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Le dernier sondage en date donne Marine Le Pen en tête d’un premier tour des présidentielles.
Le dernier sondage en date donne Marine Le Pen en tête d’un premier tour des présidentielles.
©REUTERS/Philippe Wojazer

La fleur au fusil

Marine Le Pen en tête au premier tour ? Le contraire aurait été surprenant…

La présidente du Front national poursuit son petit bonhomme de chemin. Et maintenant ce n’est plus un chemin, mais un boulevard.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Le dernier sondage en date donne Marine Le Pen en tête d’un premier tour des présidentielles. Avec 26% des intentions de vote, elle distance légèrement Nicolas Sarkozy (25%) et écrabouille François Hollande (17%). Et c’est logique. Des sociologues et des politologues – tous gens très avisés – se penchent sur cette progression et émettent des diagnostics à peu près aussi pertinents que ceux du docteur Diafoirus. La montée du chômage et de la précarité, la défiance vis-à-vis de l’Europe de Bruxelles et de la mondialisation, les fermetures d’usines ou leur délocalisation. Il y a du vrai dans ce qu’ils susurrent. Mais le vrai n’est pas toute la vérité.

Si Marine Le Pen monte, c’est parce qu’à Roquemaure, deux bandes rivales se sont affrontées à coup de barres de fer. Des " jeunes ". Un journal avait titré : " Rixe de village ". Et la France entière s’esclaffe puisqu’elle a, instinctivement, mis des noms et des visages sur ces garnements juste – n’est-ce pas ? – un peu turbulents.

Si Marine Le Pen monte c’est parce que dans l’Isère, un jeune client a été froidement abattu par deux " jeunes " qui braquaient un bureau de tabac. On connaît l’identité du jeune qui a été tué mais pas celles des " jeunes " assassins. Et le bon peuple, spontanément, n’a aucun mal à la trouver même si c’est peut-être à tort.

Si Marine Le Pen monte c’est que la France entière a vu les images des violents incidents qui, à Trappes, ont suivi le contrôle d’une femme en burka. Les images ne mentent pas.

Si Marine Le Pen monte, c’est que nul n’a pu ne pas voir les scènes d’émeutes (antijuives) de Sarcelles, de la République, de Barbès. Il n’est pas sûr que les Français soient dévorés de passion pour le conflit israélo-palestinien. Mais ils ont vu qui étaient les émeutiers. Des " jeunes ".

Si Marine Le Pen monte, c’est qu’ils ont vu, lors de ces manifestations, flotter les drapeaux verts de l’Islam et les drapeaux noirs du jihad. Si Marine Le Pen monte, c’est que les Français n’ignorent rien des tueries perpétrées sous les mêmes drapeaux en Syrie, en Irak, au Nigeria, au Pakistan, en Afghanistan.

Comme ils ne disposent pas des précieux outils des sociologues et des politologues, ils amalgament – comment ne pas les comprendre ? – tous ces évènements. Et contrairement au kaléidoscope, ça donne toujours la même image. Un gigantesque, hexagonal et planétaire, contrôle au faciès. Marine Le Pen leur répond d’un seul mot : " immigration ". Et ils l’entendent.

La faute à qui ? Aux immigrés ? Non. On n’est pas coupable parce qu’on est immigré. On est coupable quand on tue. Quand on casse. Quand on vole. On est coupable quand – gouvernements et médias réunis – on s’obstine à désigner la France, colonisatrice, raciste, comme coupable. On est coupable quand, comme Nicolas Sarkozy voulant satisfaire la gauche, très ingrate à son égard, on abolit la double peine qui prévoyait l’expulsion des délinquants étrangers dès leur sortie de prison. Répétons-le, on n’est pas coupable d’être immigré. Mais un immigré est un coupable comme un autre.

Il convient maintenant de terminer sur une note un peu plus ludique : le sondage cité est paradoxalement satisfaisant pour Hollande. En effet, aucun candidat de gauche (y compris Manuel Valls) ne ferait mieux que lui : 17% ! Ce brave président est mort. Mais comme il craint la solitude dans sa tombe, il a aussi tué la gauche.

Et n'oubliez pas : le A-book de Benoît Rayski, Le gauchisme, cette maladie sénile du communisme, est toujours disponible à la vente sur Atlantico éditions

Le gauchisme, cette maladie sénile du communisme

 

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