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Nait-on surdoué ou le devient-on en grandissant ?
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Bonnes feuilles

Nait-on surdoué ou le devient-on en grandissant ?

Pour la première fois, un livre s’intéresse à la petite enfance du surdoué, de la naissance à six ans. Extrait de "Le petit surdoué, de 6 mois à 6 ans" (2/2).

Monique de Kermadec

Monique de Kermadec

Monique de Kermadec

Psychologue clinicienne et psychanaliste, spécialiste de la précocité et la réussite chez l'enfant et l'adulte. Elle est l'auteur de Le petit surdoué de six mois à six ans et de Pour que mon enfant réussisse parus chez Albin Michel.

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Naît-on surdoué ? Le devient-on ? Nous ne nous lancerons pas dans une discussion interminable sur la part de l'inné ou de l'acquis dans le développement de l'intelligence. Nous savons que, en partie héréditaire, l'intelligence est merveilleusement stimulée par l'environnement et l'interaction avec les autres. Que les plus beaux potentiels peuvent s'étioler si l'on ne les « porte » pas, si on ne les nourrit pas. Et que les intelligences moyennes peuvent s'épanouir dans des milieux stimulants. Mais que se passe-t‑il avec les tout-petits ? Les bébés de quelques mois ? Peut-on réellement distinguer les bébés doués des autres ? Avant de nous lancer dans cet ouvrage, nous nous sommes interrogées : existe-t‑il des indices, comme un jeu de piste, qui permettent de prouver que certains bébés peuvent être qualifiés de surdoués, précoces, ou « à haut potentiel » ? La réponse est « oui ». Elle se décline en quelques mots : fulgurance, rapidité, hypermnésie, sixième sens…

Attention : si certains bébés exceptionnels expriment tous les talents dont nous allons parler, la grande majorité d'entre eux n'en manifesteront que deux ou trois. Certains petits seront d'abord plutôt «moteurs », d'autres plutôt cérébraux, certains révéleront des dons incroyables en dessin, d'autres en natation… La plupart du temps, chez eux aussi le développement n'est pas tout à fait homogène : ils peuvent manifester leur précocité sur le plan du langage, tout en n'apprenant à marcher qu'à 13 ou 14 mois… Chez d'autres ce sera l'inverse.

Une chose est certaine : tous les petits surdoués sont dotés très tôt d'une pensée dite « en arborescence », fondée sur une série d'associations et de ramifications, et ne fonctionnant pas par méthode. Il suffit pour cela d'imaginer un tronc d'arbre donnant naissance à des branches maîtresses, puis secondaires, puis de plus en plus petites. La pensée en arborescence circule ainsi, très vite, de façon extrêmement fluide, contrairement à une pensée plus méthodique. Ils ont une intuition fulgurante, une compréhension parfois immédiate et toujours très rapide du réel. Et cette pensée se fait jour bien avant le langage.

Quand on interroge les mères d'enfants précoces, on obtient à peu près toujours cette réponse : « Il était différent. Stupéfiant. Il m'a sidérée. » Un peu comme Harry Potter doué de talents de sorcier avant même de savoir parler, le petit précoce montre déjà des signes particuliers que nous pouvons décoder. Il est là, dans sa petite salopette, lavé de frais, souverain, sage, le pouce dans la bouche, il observe... Il ne parle pas encore, mais semble pourvu d'antennes ; d'une forme d'hypersensibilité qui le branche d'emblée sur l'intelligence du monde, le désir de comprendre. Il est doté d'antennes, oui, particulièrement "éveillé", et c'est ce qu'on lit dans son regard.

Extrait de "Le petit surdoué, de 6 mois à 6 ans", Monique de Kermadec et Sophie Carquain, (Albin Michel éditions), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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