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Un an après Fukushima, seuls 8% des sondés se disent très inquiets de l'état des centrales nucléaires françaises.
Un an après Fukushima, seuls 8% des sondés se disent très inquiets de l'état des centrales nucléaires françaises.
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Sondage Ifop/Atlantico

Seuls 42% des Français sont inquiets à l’égard des centrales nucléaires (contre 56% juste après Fukushima)

SONDAGE IFOP/ATLANTICO : L'opinion des Français sur le recours à l'énergie nucléaire se réchauffe : la proportion de ceux qui y sont favorables est repartie à la hausse ces derniers mois.

Question : Quelle est votre opinion sur le recours à l’énergie nucléaire en France ?

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[1] Étude Ifop réalisée pour Le Monde par questionnaire auto-administré en ligne du 21 au 23 juin 2011 auprès d’un échantillon de 1006 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

[2] Étude Ifop réalisée pour Sud Ouest Dimanche par questionnaire auto-administré en ligne du 8 au 10 novembre 2011 auprès d’un échantillon de 1008 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Jérôme Fourquet, directeur adjoint du Département opinion publique à l’IFOP : La première étude date de quelques mois après Fukushima. Prendre le pouls de l’opinion française était alors intéressant : un tiers des sondés était favorable au nucléaire, un gros tiers hésitant et 20% opposés. Déjà, en octobre dernier, au moment de l’accord entre les Verts et les socialistes, il y avait un début de tassement de l’opposition.

Aujourd’hui, cette tendance s’est confirmée. L’écart entre opposants et partisans du nucléaire s’est amplifié : entre juillet dernier et aujourd’hui, nous sommes passés de 12 à 24 points d’écart. L’opinion, très partagée après Fukushima,  semble à présent moins hostile au nucléaire. Mais une forte proportion de la population reste hésitante.

D'une certaine façon, il s’agit là d’un retour à la normale. C’est un classique en sciences sociales et en sociologie : plus on s’éloigne de la catastrophe et plus son souvenir s’estompe. Le nombre de personnes opposées au nucléaire a d’ailleurs reculé plus que le nombre de personnes favorables n’a augmenté. L’opinion française, fortement interpellée par Fukushima du fait de l’importance du nucléaire au sein de notre pays, a largement évolué sur ses positions depuis.

Dans l’opinion publique, le nucléaire est majoritairement perçu comme un mal nécessaire. Il permet de produire de l’énergie à moindre coûts. Les Français savent qu’il existe des risques mais continuent d’estimer qu’ils valent les avantages qu’implique cette production énergétique.

 

Question : Quelle est votre opinion sur le recours à l’énergie nucléaire en France ?

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Jérôme Fourquet : La question nucléaire est un enjeu politique dans la campagne électorale. Le regard que l’on porte sur cette filière, sur cette technologie, en France, est étroitement lié aux orientations politiques des sondés.

En simplifiant, on se rend compte que l’électorat de droite est largement favorable avec 70% de sondés favorables au nucléaire. Au sein des sympathisants UMP, il n’y a que 1% de gens opposés à cette filière. Cette opinion qui prévaut de longue date, est amplifiée par le discours du parti qui soutient qu’il faut continuer de développer cette technologie.

Au sein des écologistes, largement opposés au nucléaire, on remarque également qu’il y a une minorité de 18% des électeurs qui restent favorables et surtout, 34% de personnes qui se déclarent hésitantes sur le sujet. L’opposition au nucléaire est donc moins massive et structurée au sein des Verts qu’elle n’est favorable au sein de l’UMP.

L’électorat socialiste reste partagé. Une majorité relative de 47% des sondés se dit hésitante. Elle est dans la lignée du discours défendu par le candidat François Hollande qui veut maintenir le nucléaire en diminuant sa part dans le parc énergétique français. Les socialistes sont plus favorables qu’opposés au nucléaire avec 31 contre 15 %.

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Question : Êtes-vous très inquiet, assez inquiet, peu inquiet ou pas inquiet du tout à l’égard des centrales nucléaires françaises ?

 

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[1] Étude Ifop réalisée pour France Soir par téléphone du 31 mars et 1er avril 2011 auprès d’un échantillon de 906 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

[2] Étude Ifop réalisée pour le Journal du Dimanche par téléphone du 1er au 3 juin 2011 auprès d’un échantillon de 1005 personnes représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus.

[3] Étude Ifop réalisée pour Sud Ouest Dimanche par questionnaire auto-administré en ligne du 8 au 10 novembre 2011 auprès d’un échantillon de 1008 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Jérôme Fourquet : Les résultats sont encore plus flagrants ici : la première mesure date d’avril 2011, soit une date encore plus proche de la catastrophe de Fukushima. De plus, on parle ici bien d’inquiétudes vis-à-vis des centrales françaises et non pas d’une approche généraliste de l’énergie nucléaire.

En France, nous avions une situation de consensus vis-à-vis du nucléaire. EDF, l’unique exploitant de cette filière, bénéficiait d’une bonne image. Fukushima a jeté un trouble sur cette tendance. En avril, 56% des Français étaient inquiets de l’état de nos centrales. C'était un Français sur cinq.

Rapidement, l’inquiétude baisse. Elle repasse entre avril et juin 2011 de 56 à 45% de personnes déclarées inquiètes. C’est en particulier sur les sondés très inquiets que la position évolue le plus. Les chiffres restent assez stable jusqu’en novembre puis, elle continue de progresser à la baisse. En mars 2012, il n’y a plus que 8% de gens qui se disent très inquiets de la situation de nos centrales.


Question : Êtes-vous très inquiet, assez inquiet, peu inquiet ou pas inquiet du tout à l’égard des centrales nucléaires françaises ?

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Jérôme Fourquet : Il y a toujours un vrai clivage gauche / droite. C’est un enjeu électoral important. Le nucléaire, en France, est une filière industrielle importante à laquelle sont liés de nombreux emplois. Revenir sur le nucléaire, ce sont des questions sur le démantèlement et sur l’avenir des nombreux ménages qui dépendent de cette activité.

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Jérôme Fourquet : Il y a 52% de femmes qui se déclarent inquiètes contre 32% chez les hommes. 20 points d’écart, c’est un rapport énorme. Les femmes ont un rapport à la santé, à la technologie et au risque qui est radicalement différent. 

 

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Méthodologie :

Ce document présente les résultats d’une étude réalisée par l’Ifop. Elle respecte fidèlement les principes scientifiques et déontologiques de l’enquête par sondage. Les enseignements qu’elle indique reflètent un état de l’opinion à l’instant de sa réalisation et non pas une prédiction.

Aucune publication totale ou partielle ne peut être faite sans l’accord exprès de l’Ifop.

Étude réalisée par l'Ifop pour Atlantico.fr

Échantillon de 992 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interviewé(e)) après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI - Computer Assisted Web Interviewing), du 6 au 9 mars 2012.

 

Précision relative aux marges d'erreur :

La théorie statistique permet de mesurer l’incertitude à attacher à chaque résultat d’une enquête. Cette incertitude s’exprime par un intervalle de confiance situé de part et d’autre de la valeur observée et dans lequel la vraie valeur a une probabilité déterminée de se trouver. Cette incertitude, communément appelée « marge d’erreur », varie en fonction de la taille de l’échantillon et du pourcentage observé comme le montre le tableau ci-dessous :

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Exemple de lecture du tableau : dans le cas d’un échantillon de 1000 personnes, si le pourcentage mesuré est de 10%, la marge d’erreur est égale à 1,8. Le vrai pourcentage est donc compris entre 8,2% et 11,8%.

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