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Le président du directoire de PSA Peugeot Citroën Carlos Tavares donne une conférence de presse pour présenter le plan stratégique du groupe "Retour dans la course" au siège de PSA à Paris le 14 avril 2014.
Le président du directoire de PSA Peugeot Citroën Carlos Tavares donne une conférence de presse pour présenter le plan stratégique du groupe "Retour dans la course" au siège de PSA à Paris le 14 avril 2014.
©ERIC PIERMONT / AFP

Bonnes feuilles

Peugeot : le management darwinien de Carlos Tavares

Jean-Baptiste Forray publie « Au coeur du grand déclassement. La fierté perdue de Peugeot-Sochaux » aux éditions du Cerf. Lorsque Peugeot annonça la vente du FC Sochaux, les amoureux des Lions crièrent à la trahison. Mais cet évènement funeste ne venait qu'entériner le déclin d'une industrie, d'une ville, d'une légende. Et le déclassement d'une France jugée désormais dépassée. Extrait 1/2.

Jean-Baptiste Forray

Jean-Baptiste Forray

Jean-Baptiste Forray est rédacteur en chef délégué de La Gazette des Communes. Il a déjà publié Les Barons et La République des apparatchiks.

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Le credo de Carlos Tavares ? « Cash is king ». L'argent est roi. « Un euro est tout à fait essentiel. Nous ne pouvons pas en perdre le moindre », lance-t-il à son nouvel état-major.

Le nouveau chief executive officer impressionne ses nouveaux collaborateurs par sa maîtrise des produits. L'ancien concepteur de la Renault Mégane II a un oeil de lynx. Il repère tout de suite une imperfection sur la maquette du coffre d'un nouveau modèle. Il sait débusquer un lièvre caché au fin fond d'un tableau Excel sur la marge brute d'un véhicule. Devant lui, les directeurs d'études, les patrons d'usine et les concessionnaires filent doux. Le car boy en a sous le capot. Carlos Tavares est un capitaine d'industrie doublé d'un cost-killer. The right man at the right place.

Dès potron-minet, il est sur le pont. Toute la journée, il déploie une efficacité militaire. Gare à ceux qui se lanceraient dans des présentations de plus de 15 minutes. Au bout de cinq ou six slides, Carlos Tavares coupe court. Avenue de la Grande Armée, le Portugais impose une rigueur prussienne. Avant de quitter son bureau, il ne laisse jamais le moindre mail en déshérence.

Quand, au dîner, dans sa maison près de Rambouillet, ses trois enfants s'étendent un peu trop sur leur journée, il les rappelle à l'ordre. « To the point I » Droit au but ! Et lorsque, sur les coups de 22 heures, Carlos Tavares va au lit, c'est souvent en compagnie d'un livre de management. Marié depuis des lustres à Armelle, il est définitivement allergique au petit milieu parisien, aux vernissages et autres avant-premières au théâtre.

Le big boss au regard d'acier entretient une hygiène de sportif de haut niveau, à grand renfort de séances de musculation et de running. Les déjeuners arrosés et les plats en sauce, très peu pour lui. Le quinqua à l'allure ascétique n'est pas du genre non plus à buller devant la télé.

Dans sa propriété des Yvelines, ce compétiteur né entretient un paddock digne d'une écurie de Formule 1. Il passe de nombreux week-ends sur les circuits automobiles et les routes des rallyes. Cet as du volant compte plusieurs centaines de courses à son actif. « Une école du chrono, du sang-froid, de gestion du stress et du travail en équipe », qui fait de lui un P.-D. G. de choc. Carlos Tavares n'est pas venu chez PSA pour pantoufler. Il se montre aussi exigeant avec ses collaborateurs qu'avec lui-même.

«Le psychopathe de la performance », comme il se présente à ses troupes, intitule son plan de redressement «Back in the race ». Littéralement, de retour dans la course. Son mot d'ordre face à une concurrence féroce ? « Le plus bel objectif est celui qu'on n'a jamais atteint ». « La seule limite est le ciel », proclame-t-il. Le P.-D. G. conclut ses mails de métaphores guerrières. «Keep on fighting » (Continuons le combat). « Let's win! » (Il faut gagner!). Il inflige, de son propre aveu, un management « darwinien » à ses troupes de la Grande Année. La guerre de tous contre tous. Et que le meilleur gagne !

Extrait du livre de Jean-Baptiste Forray, « Au coeur du grand déclassement. La fierté perdue de Peugeot-Sochaux », publié aux éditions du Cerf

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