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Qui succédera à Barack Obama ?
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©Reuters

Money money money

Les enjeux économiques de l'élection américaine

L'élection américaine, mais le show de la campagne vient de débuter, pour savoir qui remplacera Barack Obama en 2016.

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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Pendant les prochains dix-huit mois nous entendrons souvent parler de l'élection américaine, dont la campagne vient de commencer, et qui se terminera en novembre 2016.

Quels sont les enjeux économiques ?

Pour résumer : pas grands. Et c'est tant mieux.

Il ne faut pas oublier qu'aux Etats-Unis, et c'est parfois difficile à comprendre pour les français habitués à notre monarchie républicaine, la Constitution prévoit la séparation des pouvoirs. Le président ne peut pas passer de lois sans le Congrès. Et ledit Congrès, même s'il est de la même majorité, a néanmoins ses propres intérêts—les membres du Congrès ne sont pas des godillots, ils sont eux-mêmes responsables devant leurs électeurs, et il n'y a pas d'équivalent de notre 49-3.

Le gouvernement des Etats-Unis a aussi une séparation verticale des pouvoirs, entre l'Etat fédéral et les états locaux. Il m'arrive souvent dans une conversation qu'on me demande “Et pour tel truc, il font comment aux Etats-Unis ?” Et la réponse “Ca dépend” passe mal. En France, on n'imagine pas que—par exemple—le système scolaire pourrait varier selon les régions, ou le milieu urbain ou rural. En France tout est décidé par le ministère de l'Education nationale. Aux Etats-Unis, tout est décidé au niveau local, et l'équivalent du ministère de l'Education nationale n'a qu'un pouvoir indirect d'influence à travers les subventions qu'il peut distribuer ou certains standards qu'il établit.

La Constitution des Etats-Unis est faite pour empêcher les changements radicaux. Il y a donc fort à penser que, qui que soit le prochain président des Etats-Unis, l'économie américaine fera ce qu'elle fera, mais que le résultat ne changera pas grand'chose.

Et pourtant... Et pourtant, ce n'est pas tout.

Car si le président des Etats-Unis n'est pas un monarque, il a quand même un vrai pouvoir, et une vraie influence. Et les présidents nouvellement élus disposent le plus souvent d'une période de grâce où ils peuvent faire passer par le Congrès des législations assez ambitieuses, comme ce fut le cas de la réforme de santé de Barack Obama ou des réformes fiscales et de l'éducation de George W. Bush.

Et ce d'autant plus qu'en ce moment, les Etats-Unis sont à une période charnière. Le modèle américain a toujours été caractérisé par plus de sympathie pour le capitalisme, et sa destruction créatrice. Les différences sont parfois éxagérées—les Etats-Unis ont aussi leur Etat-providence...—mais elles sont néanmoins érelles.

Mais depuis dernières années, le contrecoup de la crise financière, le vieillissement de la population, et les changements démographiques du pays qui favorisent la gauche rendent beaucoup plus crédible l'idée d'une “option social-démocrate” aux Etats-Unis. Cela semble être le pari d'Hillary Clinton qui, après des décennies de centrisme, fait aujourd'hui campagne comme candidat fermement à gauche.

Les Etats-Unis sont une des dernières économies développées à laisser un rôle important à la destruction créatrice dans leur économie. Et force est de constater que cela a créé de vrais mouvements en faveur de l'innovation, comme on le voit dans les nouvelles technologies ou la fracturation hydraulique, où les Etats-Unis sont très loin devant les autres pays.

Aujourd'hui cette option est réellement remise en question. Si c'est le cas, il se pourrait que, en quelque sorte, l'élection de 2016 soit, plus que les autres, une élection pour l'âme des Etats-Unis.

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