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Les frasques sexuelles occidentales
vues du Proche-Orient
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Scandales sexuels

Les frasques sexuelles occidentales vues du Proche-Orient

Alors que la presse occidentale déchaîne ses passions à chaque nouvelle « affaire » sexuelle, quel regard les médias arabes portent-t-ils sur les mœurs sexuelles de nos dirigeants ? Qu'en est-il des leurs ?

Samir Tuéni

Samir Tuéni

Samir Tuéni est correspondant du journal arabophone libanais An-Nahar en France, et secrétaire général du Club Presse Arabe.

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Atlantico : Quelle est la vision de l'opinion arabe sur les frasques sexuelles de nos hommes politiques ?

Samir Tuéni : Il ne faut pas sous-estimer la spécificité des situations sociales. De la même façon qu'il y a des différences de base entre sociétés américaine et française en ce qui concerne la sexualité des hommes politiques et la valeur du serment, la sociologie est également tout à fait différente dans différente dans le monde arabe. Le musulman a plusieurs façons de régler ses « pulsions » et d'éviter les problèmes qui se posent à certains hommes de pouvoir. D'une part, il peut avoir plusieurs femmes en même temps. D'autre part, même la religion permet d'avoir accès à certaines « facilités » : dans certains cas bien cas bien précis, il peut y avoir des « mariages de convenance » qui ne durent seulement quelques heures, pour les très religieux qui ne veulent pas briser la règle du « pas de sexe avant le mariage ».

Quel regard porte-t-on sur la violence liée au pouvoir dans le monde arabe ?

La violence n'est admise dans aucun cas. Elle ne peut d'ailleurs l'être dans aucune société, et elle est punie d'une façon ou d'une autre.

Au Moyen-Orient, il y a encore des crimes d'honneur : vous pouvez tuer ceux qui abusent de membres de votre famille et bénéficier de la clémence de la justice.

Mais cela n'exclut pas que, dans les hôtels de pays relativement ouverts, des choses arrivent, comme partout dans le monde, contre un certain montant d'argent. C'est plus difficile dans les pays plus fermés, où il est interdit de communiquer de chambre à chambre dans un hôtel, où les femmes ne travaillent pas... il est plus difficile de pouvoir les harceler.

Il n'en demeure pas moins qu'en général, au Moyen-orient, la femme a comme ailleurs peur d'avouer avoir été harcelée ou forcée.

Comment la presse arabe a-t-elle traité l'affaire DSK ?

Assez sobrement. Les télévisions satellitaires et les radios arabes n'ont pas trop exagéré, car la sexualité reste un peu taboue au Moyen-orient. Il y a bien des journaux qui se permettent certaines libertés, mais quand ils dépassent les limites, ils sont interdits de distribution. La presse quotidienne a traité l'affaire très objectivement, en rapportant les faits, mais en s'éloignant des pulsions affectives qu'il y a avait d'un côté ou d'un autre de l'Atlantique.

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