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Lutte contre le chômage : quel candidat osera-t-il dénoncer la rigidité du marché du travail ?
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EDITORIAL

Lutte contre le chômage : quel candidat osera-t-il dénoncer la rigidité du marché du travail ?

Le nombre de demandeurs d’emploi atteint 2,8 millions de personnes soit 16 600 de plus qu’en février. Et ce n'est pas les accords compétitivité-emploi de Nicolas Sarkozy ou le contrat de génération de François Hollande qui pourraient fondamentalement changer la donne.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Parent pauvre de la campagne électorale, le chômage revient en force sur le devant de la scène à quelques jours du deuxième tour de l’élection présidentielle. Les derniers chiffres publiés pour le mois de mars n’annoncent aucun ralentissement dans les pertes d’emploi, pour le onzième mois consécutif avec 16 600 demandeurs supplémentaires, concernant désormais 2 884 500 personnes. Avec la décélération de l’économie européenne qui se poursuit, les prévisions restent sombres et les experts annoncent que la barre des trois millions de chômeurs sera franchie avant la fin de l’année. Une accélération pourrait même se produire à court terme d’ici l’été, avec la crainte d’une multiplication des plans de suppression de postes qui auraient été différés pendant la période électorale.

Face à cette évolution, on note un certain flottement chez les candidats. Le sentiment qui prévaut est celui de la poursuite du bricolage à l’œuvre depuis des décennies sans oser aborder les problèmes de fond. Tout le monde a pu observer que les dispositifs en faveur des jeunes ont toujours échoué et qu’aujourd’hui un jeune sur trois seulement aborde le marché du travail avec un contrat à durée indéterminée, la précarité restant la loi pour les deux tiers des moins de 25 ans.

Les accords compétitivité-emploi de Nicolas Sarkozy ou le contrat de génération de François Hollande ne suscitent guère d’enthousiasme. Depuis le début de la crise, on a colmaté, mais pas vraiment réformé. On n’ose pas s’attaquer au problème clé, dénoncé régulièrement par les organismes internationaux comme l’OCDE, celui de la rigidité du marché du travail, qui assure une protection forte des personnes en place, mais freine l’entrée des nouveaux venus, alors que l’évolution de l’économie mondiale implique plus de souplesse et de flexibilité. Le salaire minimum identique pour tous représente aussi un obstacle à l’embauche, car il faudrait là aussi éviter le dogmatisme, en, le modulant en fonction des activités, des branches ou des régions comme cela se pratique dans la plupart des pays.

Un sentiment profond domine en France, où la fonction publique tient une place prépondérante, qu’il faudra une fois de plus faire appel à l’Etat pour revitaliser l’économie, avec son cortège de réglementations et d’impôts nouveaux. François Hollande évoque une taxe « sur les machines », en clair l’investissement, qui évoque la défunte taxe professionnelle.

On voit réapparaitre l’idée de l‘autorisation administrative de licenciement pour peser sur les statistiques du chômage.

Alors que l’Etat devrait d’abord se pencher sur lui-même, cesser de vouloir s’occuper de tout pour remettre de l’ordre dans sa gestion, revenir à ses activités régaliennes et créer un environnement favorable aux entreprises. Une croissance artificielle financée essentiellement par la dépense publique ne serait qu’un feu de paille, qui ne ferait qu’aggraver le problème de la dette.

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