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Jean-Paul Gaultier a dessiné un cœur sur un lingotin d'or, symbole du succès que connait aujourd'hui le métal précieux.
Jean-Paul Gaultier a dessiné un cœur sur un lingotin d'or, symbole du succès que connait aujourd'hui le métal précieux.
©Reuters

EDITORIAL

L'or : valeur refuge starisée par la crise

Malgré un léger repli, le cour de l'or a connu une embellie spectaculaire avec la crise. Retour sur le retour en force du métal précieux.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Depuis le début de la crise, l’or s’affiche. Fini le caractère confidentiel qui était celui du métal jaune, entouré de la discrétion que l’on prête aux placements qui cherchaient parfois le refuge de la clandestinité pour constituer une cagnotte discrète au sein des familles, voire une réserve monétaire échappant au fisc.

La flambée des cours permet une véritable révolution dans les produits offerts à la clientèle. Longtemps il a fallu se contenter des pièces anciennes, qui enregistraient une décote à la revente, car elles subissaient les outrages du temps en raison des risques de détérioration. De plus, le choix était limité pratiquement à une dizaine de variétés tandis que le recours au lingot d’un kilo ou à la barre était devenu le lot d’une clientèle fortunée très limitée. Aujourd’hui, l’attrait pour l’or, valeur refuge, revêt un caractère universel. Les Français ont été des précurseurs, avec les Indiens, en raison d’une longue tradition historique. Ils font aujourd’hui des émules dans le monde entier. Et les techniques du marketing entrent en jeu. Le métal peut être acheté sous des formes nouvelles qui le mettent à la portée d’une clientèle élargie.

L’entreprise spécialisée CPoR Devises, devant le succès du lancement d’un lingotin de 50 grammes à la fin de l’an dernier, a décidé de donner une représentation physique à la fameuse unité de mesure, l’once de 31,103 grammes, qui sert de référence au prix du métal, avec la participation de Jean-Paul Gaultier, qui a dessiné un cœur pour symboliser l’attachement au métal. La notoriété du créateur garantit le succès de l’opération . Elle s’inscrit dans un mouvement plus vaste de commercialisation de l’or. Aujourd’hui, les boutiques autour du Palais Brongniart à Paris, l’ancien temple de la Bourse, affichent une prospérité éclatante. Elles essaiment aussi dans la France profonde, même dans les villes un peu endormies, où l’on décèle la présence de bas de laine garnis de Napoléons ou de vieux bijoux en or.

Les médias donnent aussi de la voix ou des images. Aux heures d’écoute des seniors, les messages se multiplient pour exalter les avantages que l’on peut retirer de la détention ou de l’achat de métal jaune. Celui-ci réveille l’attrait des épargnants, en prenant la place des placements traditionnels avec la chute des actions, la dégringolade des obligations, liée au recul des taux d’intérêt, et les craintes que suscite l’assurance-vie. Le bond spectaculaire réalisé en quelques mois par le métal précieux, avec un record à 1921 dollars l’once, suivi d’un repli modéré a vaincu les dernières résistances des petits épargnants qui ont commencé à franchir le seuil des boutiques spécialisées, troquant de vieux souvenirs de famille aurifères en produits plus modernes, sans toutefois prendre assez de précautions sur les prix de la transaction, car l’achat d’or ne répond pas aux critères classiques des placements, puisqu’il ne rapporte rien, mais à une préoccupation plus profonde, l’assurance ultime contre l’adversité.

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