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N’écoutez pas Greta Thunberg, écoutez l’extrême-gauche écologiste : c’est elle qu’il faut surveiller
©TIMOTHY A. CLARY / AFP

climat

N’écoutez pas Greta Thunberg, écoutez l’extrême-gauche écologiste : c’est elle qu’il faut surveiller

En allant trop loin dans son discours à l’ONU, et dans ses actions contre la France, Greta Thunberg s’est décrédibilisée. Mais derrière cette icone, c’est toute l’extrême-gauche écologiste qu’il faut dénoncer, car son idéologie porte en elle les germes de dérives inacceptables.

Nicolas Moreau

Nicolas Moreau

Diplômé d'école de commerce, Nicolas Moreau a exercé en tant qu'auditeur pendant une décennie, auprès de nombreux acteurs publics, associatifs et privés.

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Des débuts prometteurs

En 2018, une jeune adolescente inconnue décidait en Suède de faire grève de l’école pour le climat. L’idée était de sécher les cours, devenus inutiles pour des jeunes à l’avenir menacé, afin d’alerter sur l’urgence du réchauffement climatique, et sur le manque d’entrain des dirigeants du monde à lutter contre cette menace.

Cette jeune adolescente, Greta Thunberg, dont l’autisme faisait parler, dont les connaissances sur le sujet étaient certaines, et dont la cause était populaire, a rapidement fait des émules. A la suite de son discours lors de la COP 24 de Katowice, les grèves de l’école pour le climat se sont multipliées dans le monde entier, dans une ambiance généralement calme et bon enfant. 

La cause avait ainsi tout pour plaire, et Greta Thunberg est rapidement devenue une icône de la lutte contre le réchauffement climatique, encourageant quiconque à lire et appliquer les recommandations du GIEC. Mais fatalement, signature de l’époque, les polémiques n’ont pas tardé. Un jour, son encourage était accusé de mettre son autisme en avant pour forcer la sympathie à son égard. Un autre, le passé militant de ses parents ressurgissait, nourrissant les soupçons de manipulation. Plus tard, c’est son choix de se rendre à New York en bateau, pour éviter l’avion, qui faisait grincer des dents, ce choix entrainant au final le déplacement de six personnes par avion au lieu de deux.

L’image de Greta a pu en souffrir, marginalement, mais ce n’était rien à côté de ce qu’elle s’est infligée seule à l’ONU.

En allant trop loin, Greta Thunberg dessert son discours

Lors de son discours à l’ONU, le 23 septembre 2019, Greta Thunberg est allée trop loin. Dans son style habituel, percutant et inquisiteur, elle a asséné aux représentants face à elle : « Vous nous demandez à nous, les jeunes, de vous donner de l’espoir ? Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses ».

Mauvaise pioche Greta. Mauvais procès.

Face à celle, à l’opposé des « jeunes » dont elle se fait la porte-parole, se trouve une génération critiquable sur maints aspects, qui a bien vécu, à crédit, en endettant sa descendance pour des décennies.

Mais d’un point de vue environnemental, Greta distribue les leçons de morale à la génération qui a pris conscience la première du réchauffement climatique, et qui la première a engagé des mesures pour lutter contre. Elle s’adresse à la génération qui a su comprendre et solutionner la gestion des CFC qui causaient le trou dans la couche d’ozone, et qui est refermé depuis. Elle s’adresse à la génération qui prend le mieux soin de ses sols, de ses ressources, de ses forêts…

C’est aussi, aux USA et en Europe, la première génération à avoir su concilier croissance économique et réduction des émissions de gaz à effet de serre. C’est la génération du protocole de Kyoto et des accords de Paris.

Attaquer cette génération c’est lui faire un procès injuste. Et ce sentiment d’injustice est renforcé par l’action juridique engagée par Greta Thunberg et 15 autres mineurs contre cinq pays pollueurs ayant ratifié la convention de l’ONU sur les droits de l’enfant. (France, Allemagne, Argentine, Brésil et Turquie).

La France, dont la taxe carbone est une des plus élevées du monde, et dont le nucléaire garantit des émissions de CO2 par habitant parmi les plus faibles de la planète, se retrouve ainsi sur le banc des accusés, tandis que des pays qui n’avaient pas ratifié le texte de l’ONU comme les USA, ou qui polluent de manière endémique comme la Chine ou l’Inde, ne sont pas inquiétés. Voilà une action symbolique que son caractère injuste et ridicule rend contre-productive pour la cause que Greta Thunberg souhaite défendre.

Des positions d’extrême-gauche incohérentes

Les discours de Greta Thunberg sont généralement riches en reproches, mais pauvres en solutions. Ilssont surtout teintés d’écologisme radical, proches des discours d’extrême-gauche, et réitèrent éternellement les mêmes erreurs malthusiennes et luddites. 

Cet écologisme d’extrême-gauche a pourtant montré depuis longtemps ses incohérences, en soutenant qu’il fallait écouter l’expertise des scientifiques sur le réchauffement climatique, mais pas sur le glyphosate par exemple. Ou encore en pestant contre les émissions de CO2, mais en luttant en même temps contre le nucléaire qui est l’énergie la plus propre avec l’hydroélectrique. (Avec pour résultat, comme le rappelle le docteur Alexandre, que 86% des 18-24 ans pensent à tort que le nucléaire émet du CO2).

Que dire du reste de cette gauche qui vante des taxes carbone étouffant les plus pauvres de leurs compatriotes ?

Siffler la fin de la récréation

Cette histoire a assez duré.

La place des enfants de 16 ans est à l’école. A cet âge, on y apprend ce qui se passe quand on laisse engager des solutions radicales sous le coup de la panique. Cette panique que Greta Thunberg appelait de ses vœux à Davos, mais dont rien de positif ne peut émerger. 

Plus personne de sensé ne nie le réchauffement climatique aujourd’hui, ni son origine anthropique. Mais il est hors de question de prendre des décisions sous le coup de la panique. L’Occident n’a pas encore totalement succombé aux ravages de la postmodernité, et les valeurs modernes de croyance en la science, à la rationalité et au progrès, s’y appliquent toujours. Ces valeurs modernes restent un modèle dans la majeure partie des grands pays de ce monde, et c’est par elles que nous relèverons le défi climatique.

A 16 ans surtout, on n’a pas connu les horreurs du passé. Face à Greta à l’ONU, quelques-uns avaient souffert du nazisme, plus encore avaient souffert du communisme, et d’autres souffrent toujours de l’islamisme. Ces gens savent comment un totalitarisme s’installe. Ces gens savent au fond d’eux que les pires régimes de l’histoire vantaient tous l’intérêt général au-dessus de l’intérêt particulier. Ces gens savent au fond d’eux, où peuvent mener des décisions prises sous le coup de l’émotion et de la peur.

L’écologisme n’est pas un totalitarisme.Mais sa consanguinité avec l’extrême gauche, la nécessité de le faire appliquer par un Etat omniprésent et centralisateur, sa façon de s’imposer par des discours irrationnels et apocalyptiques, et le caractère radical et liberticide des solutions qu’il propose, incitent à le surveiller de près et ne pas tolérer ses dérives.

La génération que Greta attaque a connu le XXe siècle, qui a été un siècle de combats dévastateurs et de révoltes terribles pour la liberté. Cette génération ne tolèrera pas que ces libertés, si chèrement acquises, soient de nouveau menacées au nom d’une nouvelle idéologie à la rationalité et aux méthodes douteuses. Et c’est tant mieux.

Mais la génération qui vient saura-t-elle sauvegarder ces libertés ? 

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