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Le fin mot de l'Histoire : quelle a été la dernière phrase d'Adolf Hitler avant de mourir ?
©Reuters

Bonnes feuilles

Le fin mot de l'Histoire : quelle a été la dernière phrase d'Adolf Hitler avant de mourir ?

Ils sont célèbres. Qu’ont-ils dit avant de mourir ? "Le fin mot de l’histoire" est à l’origine une série de chroniques diffusées pendant l’été sur France Info. Jamais anodines, souvent émouvantes, parfois grinçantes, ces ultimes paroles mises en scène par la plume alerte de Thomas Snégaroff sont autant de courtes biographies. Un ouvrage publié chez Tallandier éditions. Extrait (2/2).

 Thomas  Snégaroff

Thomas Snégaroff

Enseignant à Sciences Po (Paris), Thomas Snégaroff est l’auteur de Bill et Hillary Clinton (Tallandier, 2014). Il présente également chaque matin « Histoires d’info » sur France Info.

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L’ambiance est étrange dans ce bunker aménagé à huit mètres de profondeur sous la Nouvelle Chancellerie qui n’est plus qu’un tas de ruines. Hitler n’a plus vu la lumière extérieure depuis neuf jours, et ne la reverra plus jamais.

Le 20 avril, jour de son cinquante-sixième anniversaire, il est sorti quelques instants, le temps de distribuer d’une main tremblotante des Croix de fer à quelques membres des Jeunesses hitlériennes. Les plus jeunes ont douze ans et mourront bientôt au sein des unités antichars.

Depuis neuf jours, Hitler vit terré comme un rat, les rats dont il s’est si souvent servi pour qualifier les Juifs qu’il a exterminés. Eva Braun, sa maîtresse depuis treize ans, vit le plus beau jour de sa vie. Elle a enfin convaincu son bel Adolf de l’épouser. Ce n’est certes pas le grand mariage qu’elle a imaginé. L’atmosphère est lugubre. Deux témoins, Goebbels et Bormann, et un officier d’état-civil. C’est tout. Quelques généraux arrivent après la cérémonie pour une coupe de mousseux. L’heure n’est pas à la fête. Mais à la défaite. Finale. Humiliante. La preuve, une heure après l’échange des consentements, Hitler fait venir une de ses secrétaires pour lui dicter son testament. « Moi-même et mon épouse choisissons la mort pour échapper à la honte de ma destitution ou de la capitulation. Notre volonté est d’être brûlés immédiatement sur place », dit‑il d’une voix blanche.

Quand il apprend l’exécution de Mussolini, et le déchaînement de la foule à Milan sur son cadavre et celui de sa compagne Clara Petacci, il est plus que jamais certain d’avoir pris la bonne décision. Il ne veut pas tomber entre les mains de ses ennemis, « ni mort, ni vivant », dit-il alors.

Au loin, les bruits des combats dans les rues de Berlin. Plus près, les cris de douleur des centaines de blessés qui ont afflué dans l’hôpital de campagne installé dans le bunker. L’issue est proche. Hitler, qui aime davantage les chiens que les hommes, donne l’ordre d’empoisonner son chiot préféré, Wolf.

Il reste un mince espoir : que les troupes du généralWenck parviennent à entrer dans Berlin. Mais la nouvelle tombe comme un couperet. Les troupes de Wenck sont bloquées aux alentours de Potsdam. C’est la nuit. Le 30 avril. Hitler sait que tout est fini. Le IIIe Reich ne régnera pas mille ans. Peut-être même pas un jour de plus. Les Russes sont à moins de 300 mètres. Le dernier repas est rapidement avalé. Des spaghettis à la tomate. Hitler fait ses adieux à ceux qui sont restés à ses côtés. Et tient des propos vertigineux, avouant son admiration pour Staline et insistant sur l’erreur d’avoir attaqué l’URSS en 1941. Il est un peu plus de 15 heures. Hitler s’apprête à prononcer ses dernières paroles. Son majordome, Heinz Linge, s’approche. Le Führer lui conseille de tenter une percée vers l’ouest. Linge, visiblement troublé, demande alors : « Mais pour qui maintenant devons-nous percer ? » Hitler répond : « Pour celui qui viendra. »

Personne ne viendra après lui. Sûrement le sait-il. L’homme est calme et détendu. Étonnamment. Hitler et Eva Braun pénètrent seuls dans leur appartement privé. Des officiers SS font barrage. Personne ne doit entrer. C’est le dernier ordre de Hitler. Magda Goebbels hurle : « Mon Führer, ne nous abandonnez pas, nous allons tous mourir Adolf Hitler pitoyablement sans vous ! »

Le lendemain, avant de se suicider, elle empoisonnera ses six enfants, âgés de quatre à douze ans. Eva Braun a avalé une dose de cyanure. Hitler s’est tiré une balle dans la tempe. Il ne faut pas perdre de temps, les ordres sont les ordres, qu’ils viennent d’un vivant ou d’un mort. Les deux cadavres sont remontés à la surface. Goebbels, robot hypnotisé, fait le salut nazi. Au total, 400 litres d’essence seront déversés. Les corps se consumeront pendant quatre heures.

Extrait de "Le Fin mot de l'histoire", de Thomas Snégaroff, publié chez Tallandier, 2015. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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