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Photo d'illustration // Un test de vue.
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L’économie n’est pas de la magie

Pierre Gattaz voit la France proche de la liquidation, François Hollande voit une reprise (où??) : ce qu’on peut vraiment attendre de l’économie française d’ici 2017

Après deux ans d'une politique économique illisible, la croissance française n'aura progressé au total que de 0,5%.

Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann

 

Nicolas Goetzmann est journaliste économique senior chez Atlantico.

Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

 

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Pour François Hollande "la reprise est là". Cette déclaration d’optimisme formulée par le chef de l’état le 14 juillet s’est heurtée à la réponse du patron des patrons, Pierre Gattaz, dans une interview donnée au Figaro le 21 juillet.

"Non, la croissance n'est pas là! Il n'y a plus d'investissement et plus d'embauche. Ce que je vois surtout chez les chefs d'entreprise, c'est de l'attentisme, de la méfiance. La situation économique du pays est catastrophique. Pour paraphraser François Fillon, je dirais que si la France était une entreprise, elle ne serait pas en dépôt de bilan, elle serait proche de la mise en liquidation."

La supposée reprise ne fait évidemment pas consensus. La réalité actuelle de l’économie française n’est pas porteuse d’espoir et les anticipations de croissance ne laissent que peu de place aux lendemains qui chantent. Si le gouvernement travaille encore sur les bases d’une croissance de 1% pour l’année 2014, il se trouve esseulé. Le FMI, mais aussi l’INSEE, ont ainsi pu réviser leurs prévisions à 0.7% pour cette année. D’un autre côté, les données en temps réel délivrées par l’Institut Markit font état d’une probable contraction de l’activité pour le deuxième trimestre 2014, et ce alors même que le premier trimestre n’a rien offert de mieux qu’une simple stagnation. Au-delà d’un état global peu enviable, la première source d’inquiétude des entreprises françaises est bien l’absence de perspectives. La confiance dans l’avenir fait défaut.

Pourtant, François Hollande pensait aller chercher cette confiance avec les dents avec son pacte de responsabilité. Mais les perspectives enthousiastes ont cédé la place au doute. En effet, même les services de Bercy ont pu pointer l’effet marginal du plat de résistance de la politique économique du gouvernement, un constat partagé par l’OFCE, mais également par le FMI. Un pacte de responsabilité financé par la réduction des dépenses publiques aurait ainsi pour conséquence de détruire 60 000 emplois d’ici à 2017. 190 000 emplois créés par les baisses de charges et 250 000 emplois détruits par les réductions des dépenses pour un résultat peu porteur d’optimisme.

Selon l’IFRAP, les effets du pacte de responsabilité n’atteindront leur plein potentiel qu’à l’Horizon 2020. La réalité est là ; les politiques de l’offre ont besoin de temps pour produire leurs effets. L’Allemagne a pu en faire l’expérience par le passé, plus récemment la Grèce ou l’Espagne. Et les sommes mises en jeu par le gouvernement ne sont pas suffisantes pour générer un changement radical des positions des entreprises.

Car l’investissement privé nécessite un avenir sans nuage, il doit être incité. Et ici, le constat est simple : l’échec. Les louvoiements perpétuels ont été autant de messages contradictoires ne permettant pas aux acteurs économiques de modifier leurs prévisions. Les deux premières années du quinquennat sont déjà perdues, et toutes les cartouches ont d’ores et déjà été tirées pour les trois dernières. Le ciment ne prend tout simplement pas.

L’exécutif pris de cours tente de palier à ces propres manquements en tentant une nouvelle fois la voie de l’investissement public par le biais européen. Mais cette révolution de l’investissement européen n’a que peu de chances de voir le jour. Quant à La réorientation de l’Europe, toujours promise, repoussée sans cesse, elle est devenue le serpent de mer de François Hollande.

En l’absence d’électrochoc ou de prise de conscience, le train de la sous-croissance est en route jusqu’en 2017. Et si le mot "liquidation" de Pierre Gattaz tient plus du slogan, le constat est clair. L’économie française se stabilise dans la stagnation, et restera à la merci de tout choc extérieur.

 

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