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Une personne se rendant à un festival fait contrôler son certificat de vaccination contre la Covid-19 à son arrivée le jour de l'ouverture de la 29e édition du festival de musique Les Vieilles Charrues à Carhaix-Plouguer, le 8 juillet 2021.
Une personne se rendant à un festival fait contrôler son certificat de vaccination contre la Covid-19 à son arrivée le jour de l'ouverture de la 29e édition du festival de musique Les Vieilles Charrues à Carhaix-Plouguer, le 8 juillet 2021.
©SAMEER AL-DOUMY / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

Pass sanitaire : les entrepreneurs POUR et les entrepreneurs CONTRE. Une différence de perspective. Combat entre le nombril et l’idéal démocratique

L'instauration du pass sanitaire doit permettre de pérenniser l'activité économique et de sécuriser l'accès à différents commerces ou lieux culturels face au Covid-19. De nombreux acteurs économiques, dont les entrepreneurs, s'interrogent sur certains aspects de l'instauration du pass sanitaire et sur ses conséquences.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Samedi j’avais un débat TV, avec un médecin, sur le pass sanitaire. Lorsque je l’écoutais parler de la nécessité du pass sanitaire, je ne pouvais que le comprendre, voir accepter son propos. Il réagissait en professionnel du principe de précaution sanitaire, et contrairement à nombre de ses collègues, plus politiques, que j’ai pu croiser sur nombre de plateaux, il restait plus proche du serment d’hypocrate, que du discours hypocrite. Il en est de même pour le reste de notre société. Il y a ceux, qui légitimement voient le monde au niveau de leur nombril et ceux qui essaient de regarder la totalité du corps, la « big picture » comme disent les anglo-saxons.

Je ne suis ni pour, ni contre le pass. Je suis contre CE pass là. Pourquoi ? Tout simplement parce que la vie tout court, et la vie d’entrepreneur, vous apprennent que les réactions épidermiques, les réactions à chaud, la trouille comme boussole, sont les pires conseillères. Respirez, prenez rapidement du recul, et vous retrouvez instantanément vos sens et le bon sens. Le contraire de ce que nos autocrates en herbe font en ce moment.

Si l’on se base sur la contamination, dont le gouvernement Français, Australien, Italien, nous rabattent les oreilles, prenant des mesures que personne ne prend dans le monde, il faut mettre les citoyens de cette planète aux abris, coucher les enfants, enfermer les vieillards, supprimer toute activité économique et écouter avec terreur le souffle provoqué par le passage, en colonne, du virus Delta, dans nos rues. Oh le vilain variant ! La grande faucheuse du début du 21ème siècle, qui n’est pourtant qu’annonciateur d’un dérèglement sanitaire, qui accompagnera le dérèglement climatique. Nous allons tous mourir, c’est horrible. Ne faites même pas de testament, vos héritiers vont tous y passer ! Oui mais voilà, la contamination n’accouche ni d’hospitalisations, ni de décès supplémentaires, ou quasi pas, en France notamment. Nulle part, sauf dans les pays émergents du fait de leur système de santé défaillant.

En clair, nous ne sommes pas en danger. Malgré la contamination en hausse (normal on part de très bas), les décès et hospitalisations sont toujours en baisse dans la plupart de nos pays. Seule la trouille politique est en hausse. Le delta n’est donc pas celui du Mékong, pas de massacre à prévoir. Bien entendu, les tableaux Excel des professeurs et statisticiens de la terreur nous prédisent une rentrée terrifiante, dans laquelle les cadavres joncheront le sol de notre beau pays, ce qui serait étrange alors qu’il se révèle bien moins dangereux pour la personne malade, qu’il touche les plus jeunes qui y résistent mieux et sortent vite guéris, dans un pays qui a vacciné la moitié de sa population. En clair, nous sommes encore en train de céder aux extrémistes du principe de précautions, aux ayatollahs de la terreur sanitaire.

Comment réagit le Français ? Toujours obsédé par son confort, et maintenu par le soleil dans une léthargie dans laquelle l’a glissé la peur, le Français soutiendrait, à 62% le pass sanitaire. Le révolutionnaire qui est en nous est devenu une ombre en pantoufle, incapable de la moindre réaction, de la moindre décision, de la moindre réflexion. Comme dans la chanson « c’est la ouate » des années 80, « il se laisse faire ». Il est vrai qu’en cumulant les fonctionnaires et les retraités de plus de 65 ans, ces derniers malmenés par la maladie, nous avons déjà quasiment une moitié de population pour qui la sécurité l’emporte sur toute autre considération, y compris l’avenir immédiat de leurs enfants et la terreur imposée à la planète.

Comment réagit l’entrepreneur ? Comme un normand. Il y a le « p’tèt bien qu’oui, ptêt bien qu’non ! ». En réalité, l’entrepreneur reflète finalement la société. Il y a la réaction pratique, nombriliste, et la réaction sociétale. Les 2 se partagent à égalité dans notre communauté. Ou presque !

Le premier a le nez sur le guidon. C’est le propre de notre « corporation ». Pas un manque d’intelligence, simplement un manque de temps. Le poids de la nécessité au quotidien. Ce qui leur importe, et c’est excusable, c’est de pouvoir reprendre leur activité. Une activité démantelée, chahutée, parfois interdite depuis 15 mois, sans pouvoir prévoir quand elle pourra reprendre dans des conditions normales. Alors ils cèdent. « Imposons le vaccin, le pass sanitaire, que nous puissions au moins reprendre à minima ». Ils n’en peuvent plus, voient leur avenir s’écrouler et comment leur en vouloir vraiment. Je ne fais pas partie de cette catégorie, et pourtant mon activité sur Day One Event, dans sa partie évènementielle, est à l’arrêt, et je suis incapable de prévoir la véritable date d’une reprise.

Pour moi, mon rôle de citoyen doit l’emporter.

Cela nous amène vers le second type d’entrepreneur. Celui-là a décidé d’accepter de souffrir économiquement, certes, mais considère que ses aînés ont souffert ou sont morts dans des camps, pour nous offrir l’Europe, un espace où la guerre serait bannie, la liberté garantie, où les citoyens seraient traités à égalité. Un espace de circulation libre. Un idéal que personne ne puisse à nouveau détruire ou même écorner. Face à ce qu’ils ont enduré, mon calvaire est bien mince. De plus, l’entrepreneur est agile et adaptable, et comme beaucoup, j’ai appris à m’adapter, car sortir de cette situation est infiniment plus facile que de s’échapper d’un camp, alors je dois à leur mémoire, de préserver le prix de leur douleur. Et je défends la société à laquelle ils ont, sans le savoir, donné naissance.

Le Covid n’est pas un péril, il est une douleur. Ebola, le Sida, eux, l’étaient (le sont). Le palud tue tous les 6 ans autant que le Covid à lui seul. Il n’y a aucune raison de céder sur la liberté pour une maladie qui n’a causé aucune surmortalité des moins de 65 ans. Une maladie qui montre pour le moment une décorrelation totale entre la contamination, d’une part, les hospitalisations et les décès, de l’autre. Une maladie pour laquelle, seules des études statistiques, des modèles de prévisions, jusqu’ici assez peu fiables, annoncent une 4ème vague. Des modèles comme ceux qui avaient fait dire à E.Macron, que nous poussions « avoir jusqu’à 400 000 morts ». Totalement fantaisiste. Il faut cessser de confondre « contamination » et « mort ». Contamination et maladie. Un contaminé est essentiellement asymptomatique ou à peine malade (à plus de 99,5%).

Alors je vais m’entêter. Comme je le fais depuis avril/mai 2020. En disant que nous sommes hystériques. Qu’il faut vivre normalement, à nouveau. En respectant la distanciation, le masque en intérieur, le gel, en se vaccinant si on le souhaite (sans obligation sauf pour les plus âgés), et de s’habituer à cette maladie qui semble faite pour muter et durer. Si le virus parvient à vaincre notre idéal démocratique, comme un terroriste islamique à qui l’on offre une victoire, par nos changements de comportement quotidien, alors nous aurons perdu toutes les batailles.

Les USA ont refusé l’obligation du pass sanitaire. Serait-ce un état despotique, et criminel ? 23 Etats Européens n’imposent pas le vaccin pour les soignants. Sont-ils irresponsables ? Cessons notre contemplation nombriliste et retrouvons la raison, c’est essentiellement cela que le Covid nous a volé.

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