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Le Wall Street Journal vient d’élire Nelson Monfort "journaliste le plus chauvin" des Jeux 2012.
Le Wall Street Journal vient d’élire Nelson Monfort "journaliste le plus chauvin" des Jeux 2012.
©DR

Incrédibeul

Pourquoi ceux qui critiquent Nelson Monfort ont tort

Le célèbre journaliste de France Télévisions est depuis le début des JO de Londres l'objet de virulentes critiques sur les réseaux sociaux. Le "Nelson Monfort bashing", nouveau sport national ?

Philippe David

Philippe David

Philippe David est cadre dirigeant, travaillant à l'international.

Il a écrit trois livres politiques : "Il va falloir tout reconstruire", ouvrage qui expliquait le pourquoi du 21 avril,  "Journal intime d'une année de rupture", sorti en 2009 aux éditions de l'Ixcéa, qui retrace les deux premières années de présidence Sarkozy et  "De la rupture aux impostures", Editions du Banc d'Arguin (9 avril 2012). 

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Depuis la semaine dernière, une nouvelle discipline est apparue aux Jeux Olympiques. Certains de ses "sportifs" essayent de s'y surpasser, bien qu’elle ne soit pas récompensée d’une médaille, fût elle en chocolat : Le « Nelson Monfort bashing ». Désolé d’utiliser une expression anglophone, mais Nelson Monfort maniant parfaitement tant la langue de Shakespeare que la langue de Molière, celle-ci était en l’occurrence toute trouvée. Pour les non-anglophones, « bashing » signifie « taper sur », nul n’ayant oublié le Mont Everest de bêtise que furent les séances de « French bashing » au début de la guerre en Irak dans les médias poubelles américains, à commencer par « False news »... Pardon, « Fox News ».

Quelle est la cause de ce « Nelson Monfort bashing » ? Une question malheureuse posée par l’interviewer en chef de France Télévisions à la nageuse Ophélie-Cyrielle Etienne suite à la médaille de bronze obtenue par le relais 4x200m féminin de natation. Voilà l’objet du délit : "Ophélie approchez ! Parce que nous aimons beaucoup votre sensibilité. Vous avez souffert il y a un peu plus d’un an d’un deuil familial. J’imagine à qui vous souhaitez dédier cette médaille, ce soir".

Inutile de dire qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat, Nelson Monfort voulant à cette occasion faire preuve d’empathie et montrer à la championne qu’après les moments difficiles qu’elle a vécus suite au décès de sa mère, elle vit à ce moment un intense bonheur et qu’il est facile d’imaginer à qui elle le dédie. Bien évidemment, il ne s’agissait pas pour lui de « remuer le couteau dans la plaie » mais simplement de rendre hommage à la mère de la nageuse. Pourtant, les réactions outrées n’ont pas tardé à fuser : « gaffe », « maladresse », « bourde », « question déplacée », à tel point que celui-ci a dû faire des excuses publiques afin d’essayer d’éteindre l’incendie qu’il avait bien involontairement allumé (ou plutôt que des esprits toujours prêts à sauter sur la moindre opportunité avaient allumé à cette occasion).

Car Nelson Monfort, c’est à la fois un interviewer, un journaliste et, surtout, un fan des sportifs qui ne peut s’empêcher de s’identifier à eux, peut-être parfois avec maladresse mais jamais avec méchanceté.

Nelson Monfort est en effet un personnage complexe. Né en France d’un père américain et d’une mère hollandaise, le Wall Street Journal l’a pourtant sacré « journaliste le plus chauvin des Jeux Olympiques ». Désireux d’être toujours le plus proche possible des interviewés, il n’hésite pas à manier la langue de Cervantès avec un accent à couper au couteau, comme avec le dominicain Felix Sanchez à qui il a rappelé le décès de sa grand-mère, dont l’athlète était très proche, après sa médaille d’or dans le 400 mètres haies. Quelques minutes plus tard le champion était en larmes sur le podium…

Inutile de dire que peu de journalistes sportifs connaissent aussi bien la vie des sportifs que lui, preuve de tout l’intérêt qu’il leur porte. Nelson Monfort est en effet dans le journalisme sportif français un monument omnisports, comme Thierry Roland et Roger Couderc étaient des monuments du football et du rugby.

Pour l’avoir entendu parler dans des entretiens où il était lui-même interviewé, il est un homme extrêmement pudique, réservé, timide ; alors qu’il peut exploser de joie derrière son micro suite à une victoire française, preuve qu’il est un vrai passionné.

Alors, s’il vous plait, arrêtez le « Nelson Monfort Bashing » que rien, et surtout pas une phrase malheureuse, ne peut justifier !

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