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Aujourd’hui, l’innovation réside principalement dans les nouvelles combinaisons et les nouvelles présentations. Bien sûr avec l’idée d’une originalité attractive. Disons-le clairement : de faire de l’aliment un "produit marketing". Possiblement plus cher.
Aujourd’hui, l’innovation réside principalement dans les nouvelles combinaisons et les nouvelles présentations. Bien sûr avec l’idée d’une originalité attractive. Disons-le clairement : de faire de l’aliment un "produit marketing". Possiblement plus cher.
©Pixabay

Miam !

Parmi les innombrables nouveautés alimentaires dans les rayons des supermarchés, quelles sont celles qui se sont imposées ?

Dimanche 16 octobre a eu lieu le Salon international de l'alimentation au cours duquel ont été présentés plusieurs milliers de nouveaux produits issus de l'industrie agroalimentaire. L'occasion de se demander ce qu'il y a véritablement de nouveau dans notre assiette depuis quelques années.

Jean-Daniel Lalau

Jean-Daniel Lalau

Jean-Daniel Lalau est médecin, professeur de nutrition au CHU d'Amiens, docteur en sciences et en philosophie.

Il est l'auteur des livres En finir avec les régimes (éditions François Bourin) et Hospitalité - Je crie ton nom (éditions Chronique sociale). 

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Atlantico : On estime à environ 25 000 le nombre de nouveaux produits alimentaires mis en vente chaque année à l'échelle internationale. Qu'entend-on exactement par cette appellation de "nouveaux produits" ? Où réside les principales innovations actuelles de l'industrie agro-alimentaire ? 

Jean-Daniel LalauIl est évident que l’on ne peut pas faire l’équivalent entre "25 000 (nouveaux) produits alimentaires" et "25 000 (nouveaux) aliments". En fait de nouveauté, il faut faire le distinguo entre les nouveaux aliments (ex. : les algues, les insectes) ; les aliments mis nouvellement à disposition (ex. : les légumes et les fruits exotiques venant des quatre coins du monde) ; les nouvelles combinaisons (ex. : des mélanges de céréales, des bonbons avec des combinaisons de plantes ; les nouvelles présentations (ex. : les panés de porc) ; les nouveaux comportements (ex. : les sushis) ; les nouvelles modes (ex. : le véganisme, les aliments sans gluten) ; les nouvelles qualités (ex. : les aliments "sains", au sens de "non pollués", le "bio"), de nouveaux circuits de distribution (ex. : les circuits courts) ; et enfin le… renouveau (ex. : tous les légumes que l’on a occulté jusqu’alors !).

Aujourd’hui, l’innovation réside principalement dans les nouvelles combinaisons et les nouvelles présentations. Bien sûr avec l’idée d’une originalité attractive. Disons-le clairement : de faire de l’aliment un "produit marketing". Possiblement plus cher que l’aliment moins transformé…

Quelles sont véritablement les nouveautés alimentaires apparues dans nos assiettes ces dernières années ? Dans quelle mesure ont-elles modifié nos habitudes alimentaires ? Pour quels effets notables sur notre santé ? 

On ne peut pas dire que de nouveaux aliments se soient imposés. Pour reprendre mes distinctions sur le "nouveau", je parlerai plutôt de nouvelles tendances, de nouveaux comportements. Un fait marquant, notamment, est la désaffection croissante pour les viandes (qui inquiète le lobby de la viande !), notamment à la suite des révélations sur le scandale des abattoirs. En termes de groupes d’aliments, en effet, c’est probablement l’élément le plus significatif. La promotion des légumes (et des fruits) fait tout de même ses (heureux) effets. Difficile pour autant d’évaluer les effets d’un changement de mode alimentaire : les changements ne sont donc pas bouleversants, et il faudrait de toute façon de très nombreuses années pour en évaluer la portée (tout au moins au regard des critères durs que sont : les maladies vasculaires, les cancers, et a fortiori la mortalité globale). Pour éviter des effets néfastes du retrait des viandes, en tout cas, il faut une compensation avec les autres sources de protéines animales, ou une très bonne compensation avec des protéines végétales (combinées).

Si l'on regarde maintenant du côté des consommateurs, qu'est-ce qui a changé ces dernières années dans notre manière de choisir les produits constituant nos assiettes ? 

De façon générale, je crois qu’il y a plus de vigilance sur la qualité des produits, un peu plus de diversification (avec un peu plus de légumes), un peu plus de curiosité (lecture des étiquettes, lecture d’articles consacrés à l’alimentation, forums, etc.).

À côté de l’aspect anecdotique des (pseudo) nouveaux aliments, ceci va dans le bon sens.

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