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Steeve Briois.
Steeve Briois.
©Reuters

Front commun

Le vote FN : un épouvantail nécessaire ?

Le Front national semble être la seule issue qu'il reste aux Français pour exprimer leur désaccord. Pourtant, ils n'adhèrent pas forcément aux idées d'extrême droite.

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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Le Front National est le seul moyen qui reste aux Français pour montrer leur désaccord et le sentiment de révolte. Un nécessaire épouvantail qui en proposant de mauvaises réponses posent souvent de vraies questions ; 4,65% des suffrages exprimées l’ont été pour le "Front National", ces Français ne sont ni tous des racistes haineux, ni des économiquement attardés, ni de mauvais citoyens, doivent-ils être bannis ?

Continuer de les rejeter en prétendant élever contre eux un pseudo "Front Républicain" dont personne ne connait la véritable signification, est contre-productif. Il faut savoir entendre, écouter et réfléchir, ce qui ne veut pas dire adhérer aux mêmes thèses. Contre cela, le Parti socialiste va-t-il continuer à nous imposer le slogan "des forces de progrès" qui de fait, incarnent une idéologie absolument contradictoire, le fameux progrès se résumant à une spoliation revendiquée au nom du partage assorti d’un baba cool sécuritaire.

On est sidéré par l’incroyable incapacité de nos élus (et non élus) politiques à inventer un autre discours, à regarder l’avenir, à assumer des propos qui ne seraient pas convenus. Le spectacle du show TV post électoral fut navrant comme il l’est régulièrement. Tous trouvent de quoi "se féliciter" dans la défaite ou dans la victoire, on assène les mêmes poncifs, on vitupère contre les mêmes ennemis, personne ne bouge d’un iota, réfléchir serait franchir la ligne Maginot. On n’est pas autorisé non plus à comprendre le vote FN sauf à être accusé d’en être le responsable politique ou le soutien (ce qui me pousse à préciser qu’en aucun cas je n’adhère à ce que le Front National peut développer comme argumentation, comme projet de société et de développement économique). Toutefois, il faut remercier les électeurs, sans eux la France risquerait une véritable révolution, plus grave. En effet, le rejet d’une certaine gouvernance et d’une pseudo tolérance insupportable car elle excuse le laxisme et l’équivalence morale sur tous les sujets est de plus en plus violente. Tant que les Français se servent des bulletins de vote pour s’indigner, réjouissons-nous ; la seule abstention n’est pas suffisante pour marquer ce qui s’apparente au dégoût. L’injustice n’est pas celle contre laquelle il est de bon ton d’aboyer, les "pauvres" ne sont plus ceux que l’on désigne et que l’on assiste, le racisme est partout y compris celui envers nos compatriotes. La désignation de l’argent et de la finance comme ennemi public numéro un n’a fait que nous ruiner et tuer l’ambition de réussir en France. La mollesse socialiste a cassé notre colonne vertébrale, sa seule ligne ferme est celle d’une fiscalité punitive. Alors même si l’on ne se reconnait en rien dans le FN, certains se satisfont discrètement "qu’ils fassent le boulot !".

La vraie crainte à avoir c’est la leçon que le Gouvernement va tirer de ces élections, tiraillé comme il l’est à hue et à dia ; certains vont crier que la politique du Gouvernement n’a pas été assez "à gauche" alors que c’est de cela que nous mourrons lentement (pas si lentement que ça) ; d’autres vont penser que le pays n’est pas assez "vert" (d’un mauvais vert punitif et idéologique), d’autres vont tacler la rigueur (quelle rigueur ?!) et ceux qui voudraient un tournant assumé du Président de la République vont courir aux abris pour ne pas être condamnés publiquement pour traitrise. Alors, que le FN gère quelques municipalités n’est pas vraiment le problème si cela tire la sonnette d’alarme. Quant à demander aujourd’hui à ceux que l’on insulte depuis 20 mois, de voter PS pour faire barrage… je doute que cela soit fait avec le même élan que celui du 21 avril 2002

Alors, courage ! Ne fuyons pas. C’est la fuite qui est dangereuse pas la vérité.

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