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Parmi les incohérences du programme du FN :  l'opposition aux principales mesures antiterroristes à cause de cette paranoïa à l’égard des moyens de surveillance de l’Etat
©REUTERS / Yves Herman

Bonnes feuilles

Parmi les incohérences du programme du FN : l'opposition aux principales mesures antiterroristes à cause de cette paranoïa à l’égard des moyens de surveillance de l’Etat

Cet ouvrage analyse point par point le programme du Front national pour donner des clés de lecture et mettre en évidence ses contradictions et ses dangers. Extrait de "La vérité sur le programme du Front national" Maël de Calan, aux éditions Plon 1/2

Maël de Calan

Maël de Calan

Maël de Calan est conseiller départemental du Finistère et conseiller d'Alain Juppé.

Il est l'auteur de "La vérité sur le programme du Front national" (Plon).

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La politique intérieure du FN : rendre les flux migratoires incontrôlables et créer un climat de guerre civile entre les Français

Pas un mot sur le terrorisme 

Les attentats qui nous ont frappés en 2015 ont rappelé à la France que les démocraties libérales étaient en guerre, et qu’elles devraient se battre pour préserver leurs valeurs. La question de la lutte antiterroriste est ainsi redevenue un sujet central de la vie politique.

Sentant le profit qu’il pourrait tirer d’une exploitation politicienne de ces attentats (la décence n’a jamais été son fort), le FN s’est aussitôt engouffré dans la brèche. D’abord pour expliquer aux partis de gouvernement tout ce qu’ils avaient fait de mal par le passé : «Depuis des années, le Front national ne cesse de tirer la sonnette d’alarme sur le risque d’attaques islamistes sur notre territoire (1) .»

Mais aussi pour leur expliquer ce qu’il conviendrait de faire pour l’avenir.

On ne discutera pas ici du programme du FN en la matière, pour la simple raison qu’il n’existe pas. Fermeture des frontières, expulsion des immigrés, renforcement des moyens matériels et juridiques de nos forces de sécurité (mais sans préciser lesquels), on peine à trouver une idée opérationnelle susceptible de soutenir réellement la lutte antiterroriste.

On signalera simplement deux vérités qui troubleront peut-être les aficionados de Mme Le Pen.

La première vérité, c’est que le FN ne tire pas du tout la sonnette d’alarme depuis des années. Dans son programme pour 2012, la question est citée une seule fois en 106 pages, uniquement dans sa dimension internationale, et sans qu’on comprenne très bien où il veut en venir. «La lutte contre le terrorisme international doit reposer sur la réalité, à savoir que le phénomène du terrorisme qui a été pensé jusqu’ici comme un produit extérieur aux Etats, résultant de l’oppression et de la misère, n’est en réalité que le prolongement obscur de la politique de certains Etats. Exécutés par des groupes en apparence en rupture avec les Etats, les terrorismes sont l’émanation d’appareils militaires parallèles. Forts de cette nouvelle approche fondée sur la réalité du monde, nous redéfinirons notre politique de lutte contre le terrorisme. »

Quant au Qatar honni, dont la France serait devenue la « catin (2) », il est assez cocasse de relire là encore le programme de 2012, quand le FN voulait restaurer la politique arabe de la France. «Les guerres d’Irak et les révolutions arabes auront eu progressivement raison de notre influence dans le monde arabe. Le Quai d’Orsay se targue aujourd’hui de notre partenariat avec le Qatar. Certes le Qatar est très riche en gaz et développe sa propre influence dans le Golfe et au-delà, mais notre politique arabe ne saurait se réduire à ce petit émirat! »

La seconde vérité, beaucoup plus grave, c’est que le FN s’est opposé aux principales mesures antiterroristes demandées par nos services. Opposition à la loi sur le renseignement, opposition à la surveillance des sites djihadistes sur Internet, opposition répétée à Bruxelles à la création d’un PNR (Passenger Name Record, le fichier européen de surveillance des passagers aériens)... Au nom de la défense des libertés publiques, mais surtout à cause de cette paranoïa classique des mouvements extrémistes à l’égard des moyens de surveillance de l’Etat, les «patriotes» se sont illustrés par leur incohérence.

1. Nicolas Bay, secrétaire général du FN, en novembre 2015.

2. Marine Le Pen, en septembre 2013.

Extrait de "La vérité sur le programme du Front national" Maël de Calan, publié aux éditions Plon, mai 2016. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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