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Le tueur de Colombes : de la haine des Juifs à la haine des flics…
©FRANCK FIFE / AFP

Il a muté

Le tueur de Colombes : de la haine des Juifs à la haine des flics…

L’évolution de Youssef Tihlah, 26 ans, est très instructive.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Le 27 avril dernier, il avait fauché trois flics à Colombes avec sa voiture. Il fut arrêté et on découvrit qu’il avait fait allégeance à Daech : sa profession de foi était écrite sur un formulaire d’attestation de sortie pendant le confinement ! Un signe évident de radicalisation.

Rien apparemment ne l’avait laissé prévoir. Pourtant il n’était pas inconnu des services de police. En 2014, il avait été interpellé pour outrage à agents. Il s’était alors écrié « Vive Hitler ! ». On pouvait en déduire qu’il haïssait les Juifs. Son propos était radical mais pour autant il n’était pas radicalisé.

Les flics furent agréablement surpris par son « Vive Hitler » ! Ca les changea de l’habituel et sempiternel « Allah Akbar ». En vertu de quoi ils ne décélèrent chez Youcef Tihlah aucun signe de radicalisation. Si on devait ficher tous ceux des cités qui haïssent les Juifs, il n’y aurait jamais assez de fiches…

Quand viendra son procès, l’avocat de Youssef Tihlah aura la tâche facile. Il pourra plaider avec succès l’altération du discernement. En effet si, au moment des faits, le jeune homme avait joui de toutes ses facultés mentales il serait allé faucher des Juifs à la sortie d’une synagogue et non pas des flics innocents.

J’ai vécu une expérience personnelle de la radicalité. Un jour mes toilettes étant défectueuses j’appelais un plombier. Idriss, c’était son nom, m’expliqua qu’il fallait changer la cuvette. Il se proposa d’aller m’en acheter une et me demanda de lui avancer l’argent. Il revint avec une cuvette qui manifestement avait beaucoup vécu ou était tombée du camion.

Je m’en étonnais. Il me répondit en hurlant : « J’ai plein de potes dans le quartier, ils vont te guetter ».

C’était plutôt radical. Je me rendis dans un commissariat du XIe arrondissement pour déposer plainte. Un flic appela Idriss et lui fit savoir sans ménagement que s’il m’arrivait quoi que ce soit à moi ou aux miens, il irait immédiatement en taule. Depuis je ne sais pas ce qu’il est devenu. Peut-être s’est-il radicalisé et qu’il prépare sa vengeance contre les flics du XIe arrondissement. 

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