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Polémique autour d'Henri Guaino : et voilà comment on assassine un homme libre!
©REUTERS/Pascal Rossignol

Malheur aux vaincus

Polémique autour d'Henri Guaino : et voilà comment on assassine un homme libre!

Crachats et insultes pleuvent sur lui. Et lui, il se tient droit!

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Le premier qui dit se trouve / toujours sacrifié / d'abord on le tue, puis on s'habitue / on lui coupe la langue on le dit / fou à lier /  après sans problèmes / parle le deuxième / le premier qui dit la vérité / il doit être exécuté. La chanson est de Guy Béart.

Vous ne pouvez plus ignorer qu'Henri Guaino est fou à lier. Qu'il a tenu des propos scandaleux. Des mots que la morale commune – celle qu'on nous impose – réprouve. Et qu'en conséquence, il doit être exécuté.

Et qu'a-t-il dit pour être ainsi piétiné? Invité sur BFM TV, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy a estimé que les électeurs de la 2ème circonscription de Paris étaient "à vomir". L'addition, selon lui, de "bobos adeptes de l'entre soi", et d'une "bourgeoisie catholique, un peu pétainiste sur les bords". Guaino avait été en effet sèchement battu. Distancé par le candidat de La République En Marche, et même par Nathalie Kosciusko-Morizet, à  qui il voue une inimitié farouche.

Le diable, Satan, Lucifer, Belzébuth, avaient fait irruption sur le plateau de l'émission! Des journalistes outrés, récitèrent des "vade retro satanas" pour exorciser la diabolique créature. D'autres brandirent les crucifix et les gousses d'ails pour éloigner le vampire. "Comment osez-vous mépriser ainsi les électeurs? Oui, comment osez-vous?". Guaino répondit : "je suis un homme libre, et je dis ce que je pense".

Il aggrava son cas le lendemain, en déclarant qu'"il exécrait les bobos". Ce fut la curée. De partout, de gauche comme de droite, vinrent les crachats. Guaino n'allait pas bien dans sa pauvre tête… Guaino n'était pas un démocrate… Guaino était mûr pour Saint-Anne... Et dans cette frénétique mise à mort, Brice Hortefeux se distingua avec un "avant, c'était un original. Maintenant, c'est un marginal".

Guaino cumulait déjà depuis longtemps toutes les caractéristiques nécessaires pour être une tête de Turc. Il se revendique de tradition gaulliste. Il est souverainiste. Il a l'outrecuidance d'être d'une grande culture. Mais cette culture est, paraît-il, maurrassienne, ce qui n'est vraiment pas bien… Mais ce qu'il a dit est-il vraiment si affreux?

En vertu de quelle religion révélée, l'électeur serait-il sanctifié et couronné d'une auréole? L'électeur, c'est juste quelqu'un qui vote. En raison de ses convictions, de ses passions, et très souvent en fonction de sa bêtise. L'électeur est aussi respectable ou méprisable que les hommes politiques qu'il choisit. Ils sont si respectables que ça, ceux qui ont massivement apporté leurs suffrages à Richard Ferrand, englué dans de peu ragoûtantes affaires immobilières? Et ceux qui ont voté pour Marielle de Sarnez, empêtrée –et Bayrou avec elle  - dans des histoires d'emplois fictifs? Et tous les autres, tous ceux qui ont plébiscité n'importe quel candidat, du moment qu'il y avait le nom de Macron sur leurs affiches?

Tous ceux qui crachent sur Guaino trempent leurs plumes dans les bénitiers de la bien-pensance. Eux aussi, sont à vomir. Henri Guaino est un homme libre. Et il se tient debout. Il a annoncé qu'il quittait la politique. C'est tant mieux pour lui. C'est dommage pour la politique. 

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