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Sophie de Menthon : "Un Nicolas Sarkozy énergique qui redonne une bouffée d’optimisme"
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One man show

Sophie de Menthon : "Un Nicolas Sarkozy énergique qui redonne une bouffée d’optimisme"

Nicolas Sarkozy répondait aux questions d'Yves Calvi et Jean-Pierre Pernaut ce jeudi soir à la télévision. Le Président de la République tentait de rassurer les Français sur la crise... Il a convaincu Sophie de Menthon.

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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Nous l’attendions, un peu comme le voyageur au long cours qui est parti nous défendre en terre inconnue. Une autre façon de se battre et de signer des traités avec nos alliés et ennemis d’hier et de demain.

On a eu l’impression que la récré était finie et que l’on parle enfin de choses sérieuses après le spectacle des primaires qui nous ont quand même bien distraits dans la première partie de spectacle. Ce soir c’était enfin le « one man show » avec la gravité qui s'impose.

Du sang et des larmes… les Français attendent depuis longtemps, au fond d’eux-même cette attitude Churchillienne car ils savent, sans forcément ni bien comprendre ni admettre, ce que Nicolas Sarkozy leur a expliqué ce soir. Ils savent, mais refusaient de se sentir impliqués et ce soir le doute n’est plus possible, enfin !

Il faut bien dire qu’on leur a tenu un langage schizophrène : un coup, on est en faillite, un coup tout va bien Madame la marquise, un coup nous n’avons plus les moyens de notre politique de doudou, un coup nous sommes les seuls à avoir un amortisseur de crise… Les patrons doivent raquer (les méchants gros) pour autant on ne facilite pas la vie des petits. « Il faut prendre l’argent là où il est », le slogan fédérateur de la gauche…  Cette fois les choses sont claires : pas d’échappatoire, plus question de continuer sur notre train de vie, toutefois sans vraie menace, car nous avons déjà pris des mesures que les autres n’ont pas prises et nous nous en tirons plutôt mieux.

Quelle bonne occasion de nous faire comprendre que nous sommes tous dans le même bain, que notre héros (qu’on le veuille ou non, c’était lui qui était au charbon et on voyait bien qu’il s’y donnait corps et âme) avait gagné la partie. En l’écoutant, impossible de ne pas se dire que celui qui est aux commandes est clairement au-dessus de la mêlée. Cela fait du bien de redire que les 35h ont tué notre compétitivité et qu’il faut bosser pour s’en sortir plus vite… 

Sur la forme, un sans faute : on est époustouflé par cette énergie vitale et par un homme investi de sa fonction au point qu’on le croit sans difficultés lorsqu’il dit qu’il a autre chose à faire que de s’occuper de la présidentielle et des "affaires". Avantage marqué également lorsque l’on comprend qu’il s’est vraiment passé quelque chose et que les avancées de l’Europe, la décision d’harmoniser la fiscalité, l’impôt sur les entreprises, etc. rendent insignifiantes les promesses des primaires  socialistes : 60 000 fonctionnaires de plus, et ne parlons pas des retraites qui devraient chez nous revenir à 60 ans alors que partout elles atteignent les 65 ou 67 ans.

Le Président, ce soir, l’a plutôt joué modeste, clarté des propos, et capacité à faire comprendre qu’on revient de loin avec toute la pédagogie nécessaire : le pourquoi et le comment. Pas facile sur les banques, mais là encore c’est clair : les Français pensaient que le Président était l’ami des méchants banquiers et qu’il leur avait donné de l’argent indéfiniment alors qu’eux mêmes n’en trouvaient pas ;  il a donc fallu revenir sur les prêts qui leur ont été faits lors de la crise des subprimes et dire comment et pourquoi il avait fallu les convaincre au corps à corps la nuit dernière de renoncer à 50% des créances de la dette grecque.

La vraie bonne nouvelle c’est que cette crise et ces nuits blanches des chefs d’Etat européens donnent le sentiment que c’est gagné et qu’on ne laissera pas tomber l’Europe. Dans la foulée, on sent les prémices de cette Europe fédérale, seule capable d’éviter les futures dérives. Mais là nous sommes restés sur notre faim : on aurait voulu en savoir plus sur ce gouvernement économique avec concertation et contrôle des ministres des finances ainsi que sur cette certitude que ça en est fini des dérapages pour tout le monde.

Curieusement c’est une bouffée d’optimisme, on se sent moins seuls, on a un vrai chef et puis des cousins européens qui sont dans la même situation que nous. Tante Angela a l’air d’accord en tous points avec oncle Nicolas. Et puis cet appel à une sorte d’union nationale gauche-droite et à une certaine dignité face à l’avenir de la France, on en rêve non ? Il suffit de se retrousser un peu les manches et d’arréter de déprimer, on a le sourire aux lèvres en changeant de chaîne de télé, un peu comme lorsque le chirurgien revient de la salle d’opération pour vous dire que le patient va s’en tirer mais qu’il faut se mettre au régime. Du coup, soulagés on aurait bien voulu connaître le poids de la petite et avoir un mot moins elliptique sur la maman !

Sauf qu’en changeant de chaine, on retrouve la nuée des commentateurs-candidats qui veulent la mort du chirurgien… et du patient à maintenir sous anesthésie pour rendre la dette indolore  !

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