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Le patron de la DGSI : "Nous sommes au bord de la guerre civile". Au bord ? Non, nous y sommes déjà !
©Flickr

La vérité, enfin...

Le patron de la DGSI : "Nous sommes au bord de la guerre civile". Au bord ? Non, nous y sommes déjà !

Un constat effrayant. Formulé par un homme qui sait de quoi il parle.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Patrick Calvar est le chef de la DGSI, les services de renseignements intérieurs. À ce titre, il sait plus de choses que nous autres. À ce titre aussi, il peut, en petit comité, nommer les choses. Donc dire la vérité débarrassée des voiles opaques du journalisme loukoumesque et du politiquement soumis. Voilà donc ce qu'il a dit, selon Le Figaro, devant la commission parlementaire chargée d'enquêter sur les attentats du 13 novembre.

"La France est au bord de la guerre civile". Des précisions ? Le Figaro, qui avait accès à la déposition de Patrick Calvar, les donne. D'où viendrait l'étincelle qui mettrait le feu aux poudres, transformerait la France en territoire incontrôlé où des groupes prendraient les armes et se feraient justice eux-mêmes ? Qui verrait une nation en décomposition où alterneraient violences et vengeances du camp d'en face. Où la spirale des affrontements ne s'arrêterait plus. Rien n'est à exclure dans un pays aussi éruptif que la France d'aujourd'hui. (…) Mais l'élément déclencheur peut aussi surgir (…) d'une expédition punitive dans les banlieues ou pour prendre un exemple plus lointain, d'un viol collectif comme celui commis par des immigrés maghrébins à Cologne lors du Nouvel An… Parmi toutes ces sources de dérapage, la plus redoutée reste l'attentat dirigé contre des enfants, la prise d'otages dans une école qui susciterait en retour un déferlement de violence. Le plus haut niveau sur l'échelle de l'insupportable…

"Un viol collectif commis par des immigrés maghrébins", "une expédition punitive dans les banlieues"… Là, on parle français. Très simplement. Une langue oubliée par la plupart de ceux qui nous dirigent et qui nous informent. Patrick Calvar craint la guerre civile ? Eric Zemmour en son temps avait dit la même chose. Il s'est fait lyncher. Va-t-on lyncher le patron de la DGSI ?

Patrick Calvar voit l'avenir en noir. Mais cela ne peut servir à dédouaner le présent. Car la guerre civile, nous y sommes déjà d'une certaine façon. Une guerre civile se définit par l'affrontement armé entre citoyens d'un même pays. Quand des Français vont, au nom de leur religion, massacrer des journalistes et des dessinateurs français, on appelle ça comment ? Quand d'autres Français, inspirés par la même religion, assassinent des jeunes Français pendant un concert, ça a quel nom ? Quand un Français, obéissant à une divinité qu'il se représente comme cruelle, assassine des enfants français à Toulouse, on nomme ça comment ? Quand un Français tue deux autres Français parce qu'ils sont policiers, quels mots faut-il choisir pour qualifier cet acte ?

Pour l'instant, la guerre civile ne fonctionne que dans un sens. Mais certains y sont mieux préparés que d'autres. Nos banlieues sont truffées de kalachnikovs : à 250€ pièce, on aurait tort de s'en priver… Patrick Calvar dit craindre une réaction possible de groupes de "l'ultradroite". Peut-être a-t-il raison. Pourtant, on voit mal nos identitaires et autres skinheads aller faire leurs provisions de kalachnikovs en banlieue…

Et puisque nous en sommes à la guerre civile, on conclura avec Alain Juppé, qui perd parfois de vraies occasions de se taire. "Si on estime que l'islam n'est pas compatible avec la République, alors on s'achemine vers la guerre civile", a dit l'ancien Premier ministre. C'est traiter avec beaucoup de mépris des millions de Français qui pensent que l'islam doit se soumettre à la République, et non pas l'inverse. C'est aussi insulter inutilement des dizaines de milliers d'Arabes, hommes et femmes, qui se battent quotidiennement contre le voile, contre le salafisme et contre l'emprise grandissante de prédicateurs haineux. Si guerre civile il y a (ou qu'il y aura), c'est de leur côté qu'il faut être.

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