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François Hollande et Jean-Marc Ayrault tentent de faire oublier leur immobilisme.
François Hollande et Jean-Marc Ayrault tentent de faire oublier leur immobilisme.
©Reuters

On passe la seconde

Opération accélération : Hollande et Ayrault réussiront-ils à faire oublier leur été meurtrier ?

Avec la rentrée, Jean-Marc Ayrault change de ton et de discours, probablement pour sortir du trou d'air que traverse actuellement l'exécutif, mais aussi pour "protéger" le Président, très occupé par les questions européennes.

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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Les temps changent… Début juillet, dans le  discours de clôture de la Conférence Sociale, le Premier ministre, contrairement à François Hollande, n’avait pas prononcé une seule fois le mot compétitivité. Par souci de ménager les organisations syndicales ? Sans doute. Mais un mois et demi plus tard, changement de ton radical et surtout, de discours. En venant s’exprimer à l’Université d’Eté du Medef, une première, Jean-Marc Ayrault s’est lancé dans une véritable opération séduction  du patronat. Une évolution qui montre  que la théorie du « tout Etat et du tout règlement » a du plomb dans l’aile ! Le social-libéralisme serait-il en marche ?

En tant qu’ancien maire, Jean-Marc Ayrault a en effet tenu à rappeler  qu’il « dialogue avec les chefs d’entreprise depuis trente cinq ans », qu’il est « attentif aux difficultés » qu’ils rencontrent, et « à leurs propositions », car note-t-il, « pour transformer le pays en profondeur et renouer avec la croissance, il faut une large mobilisation de toute la société et, au premier rang, des chefs d’entreprises comme de leurs salariés». Pourquoi cette  soudaine sollicitude verbale qui ne manquera pas de provoquer interrogations et critiques dans le monde syndical et au Front de gauche – Bernard Thibault et Jean-Luc Mélenchon s’en sont d’ailleurs déjà alarmés – alors que le patronat a toujours mauvaise presse ? La hausse du chômage, supérieure aux prévisions, la baisse de la côte de popularité de l’exécutif, sans doute aussi le lobbying de patrons de sensibilité de gauche navrés de cette diabolisation des chefs d’entreprises, voire la comparaison avec des règlementations plus souples en vigueur dans les pays voisins, ne sont pas étrangers à cette évolution. Ce nouveau pragmatisme n’a pas encore produit de décisions concrètes mais un « plan de développement des PME visant à gagner la bataille de la compétitivité et de l’innovation » est dans les tuyaux. On n’en saura pas plus avant l’adoption du budget 2013 fin septembre. Mais cette promesse est faite pour rassurer un patronat plus qu’inquiet devant la perspective de l’augmentation de la pression fiscale et  l’instauration de nouvelles contraintes administratives en cas de réduction d’effectifs. Pour la fiscalité, Jean-Marc Ayrault a, là encore, tenu à calmer les appréhensions : « la réforme fiscale que nous envisageons visera à améliorer le financement de l’économie, l’investissement et la compétitivité des entreprises ». Et pour prouver que le sectarisme lui est étranger, il a rendu hommage à Nicolas Sarkozy, sans le nommer toutefois, en saluant le travail positif du Commissariat Général à l’Investissement créé à son initiative.

Dans les faits, c’est davantage d’emplois aidés que d’emplois dans le secteur marchand dont il est question au gouvernement actuellement. Afin de faire taire les accusations d’immobilisme lancées par la droite et pour apaiser les inquiétudes à gauche, le Parlement, en vacances depuis la fin juillet, rentrera le 10 septembre et non le 24 comme cela avait été prévu dans un premier temps. Conscients qu’il est urgent d’agir, François Hollande et Jean-Marc Ayrault en ont pris la décision lors de leur déjeuner de mardi 21 août. Afin de marquer les esprits, et montrer que « l’emploi est au cœur des préoccupations du gouvernement », la session extraordinaire démarrera avec le débat sur les emplois d’avenir (100.000 dès l’année prochaine). « Même si on dit (que) c’est la croissance qui créera de l’emploi, il n’est pas acceptable que la société n’aide pas les jeunes à accéder à une première expérience professionnelle. C’est donc l’intérêt même de notre société, donc aussi des entreprises », plaide le premier Ministre qui va monter en première ligne dans les semaines à venir. Jean-Marc Ayrault va effectuer une série de déplacements thématiques, chaque fois en compagnie des ministres concernés. On l’attend notamment  sur les questions de sécurité, et la situation des Roms. Sa mission : sortir du trou d’air que traverse l’exécutif et « protéger » François Hollande qui préfère garder le silence et se consacrer aux affaires européennes pour l’instant.

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