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Plateforme gazière en difficulté : Total, un BP en devenir ?
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De l'eau dans le gaz

Plateforme gazière en difficulté : Total, un BP en devenir ?

Depuis l’annonce ce mardi d’une importante fuite de gaz sous l’une des plateformes du champ gazier d'Elgin-Franklin, l'action de Total a chuté de 10%. Se dirige-t-on vers une débâcle économique similaire à celle de BP, suite à l'explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater ?

Mathieu Lebrun

Mathieu Lebrun

Mathieu Lebrun est analyste et rédacteur du service de trading Agora CFD.

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Total est sous le feu des projecteurs depuis mardi et l’annonce d’une importante fuite de gaz sous l’une des plateformes du champ gazier d'Elgin-Franklin. En cette fin de semaine, le groupe tente de temporiser et de rassurer en indiquant avoir localisé la fuite en question. Mais aujourd’hui le mal est fait : la comparaison avec le spectre de BP en 2010 est dans toutes les têtes… 

Pour rappel, en 2010, la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, exploitée par BP, explose. Il en résulte une des plus grandes catastrophes environnementales liée au pétrole. En juillet 2010, le groupe cède une partie de ses activités à Apache Corporation pour la somme de 7 milliards de dollars. En août 2010, il vend ses « activités d'exploration » en Colombie à Ecopetrol et à Talisman Energy pour 1,9 milliards de dollars.

Alors que la question de la réparation (voire de la remise en ordre de marche) reste posée, faut-il s’attendre à la même débâcle boursière sur Total dans les semaines qui viennent ou au contraire y voir une opportunité ?

Le parallèle avec BP deux ans plus tôt

Si les enjeux et conséquences aujourd’hui semblent tout de même très éloignés par rapport à la catastrophe de Deepwater, voilà en tout cas les deux scénarios :

  • Dans le meilleur des cas (arrêt temporaire), l’impact se limiterait à quelques centaines de millions d’euros. Les analystes mettent en avant le fait que seul du gaz et des produits "légers" s'échappent du puits. Il ne s‘agit pas de pétrole : le risque de pollution est donc nettement moindre.

  • En cas de scénario noir toutefois (arrêt voire explosion de la plateforme d’Elgin-Franklin), la facture pourrait alors dépasser les 10 milliards de dollars…

Lors de la catastrophe de Deepwater dans le Golfe du Mexique en 2010, le groupe anglais avait vu sa capitalisation boursière divisée par deux dans les deux mois qui avaient suivi cette annonce. Le coût global pour le groupe britannique avait alors dépassé les 37 milliards de dollars. Pour Total, avec une chute de près de 10% depuis l’annonce mercredi dernier, cela représente déjà une perte de capitalisation d’environ 8 milliards d’euros.

En faisant un équivalent rapide avec le cas de BP (rapport entre le coût final et la perte de capitalisation boursière perdue aux extrêmes), on peut raisonnablement estimer que le marché « pricera » le pire avec une chute dépassant les 15%.

Quel scénario boursier ?

A ce stade, si l’hypothèse d’un brusque retournement haussier ne peut être exclue en cas de résolution rapide, le scénario le plus probable risque d’être une lente temporisation descendante dans les prochains jours / semaines.

Comme nous allons le voir sur le graphique suivant, une chute boursière au-delà des 15% ramènerait la valeur dans la zone des 36 € (voire 35 € en extension). C’est cette zone de prix qui devrait être intéressante à exploiter

(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Cours de Total depuis janvier 2010

A moyen terme, vu les niveaux du pétrole ces derniers mois et les tensions politiques persistantes au Moyen Orient, l’affaire reste belle.

Comme toujours, à terme, ce genre d’actualité sera une opportunité d’achat (BP a par exemple repris plus de 50% à ce jour depuis son point bas de juin 2010). Mais n’oublions pas trop vite que sur les marchés, il ne faut jamais occulter l’aspect psychologique qu’une telle annonce fait peser sur les marchés sur le court terme.

Donnons donc le temps au marché d’intégrer l’annonce et commencez à vous positionner en baisse sous les 36 €… Inutile de vous précipiter, car comme j'ai pu l'écrire, le mouvement de baisse des indices amorcé la semaine dernière pourrait être le premier temps d’une correction classique de type “ABC”. Les opportunités pourraient donc se multiplier.

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