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Télé numérique

Le numérique, une chance pour le service public de l’audiovisuel

Alors que le nombre d'heures passées devant Internet ne cesse d'augmenter, l'avenir de la télévision était au cœur des débats. C'est l'épisode 2 de notre feuilleton de la semaine consacré à la télévision numérique.

Jean-Noël Dibie pour Culture-Tops

Jean-Noël Dibie pour Culture-Tops

Docteur en droit, Jean-Noël Dibie a une très longue expérience de l'audiovisuel et des médias : directeur de la SFP (Société française de production), responsable des affaires européennes à France Télévision, conseiller du directeur général de l'UER (Union européenne de radio-télévision). 

Aujourd’hui consultant, il s’investit dans les activités de recherche, notamment au sein d’EUROVISIONI, et d’enseignement (président du conseil pédagogique de l’EICAR, l’Ecole des métiers du cinéma de l’audiovisuel et des nouveaux médias, et chargé de cours à l’EDHEC).

Jean-Noël Dibie est l'auteur d'un A-book en six parties paru en 2014 sur Atlantico éditions : Communication politique, le plus vieux métier du monde

 

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L’éclosion du «printemps arabe» a vu les «communicateurs» - professionnels et amateurs - louer en chœur les vertus de l’Internet, pour avoir libéré l’expression, et condamner la télévision d’Etat, dont l’objectivité n’a jamais été le fort. En Égypte, celle-ci a été jusqu’à accuser les journalistes étrangers d’être de dangereux agitateurs. De telles pratiques, inacceptables, ne doivent pas condamner la télévision de service public, ce serait jeter le bébé avec l’eau du bain. Les dérives ne sont pas inhérentes à la mutation des outils de communication, mais aux usages abusifs qui peuvent en être fait. La progression de l’idéal démocratique bénéficie des Technologies de l’Information et de la Communication : pour autant des initiatives médiatiques individuelles ou collectives peuvent menacer les principes fondateurs de la démocratie.

Après les chaînes de la télévision commerciale, qui ont vocation à dégager des profits, Internet, 4éme média après la presse, la radio et la télévision, tend à devenir un outil de communication commercial qui use d’habillages sociaux ou culturels à des fins promotionnelles. Ces deux médias dominés par l’optimisation des profits et le narcissisme, corollaire d’une illusoire auto-communication, participe de la désagrégation sociale.

La télévision de service public - télévision pour tout le public et tous les publics - est en mesure d’enrayer cette dérive médiatique en faisant partager au plus grand nombre les valeurs fondatrices du contrat social et en valorisant la diversité culturelle qui fait la richesse des sociétés humaines. Pour ce faire, elle a la possibilité d’exploiter au mieux sa capacité à s’exprimer dans l’espace public en usant des multiples vecteurs de la télévision numérique, dont les performances s’améliorent avec l’avancée technologique. La mobilité donne à la télévision une souplesse d’usage comparable à celle de la radio après le mariage des transistors et de la FM. L’interactivité fait de la télévision, jusqu’alors vecteur de communication bilatérale, un outil de communication multilatérale ouvrant à tous l’accès à la «Société de l’Information». Cela d’autant que la norme HbbTV (Hybrid broadcast broadband) de la « télévision hybride», va permettre aux téléspectateurs d’accéder aisément à de nombreux contenus issus des sites Internet des diffuseurs.

La télévision de service public, en s’affirmant comme un acteur à part entière du nouvel univers de la communication électronique, peut éviter que se développe une société à deux vitesses, comme l’avait fait le livre longtemps réservé à une élite de lettrés. Confrontée à deux défis, sauvegarder la substance culturelle et relancer les processus d’acquisition du savoir, la télévision de service public doit optimiser son champ d’intervention pour élargir son audience. Le numérique lui permet déjà de multiplier les offres généralistes et thématiques et les décrochages locaux, de pair avec une stratégie de diffusions multi-supports de ses chaînes, et de ses programmes. En outre, la technologie lui offre la possibilité de décliner ses programmes sous des formes adaptés aux attentes des usagers des réseaux à large bande et des mobiles. Cette mutation numérique nécessite un financement suffisant et pérenne, prix à payer pour que l’héritage culturel de l’humanité ne soit soient emporté par les vagues successives de produits de marketing.

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