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es soutiens, Alain Juppé affirme ne pas les avoir "monnayé contre un portefeuille ministériel ou des circonscriptions". Des soutiens qui n'hésitent pas à cogner là où Alain Juppé reste en retrait.
es soutiens, Alain Juppé affirme ne pas les avoir "monnayé contre un portefeuille ministériel ou des circonscriptions". Des soutiens qui n'hésitent pas à cogner là où Alain Juppé reste en retrait.
©Thomas SAMSON / AFP

Démonstration de force

Piqué au vif par les sondages, Alain Juppé sort ses tripes pour son meeting final au Zénith

L'élection de Donald Trump a aussi produit son effet et incite Alain Juppé à mettre en garde contre le protectionnisme et à rester sur sa ligne : il se veut plus que jamais rassembleur, ne veut pas "dresser telle ou telle partie de la France contre telle autre, les élites contre le peuple", car "cliver pour cliver est un jeu politicien dangereux".

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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Les pronostics pour les primaires de la droite et du centre sont-ils en train d'être chamboulés avec la remontée de François Fillon, perceptible dans les enquêtes d'opinion? Autour d'Alain Juppé qui demeure le favori de la primaire, mais dont la cote s'érode, on décèle une certaine inquiétude, qui conduit le maire de Bordeaux à se montrer plus offensif. Il ne change pas de stratégie, mais dans son discours il met l'accent sur les questions d'autorité, sans rien céder sur le fond : "droit dans mes bottes j'ai été, droit dans mes bottes je resterai", a-t-il déclaré lundi soir.

Alain Juppé qui, après avoir reçu le soutien de Claude Chirac, a également reçu le soutien de Jean-Louis Debré, considéré comme le plus fidèle des chiraquiens, s'en est pris à ceux qui lui font le procès d'infidélité à l'ancien chef de l'Etat "quelques petits maîtres déversent aujourd'hui l'aigreur de leur fiel contre moi ; s'ils croient me toucher, ils se trompent. En matière de fidélité à Jacques Chirac, je n'ai de leçon de fidélité à recevoir de personne", a-t-il lancé en présence de l'ancien président du Conseil Constitutionnel.

Très présent dans les média pendant cette dernière semaine de campagne avant le premier tour de la primaire, le candidat tenait son grand meeting parisien ce lundi au Zénith, (trois jours avant le dernier débat avec tous les candidats à la primaire), là-même où Nicolas Sarkozy avait réuni ses partisans le mois dernier. Mis au défi par l'ancien Président qui ironisait sur la capacité du maire de Bordeaux à remplir cette salle de 6000 places, ce dernier a réussi une démonstration de force à la fois arithmétique et politique: le Zénith affichait complet et Alain Juppé était entouré de tous ses soutiens : ceux de droite, "juppéistes" pur sucre issus de LR, et les centristes, Modem et UDI. De quoi lui donner la" super pêche" que le candidat  se targue d'avoir. La députée européenne, vice-présidente du Modem, Marielle de Sarnez, la présidente de la région Ile de France, Valérie Pécresse, le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, le député-maire de Drancy se sont succédés à la tribune pour vanter qui les capacités de rassemblement, qui la crédibilité et l'autorité du candidat, taxé de molesse , ou accusé d'être de gauche par ses adversaires et singulièrement par le camp sarkoziste. Ces soutiens, Alain Juppé affirme ne pas les avoir "monnayé contre un portefeuille ministériel ou des circonscriptions". Des soutiens qui n'hésitent pas à cogner là où Alain Juppé reste en retrait ; à l'instar de Jean-Christophe Lagarde dont les propos visent Nicolas Sarkozy sans le nommer quand  quand il interroge : "A quoi servirait-il de battre le Front National si c'est pour faire sa politique"?

L'élection de Donald Trump a aussi produit son effet et incite Alain Juppé à mettre en garde contre le protectionnisme et à rester sur sa ligne : il se veut plus que jamais rassembleur, ne veut pas "dresser telle ou telle partie de la France contre telle autre, les élites contre le peuple", car "cliver pour cliver est un jeu politicien dangereux".  Il met en avant son "courage et sa persévérance" pour décliner ses propositions qu'il veut mettre en oeuvre  en gouvernant avec des ordonnances et non  par référendum. Mais l'essentiel pour Alain Juppé, est de montrer qu'il est un homme de droite, soucieux d'ordre :  il veut éliminer les zones de non droit du territoire national, supprimer les réductions automatiques de peine, augmenter les effectifs de police et améliorer leurs moyens matériels, ne faire preuve d'aucune faiblesse en matière de communautarisme en établissant un code de la laïcité, et  "mettre hors d'état de nuire les djihadistes qui reviennent de Syrie ou d'Irak". Quant aux réformes qu'il veut  profondes et  radicales, il les veut aussi crédibles et "ne pas promettre des chocs sismiques qui détruiraient  ce qu'il y a encore de solide dans notre pays", en ajoutant " Ceux qui se sont montrés les plus pusillanimes quand ils étaient au pouvoir gonflent aujourd'hui leurs biceps ..on va voir ce qu'on va voir, on a déjà vu..." Tacle en direction de François Fillon qui veut supprimer 600.000 fonctionnaires, chiffre jugé irréaliste et irréalisable par Alain Juppé. Mais par delà les coups distribués et rendus à ses adversaires, Alain Juppé, veut surtout mobiliser ses électeurs potentiels, les inciter à se déplacer en  nombre dimanche prochain , convaincu que "plus il y aura de votants, plus il aura de chances de gagner".C'est la grande inconnue de ce scrutin inédit qui doit permettre de choisir le candidat de la droite et du centre, pour beaucoup, le futur président de la République...

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