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Numériques 2017 mènera le même exercice dans le cadre de la primaire de la gauche, prévue en janvier 2017. Il s'agit de secouer l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle.
Numériques 2017 mènera le même exercice dans le cadre de la primaire de la gauche, prévue en janvier 2017. Il s'agit de secouer l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle.
©Reuters

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Petite comparaison des différents programmes des candidats de la primaire sur la question du numérique

Le collectif Numérique 2017, présidé par Laure de la Raudière, a publié une analyse comparative des différents programmes des candidats de la primaire de la droite, en matière de numérique. L'étude, réalisée notamment par Nicolas Buffenoir et Jonas Haddad, en fait la synthèse.

Laure  de La Raudière

Laure de La Raudière

Laure de La Raudière est député de la 3eme circonscription d'Eure-et-Loir. Elle est également membre du bureau politique des Républicains (mai 2015), Secrétaire de la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale et membre titulaire de la Commission du dividende numérique.

Laure de La Raudière fait partie du collectif Numérique 2017-Tout numérique, une plateforme de débats sur les enjeux de transformation de l'économie et de la société à l'ère du numérique, pour que ces sujets soient au cœur de l’élection présidentielle de 2017. Elle contribue aujourd'hui à la réflexion numérique du programme de Bruno Le Maire.

 

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Atlantico : Vous êtes à l'origine d'une étude comparative relative aux programmes numériques des candidats de la primaire de la droite. Quels en sont les principaux enseignements ? Vous écrivez que "le politique doit porter une vision des enjeux de la transformation de la société à l'ère du numérique". Les candidats de la primaire ont-ils pris la mesure de cet enjeu selon vous ?

Laure de la Raudière : S'il fallait retirer un principal enseignement de cette étude comparative, c'est le suivant : enfin, les personnalités qui visent et prétendent diriger la France au plus haut niveau, en tant que Président de la République, commencent à s'intéresser au numérique et aux enjeux de transformation de la société qu'il implique.

Nous n'en sommes pas encore à la vision complète, systémique, des enjeux que le politique se doit de porter sur ce sujet, mais la maturité n’a rien à voir avec celle qu’ils pouvaient avoir en 2012.  Heureusement ! De façon générale, ils comprennent que le numérique provoquent des transformations profondes -et rapides- de la société. Il existe aujourd'hui une réflexion dans les programmes de chacun des candidats de la Primaire de la Droite et du Centre. C'est une dimension qui se vérifie pour l'ensemble des candidats. 

Par ailleurs, Numériques 2017 sort du débat Droite-Gauche classique. Il s'agit de secouer l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle 2017. Nous mènerons donc le même exercice de comparaison dans le cadre de la primaire de la gauche, prévue en janvier 2017.  La société se transforme en profondeur du fait du numérique. Ce n'est pas uniquement une question économique : c'est l'ensemble des politiques publiques qu’il faut faire évoluer. La santé, la justice, l’éducation… et les réponses que peuvent apporter les candidats seront différentes selon leur sensibilité politique. Il est donc important de réaliser cette exerce de comparaison. Il est primordial que le président de la République porte lui-même cette vision de la société. 

Au final, on constate que les candidats de la droite se sont investis sur les thématiques du numérique et progressent sur la prise en compte de ces enjeux.

Vous classez les candidats en trois catégories : d'une part, les candidats "orientés visions" qui ont complètement intégré le numérique dans leur vision de la société ; d'autre part les candidats "orienté projets" qui détaillent des pans entiers de leurs projets consacré au numérique et enfin les candidats mixtes. De toutes les approches des candidats, Quel est celle qui vous semble la plus pertinente, au final ?

C'est une question compliquée. En préalable, je veux préciser que notre comparaison a été conduite à partir des programmes officiels et se trouve en ligne sur notre site numerique2017.fr. Les équipes de chaque candidat ont eu la possibilité de valider notre analyse concernant les propositions de leur candidat. Certaines l’ont fait et nous avons eu de bons échanges, d’autres non.

Les candidats orientés visions – qui regroupent Nicolas Sarkozy et Jean-Frédéric Poisson –, finalement, n'ont que très peu de propositions. Par conséquent, il est très difficile de vérifier que leur vision se traduira par des actions concrètes. Globalement, pour l'instant, cela tient davantage à des slogans qu'à de réelles mesures. Le flou reste conséquent.

Les candidats orientés projets – qui regroupent Bruno Le Maire, Alain Juppé et François Fillon – sont sans doute ceux qui ont le plus réfléchi à la mise en œuvre de dispositions permettant des politiques publiques plus numérisées.

Enfin, les candidats mixtes – Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-François Copé – parlent beaucoup du numérique, mais ne font finalement que quelques propositions concrètes. Leur vision semble assez large, mais le projet n'a pas l'air très établi, encore.

Nous avons décidé de comparer les programmes par grande thématique : emploi, santé, éducation, culture… dans la veine des débats que nous organisons dans le cadre du collectif Numérique 2017. Cette comparaison a été réalisée par deux membres de notre collectif : Jonas Haddad et Nicolas Buffenoir. 

Il y a des domaines entiers où certains candidats n'ont fait aucune proposition. Cela ne signifie évidemment pas qu'ils prétendent qu'il ne faut rien faire, mais simplement qu'ils n'ont pas abordé cette dimension dans leurs programmes pour la Primaire. Pour les candidats que nous avons classés « orientés vision », dans l'ensemble des domaines (santé, emploi, éducation, etc), les propositions sont peu nombreuses. La réflexion n'est pas assez aboutie.

Selon vous, la primaire a été l'occasion d'avancer sur la question et a forcé les candidats à s'approprier la thématique du numérique, contrairement à la précédente élection présidentielle. Pour autant, reste-t-il des progrès à faire ? Quels sont-ils ?

Le président de la République doit incarner véritablement la vision d’une France à l’ère numérique. C’est un enjeu majeur pour notre pays, c’est un enjeu de souveraineté et d’avenir. Cela ne doit pas être uniquement une réflexion des équipes, mais bien une compréhension par le président de la République lui-même. Et c’est sans doute plus facile pour les personnalités politiques nouvelles, à droite comme à gauche, d’incarner cette vision et de proposer les changements nécessaires.

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