des Français : leurs "prospectives de vie" préférentielles, mesurées par l'Observatoire du CCA, dans le livre "2012-2017 : ce que veulent les Français". (Extraits).

Mike  Burke, Sandrine Cathelat, Bernard Cathelat, Robert Ebguy et Denis Quénard

Mike Burke, Sandrine Cathelat, Bernard Cathelat, Robert Ebguy et Denis Quénard

Mike Burke, Sandrine Cathelat, Bernard Cathelat, Robert Ebguy et Denis Quénard sont sociologues, spécialistes des études de styles de vie et tendances sociales.

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Pour le nouveau quinquennat 2012-2017, tous les chapitres précédents ont posé des enjeux de choix de société et des enjeux, plus modestes mais plus concrets encore, de modes de vie quotidiens. Le choix électoral du printemps 2012 sera un choix de programme. […] Ce vote sera aussi un choix de style de leadership et de méthode de gouvernance.

La présidence en mutation permanente , De la République au tribun

Aujourd’hui, seul compte le Président ; d’autant plus depuis que la chronologie électorale fait des élections législatives une confirmation du vote présidentiel et lui donne donc une majorité :

  • avec l’élection d’un Président au suffrage universel, la fonction s’est à la fois dotée de plus de pouvoirs et de plus de personnalité ; le Président incarne donc un modèle de société qu’il va concrétiser : la sociologie a fait alors sonentrée en politique ;
  • le tempo accéléré du quinquennat donne plus d’importance encore au style de gouvernement Présidentiel. La communication a fait son entrée en politique.

Le choix d’un(e) Président(e) est tout à la fois un choix de programme et un choix humain, mais les élections précédentes montrent que le facteur personnalité pèse plus que le programme, du moins pour les 5 à 10 % d’électeurs indécis, peu politisés, qui finalement font l’élection comme un pari de confiance envers un décideur : un pilote dans l’avion. [...]

VOX POPULI 2011-2012 :  changer de leadership,Aura-t-on changé de Président, en mai 2012 ?

Quoi quil en soit, il apparaît nécessaire de changer de mode de gouvernance pour le prochain quinquennat. Le style de pilotage social rejeté est lisible. Dès 2010, le CCA en a fait leportrait : non aux hussards, aux égocrates solitaires (75 %) et passeurs en forcede ruptures brutales avec le passé (70 %), porteurs d’un bouleversement permanentqui déboussole (70 %). Ce mode dautorité conduit à la désimplication et à la démission sociale : déjà 67 % de nos concitoyens déclarent n’avoir aucune activité civique :

  • augmentation des abstentions aux élections, en particulier chez les jeunes(la Présidentielle est encore sauvegardée grâce à l’effet personnalité et la certitude que c’est la seule élection qui compte, renforçant ainsi la flash mob) ;
  • faiblesse du militantisme, à l’exception des causes humanitaires ;
  • syndicalisme en perte de militants et déshérence des questions sociales : leur absence d’influence, de fait, dans le débat sur la réforme des retraites en 2010 en est le dernier symptôme.

Les défauts rédhibitoires de personnalité "Qu’est-ce qui vous ferait renoncer à voter pour son favori ?" demande un sondage (1) :

sans surprise, l’actualité – les affaires Tron et bien sûr DSK… avant même tout jugement – fait apparaître le harcèlement sexuel comme une raison de rejeter un candidat, chez 89 % de nos concitoyens ; le mensonge, la fausseté de promesses non tenues, et par extension le storytelling qui truque les analyses de situations ; la magouille financière, mais aussi tous les indices de rapacité, de privilèges indus, tous signes d’un dirigeant qui aime trop l’argent :

  • un acte de corruption serait rédhibitoire pour 82 % de nos concitoyens
  • un compte bancaire à l’étranger repousserait 50 % des Français
  • 66 % renonceraient à voter pour un candidat qui aurait passé des vacances aux frais d’un despote dans un pays non démocratique (un peu moins les jeunes que la moyenne)
  • les dérapages racistes et xénophobes sont impardonnables pour 75 % et la pensée sexiste pour 77 % : plus encore de femmes renonceraient à voter pour un candidat coupable de ces provocations

les défauts ou vices personnels, mais seulement s’ils apparaissent susceptibles d’influencer la capacité de décision présidentielle :

  • l’alcoolisme est inacceptable pour 72 % ;
  • et la consommation de drogue pour 75 %, surtout pour les électrices, mais un peu moins chez les jeunes ;
  • l’infidélité conjugale, en revanche, relevant de la stricte vie privée, n’empêcherait pas 76 % d’électeurs de voter pour leur favori.

1. Sondage Harris Interactive pour M6-MSN-RTL, du 7 au 10 juin 2011, sur 1 389 individus de l’access panel, de 18 ans et plus.

Ces sondages récents confirment les analyses socioculturelles du CCA : l’évaluation d’un(e) candidat(e) fait primer la morale plus que la compétenceet lexpérience. Les femmes apparaissent plus sévères encore sur ces critères éthiques, de même que les catégories sociales populaires d’ouvriers et employés.

Quel profil de leader ?

Quel profil serait attractif, mobilisateur, pour le prochain quinquennat ? (Observatoire CCA) C’est un autre style de gouvernance. Il remobilisera en rassurant, pour que l’énergie ne soit pas paralysée par la peur. On parlera de slow management (que ce soit en politique ou en directiond’entreprises) dont le principe directeur serait « qui va piano va sano », àl’inverse de la galopade sarkozienne. Une majorité de Français souhaite untempo réformiste, sans rupture, progressif, pas à pas (70 %), sans décalage brutalavec les acquis du passé (70 % aussi), fondé sur une écoute et une concertationvéritables dans un dialogue réel et des débats ouverts de wikicitoyenneté. Cela pour une sortie de crise "pas à pas et mots à mots"C’est un autre style de leadership politique.

Il restaurera la foi dans les décideurs qui conditionnent notre vie à long terme. Selon les études de styles de vie du CCA :

  • la première qualité exigée sera la solidarité du (de la) dirigeant(e) suprême avec ses concitoyens : un lien de complicité, de coopération qui unit un skipper à son équipage, un guide de montagne à sa cordée. Personnene sera abandonné, quelles que soient sa productivité relative, sa faiblesse personnelle : l’opposé exact de la philosophie Kho-Lanta;
  • la deuxième sera lhonnêteté, dimension éthique qui inclut la dimension intellectuelle de la sincérité et la dimension matérielle de l’intégrité ;
  • la troisième sera la proximité, qui n’est pas seulement affaire de paraître populiste mais surtout d’écoute, d’empathie et de compassion (partager les vécus et les soucis). La « normalité » revendiquée par François Hollande en est une des expressions ;
  • La quatrième sera l’énergie courageuse. Elle est déjà le meilleur héritage de

Nicolas Sarkozy et peut-être son meilleur atout pour accomplir un second mandat.

La compétence comme l’expérience (arguments classiques de valorisation ou dévalorisation) n’apparaissent plus critères décisifs pour les Français. Car ceux qui s’en réclament démontrent-ils une réussite et une adhésion supérieures ? Les cartes sociologiques sont sur la table ; à chacun de jouer sa main.

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xtraits de2012-2017 : ce que veulent les Français : Styles de vie. Entreprise, démondialisation, parité, famille, gouvernance, travail, communautés, internet, santé, école, médias, multinationale, médiateurs...Eyrolles (novembre 2011).

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