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"Je suis choqué par le fait de se mettre à genoux et prier le chapelet..."
"Je suis choqué par le fait de se mettre à genoux et prier le chapelet..."
©Flickr/Wall in Palestine

Au nom du père

Non, les catholiques qui manifestent contre Golgota Picnic ne sont pas tous intégristes

Ce jeudi soir, se jouait la première de la pièce Golgota Picnic au Théâtre du Rond-Point de Paris. A Toulouse, des manifestants catholiques intégristes avaient perturbé les représentations. A Paris, des intégristes menés par Civitas étaient présents, mais aussi des catholiques qui ne voulaient pas se voir assimilés à ce mouvement. Le blogueur Koz était parmi eux.

 Koz

Koz

Koz est le pseudonyme d'Erwan Le Morhedec, avocat à la Cour. Il tient le blog koztoujours.fr depuis 2005, sur lequel il partage ses analyses sur l'actualité politique et religieuse

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Atlantico : Vous étiez ce jeudi soir devant le théâtre du Rond-Point où se jouait la pièce Golgota Picnic, comment s'est passé la soirée pour vous ?

Koz : Je n’ai pas vu la pièce, il y a des limites à ce que je veux bien m’imposer. J’ai suivi les avis d’un certain nombre de personnes qui l’ont vu et qui l'ont estimée plutôt médiocre et ridicule.

Pourquoi y êtes-vous allé ?

J'ai voulu être solidaire de ceux qui se sentent davantage blessés que moi. Il me semblait important de montrer un autre visage du catholicisme que Civitas. Je voulais aussi montrer qu’il y avait une manière sereine et paisible de réagir sans aucun dérapage, sans travestir la prière et notamment le chapelet en arme de manifestation. Je suis choqué par le fait de se mettre à genoux et prier le chapelet pendant une manifestation. Pour moi c’est totalement incohérent, on ne peut pas prier dans une ambiance de manifestation, une prière ce n’est pas ça. Ces réactions ne me convenaient pas, elles s’associent en plus à une coloration politique qui n’est pas la mienne.

Je voulais montrer que la réaction de Civitas ne résumait pas la réaction des catholiques car c’est la réaction d’un groupuscule qui est lefébvriste donc pas en pleine communion avec l’Église : il ne sont toujours pas réintégrés dans l’Église et en plus ils sont proches du Front National. Il y a donc beaucoup d’exaspération de nous voir assimilés à des gens qui ne sont même pas dans l’Église.

Comment s'est passée la cohabitation avec eux devant le théâtre ?

Il n’y a pas eu de cohabitation et c’était volontaire. Nous nous sommes dispersés à 19h alors que ceux de Civitas partaient de Saint-Nicolas-du-Chardonnet à 18h30 ou 19h30 donc nous nous sommes croisés. C’était volontaire pour éviter qu’on nous assimile et pour éviter qu’il y ait des tensions avec eux, c’était peu probable mais pas impossible. Dans ce groupe Civitas qui recrute largement, il n’y a pas que des catholiques, il y a aussi un tas de petits groupuscules d’extrême droite qui viennent là dans l’espoir qu’il va y avoir un peu de castagne.

Que pensez-vous du traitement médiatique de ces manifestations ?

Je regrette que l’AFP dise que les appels au calme de Jean-Michel Ribes ont été entendus. Nous n'avons pas attendu Jean-Michel Ribes pour décider de réagir dans le calme. Quand je vois qu’il dit qu’il appelle au dialogue, je suis étonné car quand on veut initier le dialogue, on ne commence pas par cracher au visage des gens, c’est un peu facile.

Je pense qu’il va falloir affiner des choses dans notre façon de réagir et de communiquer. Là il n'était pas évident de faire passer le message qu’il y avait deux démarches différentes. Je ne crois pas que ce soit un parti pris des médias. Civitas est hyper militant et va trouver d’autres occasions de faire la même chose.

En tant que catholiques ordinaires, il faut que nous trouvions la note juste. C’est très difficile car on risque de tomber dans deux pièges : le piège de la provocation gratuite de certains artistes qui savent que ça marchera toujours de cogner sur le Christ, ça fait venir des visiteurs. Le deuxième piège, c’est le piège de Civitas dont un des objectifs est de se poser en défenseur du Christ et de gagner une légitimité de ce côté-là et de mettre en porte-à-faux le reste de l’Église en disant qu’ils n’ont pas le courage de réagir. Cela déstabilise beaucoup de chrétiens.

Propos recueillis pas Marine Tertrais

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