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Le discours que Nicolas Sarkozy aurait pu prononcer après l'élimination de l'UMP dans le Doubs
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Discours de vérité

Le discours que Nicolas Sarkozy aurait pu prononcer après l'élimination de l'UMP dans le Doubs

Une tribune de Pierre Haas.

Pierre Haas

Pierre Haas

Pierre Haas, après avoir servi comme officier dans les Forces françaises libres du Général de Gaulle, a fait carrière de 1950 à 1965 comme directeur général de Continental Grain France, puis à partir de 1963 à la Banque Paribas comme directeur des affaires financières internationales, puis président de Paribas International.

Il a été membre de nombreux conseils d’administration parmi lesquels on citera : Schneider S.A., Newmont Gold à Denver, Power Corporation du Canada et Power Financial.

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Les adhérents de l’UMP et de nombreux Français espéraient que l’exclusion du second tour de l’élection, dans le Doubs, de la seule formation de Centre Droit, provoquerait un message fort du Président de l’UMP.

Ils trouveront ci-après l’esquisse du texte de l’allocution qu’ils n’ont pas entendue.

Chers Collègues, chers Adhérents,

L’élection du dimanche 8 février, dans le Doubs, constitue un sévère avertissement, non seulement pour notre Parti, éliminé pour la première fois d’un second tour, mais aussi pour le vainqueur dont la courte victoire n’est due qu’à un transfert de voix d’électeurs n’étant pas habituellement les siens.

Dans cette circonscription, nulle part la dimension contestataire du ras-le-bol du corps électoral ne s’est mieux révélée qu’à Sochaux, citadelle ouvrière par excellence, où le FN a été le réceptacle des voix de ceux accordant leurs suffrages au PS depuis des dizaines d’années.

Le caractère inusité de ce transfert prouve, une nouvelle fois, que les partis ne sont pas propriétaires de leur électorat traditionnel et aussi que l’UMP ne représente pas un débouché adéquat pour les voix ouvrières, constat attristant pour un mouvement d’origine gaulliste.

Pour rebondir l’UMP doit éclaircir, sans tarder, les causes de la progression de l’audience électorale du FN qui en fait le plus fort d’Europe. Les mouvements correspondant au Danemark, en Hollande, en Italie et en Allemagne n’occupent que des positions marginales.

La présence, successive, à la tête de ce Parti de deux leaders, dotés d’un charisme exceptionnel, lui a permis de faire du rejet des élus un atout, en leur attribuant tous les maux dont nous souffrons et en leur ajoutant l’impact de l’irrésolution du Pouvoir sur notre sécurité, sur notre identité. Maux amplifiés par la permissivité de la justice Taubira et celle de la politique d’immigration.

D’où l’existence d’un sentiment de malaise justifiant, pour Madame Le Pen, d’en finir avec les atteintes à notre souveraineté, sécrétées par notre appartenance à la Communauté Européenne, et à l’euro, en sortant de ces deux Institutions. On retrouve ici le concept de "la France seule" de Charles Maurras.

Quoi que l’on puisse penser de la validité de ces promesses, ce n’est pas sur ce plan que notre Parti, comme les autres, a cherché à combattre les lepénistes.

Nous avons commis une sérieuse erreur, tactique, en refusant au FN le droit de se prévaloir des valeurs républicaines pour justifier leurs choix.

Pour ses millions d’électeurs, en quête de réponses à leurs inquiétudes et à leur besoin d’être entendus, ce procès d’intention ne peut être ressenti que comme blessant et absurde.

Pour n’avoir pas été à l’écoute, comme il convenait, des attentes de l’électorat, nous avons perdu une bataille. La leçon de cet échec, engageant ma responsabilité et celle de mes collègues et amis du Bureau Politique, a été comprise.

Nous nous sommes laissés enfermer dans la nasse d’une logique perverse, excluant la défense des thèmes concernant notre identité, notre sécurité, notre souveraineté, au motif qu’ils étaient, soi-disant, préemptés par le FN.

Les Français, au fond d’eux-mêmes, savent que l’obtention d’une meilleure sécurité, contre les risques terroristes, qu’une défense de l’identité nationale menacée par les communautarismes, qu’une protection de ce qui doit l’être de nos droits régaliens, au sein d’un monde interdépendant, ne peut s’obtenir que par des accords intra-européens.

Seuls, nous ne pouvons nous protéger du terrorisme, seuls nous ne pouvons régler les difficultés multiculturelles sécrétées par les flux migratoires, quant aux droits régaliens leur sphère d’influence dépend de la qualité de notre insertion dans l’écosystème économique mondialisé aussi bien que d’une tentative de maitrise des interférences des jugements de la Cour Européenne de Justice avec ceux de notre justice nationale, libre et indépendante.

Fomenter les dispositions répondant à ces contraintes ce n’est pas adopter une thématique qui ne saurait être la notre, mais œuvrer dans l’intérêt général.

Proposer les projets de loi, répondant à la levée des contraintes existantes, va être la tâche des commissions ad hoc de l’UMP dans les prochains neuf mois.

A la fin de 2015 un Programme de combat les matérialisera.

Voilà, chers collègues et chers amis, le message d’espoir, de confiance dans notre avenir qu’il convient de diffuser.

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