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Arnaud Montebourg.
Arnaud Montebourg.
©Reuters

Agitation stérile

Montebourg : un chien dans le jeu de quilles de l'industrie française

Le patriotisme gouvernemental ne se limiterait-il qu'aux fameux tee-shirts rayés du ministre du Redressement productif ? Car, rappelons-le, lorsqu'il a fallu acheter un TGV en 2010 pour l'Eurostar, filiale de la SNCF, l'Etat a choisi... Siemens !

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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La tirade d'Arnaud Montebourg hier, accusant à la tribune de l'Assemblée nationale Patrick Kron de lui faire des cachotteries, laisse pantelant.

Il faut se souvenir, entre autres, que lorsqu’Arnaud Montebourg a voulu se mêler de la santé d'Alstom il y a plusieurs mois, car les ventes en France étaient inférieures de 5% par rapport aux autres pays (cherchez pourquoi !) le ministre a pris l'initiative personnelle de faire faire une étude confiée à un consultant extérieur ! Il se faisait du souci pour Alstom...

Il fallait être inconscient pour penser que l'indispensable confidentialité dans de telles circonstances serait respectée... et bien entendu, cela a "fuité" ! Ce genre de fuite peut avoir de très graves conséquences à la fois sur la confiance, sur les tractations commerciales, le moral de l'interne et la cotation boursière.

La conséquence ne s'est pas faite attendre : le cours de bourse a perdu instantanément 10% !!!

Il fallait être un ministre français pour adopter un tel comportement.

Le groupe évidemment a dû affronter l'inquiétude de ses grands clients et des lettres d’actionnaires étonnés (dont la mienne !) ; voilà de quoi perturber fortement le fonctionnement de l'entreprise sous le feu des médias (rappelez-vous)…

L'agitation d'Arnaud Montebourg est d'autant plus dangereuse qu'il accuse, montre du doigt, joue sur toutes les cordes des violons de la démagogie. Dommage ! Car par ailleurs l’homme est sympathique, mais il contribue à une anti-pédagogie économique sur un pseudo protectionnisme. Cette agitation inquiète l’étranger, le monde entrepreneurial et n'a aucune incidence positive sur le cours de choses. Cela devient une habitude. Cette agitation stérile crée un climat désastreux, nocif pour le gouvernement.

Un patriotisme qui se limiterait aux tee-shirts rayés ? Car lorsqu'il a fallu acheter un TGV en 2010 pour l'Eurostar, filiale de la SNCF, l'Etat a choisi Siemens ! (Un marché d'un milliard d'euros). Et pourquoi pas, c'est la règle d'une économie libre, mais il faut avoir une ligne de conduite et s'y tenir. Rappelons aussi qu'Alstom, qui est l'objet de la colère gouvernementale, embauche 1500 personnes par an et va construire 4 usines sur la filière éolienne en France et ce pour la première fois depuis 50 ans... N'en parlons pas, c'est positif !

Le président Obama doit être un peu étonné de cet ostracisme envers General Electric après le signal donné, bras ouverts, par François Hollande aux investisseurs étrangers depuis les USA il y a à peine quelques semaines.

On comprend que le mot d'ordre des grands patrons et de leurs Conseils d'Administration soit surtout de se protéger de leur Ministre du redressement personnel, quitte d'ailleurs à moins communiquer en interne... Un syndrome Montebourg est-il en train d’apparaître ?

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