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Plutôt que de se faire peur sur Ebola, les Français feraient mieux de se préoccuper de la mise à jour de leurs vaccinations
©Reuters

Vous prendrez bien un vaccin ?

Plutôt que de se faire peur sur Ebola, les Français feraient mieux de se préoccuper de la mise à jour de leurs vaccinations

Alors que le virus Ebola est source d'inquiétude, voire de panique, d'autres maladies moins exotiques courent pourtant toujours. La négligence des patients sur leurs vaccinations, voire un rejet de la médecine moderne en seraient les raisons. A vos carnets de santé.

François Bricaire

François Bricaire

François Bricaire est un médecin. Il est chef du service Maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière de Paris. Il est professeur à l'Université Paris VI-Pierre et Marie Curie.

 

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Atlantico : Première contamination sur le sol européen, une suspicion dans une école de Boulogne, le virus Ebola fait parler de lui sur le continent européen. Parallèlement, le baromètre de santé de l’Inpes de 2010 révèle que près d'un Français sur 5 estimait ne pas être à jour sur ses vaccins. Comment expliquer ce paradoxe? 

François Bricaire : En l'occurence, on peut remarquer que les gens aiment beaucoup avoir peur, et les maladies infectieuses sont un très bon élément anxiogène. Mais la peur ne traduit pas systématiquement l'envie de se protéger.

C'est difficile de répondre pour les français en particulier, mais des études ont été menées dans plusieurs pays sur les profils de vaccination. Ils existent aujourd'hui des gens profondément opposés a la vaccination, cela ferait parti de leur principe. Selon eux, il faut mieux laisser faire la nature et obéir à ses règles sans créer artificiellement une protection contre les maladies infectieuse.

Nous sommes confrontés aux deux types de cas. Il y a des gens dont ce n'est pas la préoccupation première, c'est à dire qu'ils n'y pensent pas, et il y a une petite catégorie de citoyens virulents, qui luttent activement contre la vaccination. Leurs campagnes anti-vaccins sont particulièrement agressive, voire parfois même mensongère.

D'autre sont simplement réticentes, car elles doutent de l'efficacité des vaccins. Le travail en tant que praticien est alors d'informer et de rassurer. Il y a donc sur cette frange de la population un potentiel d'action, nous pouvons tenter de leur donner des explications, et par là de les convaincre de la nécessité de la vaccination.

Dans quelle mesure s'agit-il d'une bombe de santé publique ? Se trouve-t-elle sous-estimée ?

Effectivement. On tente de lutter par des vaccinations contre problèmes de santé sérieux avec pour objectif d'améliorer des situations et d'éviter des problèmes grave et donc de coûter potentiellement moins cher. Même si la vaccination a un coût, le calcul bénéfice risque est nettement à l'avantage de la vaccination.

On constate notamment des maladies anciennes qui reviennent. Nous en avons eu la preuve avec la diphtérie ou encore la coqueluche. La corrélation a été clairement démontrée.

La psychose peut elle inciter nos concitoyens à avoir recours à la vaccination?

La peur dirigée contre un agent infectieux fait souvent réclamer un vaccin. Une fois qu'il y a le vaccin, il y a souvent des réserves à l'encontre de ce vaccin. Par exemple lors de la pandémie de grippe, le vaccin a connu un fort engouement. Mais le jour où il est arrivé sur le marché, il a suscité des méfiances à la fois sur sa qualité et son efficacité. Comme la grippe est une maladie qui n'est pas toujours grave, ce-dernier a été délaissé.

Des solutions émergent, comme le carnet de santé électronique (1 français sur 2 estime avoir égaré son carnet bleu) ou des campagnes de vaccinations massives à l'école primaire pour les plus jeunes notamment. L'information est-elle selon vous un bon levier pour inciter la population à se vacciner ?

En effet ces mesures incitatives sont de très bonnes choses. Cela répond a la nécessité de former et d'informer. Et la puissance amenée par les technologies informatiques est vraiment un atout. Ce carnet de santé électronique est une façon très positive d'encourager à la vaccination et de surveiller les rappels. Mais il ne faut pas pour autant négliger l'information délivrée aux prescripteurs, les médecins, afin qu'ils accompagnent leurs patients, et leurs donnent confiance en ces traitements.

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