Les 5 plus grosses absurdités politiques et démocratiques proférées par le PS pendant l’entre-deux-tours | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
France
En faisant "courir aux habitants d’Avignon, cette ville de culture, le risque de tomber entre les mains du FN", l'UMP a "perdu son âme". (Najat Vallaud-Belkacem ci-dessus en photo, 24 mars)
En faisant "courir aux habitants d’Avignon, cette ville de culture, le risque de tomber entre les mains du FN", l'UMP a "perdu son âme". (Najat Vallaud-Belkacem ci-dessus en photo, 24 mars)
©Reuters

Sérieusement ?

Les 5 plus grosses absurdités politiques et démocratiques proférées par le PS pendant l’entre-deux-tours

Les cadres socialistes n'ont pas manqué de mots pour tenter de dramatiser les quelques succès rencontrés par le Front national au premier tour des municipales. Revue.

RDV Revue de presse : Brad Pitt volage et Hollande sur la plage...

Benoît de Valicourt

Benoît de Valicourt s’inscrit dans la tradition du verbe et de l'image. Il travaille sur le sens des mots et y associe l'image réelle ou virtuelle qui les illustre. Il accompagne les acteurs du monde économique et politique en travaillant leur stratégie et leur story-telling et en les invitant à engager leur probité et leurs valeurs sur tous les territoires. 
 
Observateur de la vie politique, non aligné et esprit libre, parfois provocateur mais profondément respectueux, il décrypte la singularité de la classe politique pour atlantico.fr et est éditorialiste à lyonmag.fr
Voir la bio »

"Monsieur Fillon préfère quelques places et le FN à la tête d'une ville plutôt que l'honneur républicain" (David Assouline, porte-parole du PS, 27 mars)

Benoit de Valincourt : David Assouline parle d’honneur républicain, mais c’est quoi l’honneur républicain ? Une certaine dignité morale de la République ? Mais cela ne fait-il pas bien longtemps que la République a perdu toute dignité morale à cause de la corruption, des affaires de mœurs, des mensonges et de la médiocratie des élites ? Il semble que Monsieur Assouline, en tant que porte-parole du PS, se positionne davantage en porte-parole de la morale socialiste qui se traduit par « faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais » et oublie bien volontiers que la première percée significative du FN a eu lieu en 1986 à l’Assemblée nationale par la volonté de François Mitterrand.

Mais lorsqu’il s’agit de l’icône de la gauche, il ne peut y avoir de contestation de l’honneur républicain puisque la gauche incarne et l’honneur et la République ! Soyons sérieux Monsieur Assouline, quand le FN progresse au détriment de l’UMP, il n’y a pas d’enjeu républicain, quand le FN met à mal les acquis électoraux socialistes, c’est une atteinte à l’honneur républicain. Mais c’est vrai que David Assouline est un historien engagé et qu’il a un devoir de mémoire, d’ailleurs il était très présent en 1983 pour la marche des beurs, mais curieusement moins engagé contre François Mitterrand et l’introduction de la proportionnelle aux législatives de 1986 peut-être parce que le scrutin proportionnel est le plus démocratique sauf bien sûr quand les résultats ne sont pas « républicains » !

En faisant "courir aux habitants d’Avignon, cette ville de culture, le risque de tomber entre les mains du FN", l'UMP a "perdu son âme" (Najat Vallaud-Belkacem, 24 mars)

Ah, la culture et la gauche, une longue histoire d’amour, une passion devrions-nous dire qui a favorisé l’éclosion de tant d’artistes, d’intellectuels qui ont changé le monde ! La culture c’est comme l’écologie, c’est chasse gardée, il faut être de gauche pour incarner le monde artistique et l’homme dans son environnement naturel. Alors, si Avignon, par la volonté de ses habitants, devenait une ville frontiste, il ne pourrait plus y avoir de festival financé à 60% par l’argent public, donc par les impôts des avignonnais, ces derniers seraient punis d’avoir mal voté, seraient interdits de spectacle parce qu’ils ne peuvent rien y comprendre n’étant pas de gauche ! J’espère sincèrement que Najat Vallaud-Belkacem ne pense pas une seconde ce qu’elle a dit mais qu’elle est dans son rôle de porte-parole du Gouvernement, garante du respect de la propagande officielle annihilant la liberté de penser.

"Ce premier tour est un mauvais tour pour ma conception de la démocratie" (Claude Bartolone, 24 mars)

La conception de la démocratie de Claude Bartolone est inquiétante pour ne pas dire dangereuse. La démocratie pour le Président de l’Assemble nationale est forcément l’expression de ses idées. Avant la chute du mur de Berlin, on appelait cela la démocratie populaire et s’il y avait plusieurs partis, ils étaient tous rattachés à un grand parti dont le nom variait en fonction des pays, finalement un peu comme le Parti Socialiste et ses partis satellites (EELV, PCF, Front de Gauche, Radicaux, …) qui gouvernent ensemble au nom du peuple et pour le peuple. C’est donc cela le Front Républicain, une sorte de front démocratique et populaire. Claude Bartolone est l’héritier d’une gauche dogmatique, parfois intolérante et toujours arrogante.

"Je ne me vois pas travaillant avec une mairie Front National. Cela me semble tout à fait inimaginable. Donc je pense qu'il faudrait partir. Il n'y aurait aucune autre solution" (Olivier Py, directeur du festival, 24 mars)

C’est curieux, Monsieur Olivier Py ne se voyant pas travailler avec une mairie Front National décide que le Festival qu’il dirige devra quitter Avignon plutôt que de se poser légitimement la question de sa démission alors que « son » festival est financé comme nous le disons plus haut à 60 % par les deniers publics ! Non, le festival d’Avignon n’appartient pas à Monsieur Olivier Py, il appartient à la France et aux contribuables et si le choix des électeurs ne convient pas à Olivier Py rien ne l’empêche de proposer ses services à Martine Aubry pour gérer la grande braderie de Lille !

Il semble que Madame Aurélie Filippetti soit plus nuancée que sa collègue du Gouvernement Najat Vallaud-Belkacem et qu’elle soit plus pragmatique et moins dogmatique dans ses raisonnements. Olivier Py, aussi brillant soit-il, est décevant dans cette prise de décision à l’emporte-pièce ; a-t-il voulu plaire au pouvoir en place ? Toujours est-il qu’à travers cet excès de zèle, il ne donne pas l’image de l’homme engagé qu’il a été contre la guerre en Bosnie ou pour le mariage gay. Si demain Avignon est géré par le Front National, Olivier Py pourrait rentrer en « résistance » et montrer que la culture peut être un lien formidable entre les hommes et une tribune exceptionnelle pour les idées. S’il fait le choix de partir, je l’invite à écrire une nouvelle pièce, Pis que couard !

"Si le Front national apparaît à certains comme une solution alors qu'il n'a jamais, jamais été une solution, c'est parce que la droite a banalisé ses idées de division, d'opposition et de repli sur soi. Quand j'entends ce soir M. Copé qui explique qu'il ne fera pas jouer le front républicain, qu'il laissera un Front national gagner et qu'il n'appellera pas à voter socialiste, je me dis que la droite n'a plus rien à voir avec le gaullisme" (Martine Aubry, 23 mars)

Martine Aubry a peur, le peuple lui fait peur, elle vient de comprendre que la France a changé et qu’à force de ne plus être en phase avec l’électorat populaire, le Parti Socialiste est devenu un parti de bonnes consciences. Même Henri Emmanuelli reconnaît que l’électorat populaire ne vote plus depuis longtemps pour le PS et qu’aujourd’hui l’électorat de la classe moyenne tend à s’éloigner. Il faut donc avoir les moyens pour être socialiste et ce n’est pas donné à tout le monde en période de crise où chacun a tendance à se replier sur soi et à oublier les grandes valeurs altruistes de la gauche progressiste. Martine Aubry le sait et accuse l’UMP de ne pas jouer le front républicain pour masquer sa responsabilité.

Bien sûr, le FN n’est pas la solution aux problèmes de la France, il n’a d’intérêt que de poser les vrais problèmes de façon décomplexée, d’être un épouvantail permettant aux socialistes et à l’UMP d’assurer l’alternance politique et d’offrir aux Français un peu de sensations fortes comme quand on monte dans un train fantôme pour se faire peur tout en sachant qu’on ne risque rien. Le gaullisme n’a rien à voir avec tout cela Madame Aubry : à l’époque du Général de Gaulle, il n’y avait pas de Front National car il n’y avait pas d’espace politique pour ce type de parti. Depuis plus de 20 ans, toutes les conditions sont réunies pour que le FN se développe, depuis plus de 20 ans, la droite et la gauche n’apportent pas les réponses qu’attendent les Français et depuis plus de 20 ans, la nature ayant horreur du vide, le FN s’est installé dans la brèche que la société française a creusé. Madame Aubry, peut-être pourriez-vous aller à Hénin-Beaumont demander à ses habitants pourquoi ils ont voté FN alors que la ville était gérée par la gauche depuis 1945, je crois que ce n’est pas très loin de Lille !


 

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !