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Mohsen Fakhrizadeh Iran mort décès disparition
©ATTA KENARE / AFP

En avant-première pour vous

Le dernier film du Mossad : « Bons baisers de Téhéran »

Moshe 007 est un agent hors pair. Mais pour l’Iran, il sous-traite avec la main d’œuvre locale.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Comme l’explique Alain Rodier dans un excellent article, ce sont vraisemblablement les Moudjahiddines du peuple, la principale organisation de résistance aux ayatollahs, qui ont tendu l’embuscade où a péri Mohsen Fakhrizadeh, le patron du nucléaire iranien.

Pourquoi Moshe 007 n’a-t-il pas mis la main à la pâte ? Parce que s’il avait été pris, on l’aurait exhibé à la télévision l’obligeant à confesser ses « crimes ». Ce qui aurait été désastreux pour la réputation du Mossad.

Dans un autre article, le géopoliticien Ardavan Amir-Aslani avance une singulière hypothèse : elle fournirait un excellent scénario pour une série hollywoodienne. L’exécution de Mohsen Fakhrizadeh serait, selon lui, un piège tendu par les Israéliens aux Iraniens. La mort de leur Docteur Folamour devait les amener à exercer des représailles terribles qui auraient donné un prétexte à Donald Trump pour envoyer l’US Air Force anéantir les sites nucléaires iraniens. Les ayatollahs auraient donc déjoué ce plan perfide en s’abstenant de représailles.

On veut bien que le Mossad soit machiavélique. Mais on ne peut ignorer que l’Iran proclame tout à fait officiellement la nécessité d’effacer « l’Etat sioniste » de la surface de la Terre. Les Israéliens, contrairement à certains pays occidentaux, prennent ces mots au sérieux.

Comme dans les vrais James Bond le film « Bons baisers de Téhéran » a été précédé par plusieurs épisodes. En quelques années, cinq savants nucléaires iraniens ont été éliminés. Et en 2008, il y eut un coup d’éclat réalisé directement par le Mossad : des milliers de documents très confidentiels sur le nucléaire ont été pris dans une base secrète de Téhéran et ramenés en Israël. Une opération complexe et sophistiquée qui nécessita le concours de plusieurs dizaines d’hommes. Et Benjamin Netanyahou exhiba fièrement ces documents à la télévision.

Au-delà des digressions sur les « représailles terribles » des Iraniens qui n’auront donc pas lieu, il demeure que l’Iran a été à maintes reprises totalement humilié. Pour tuer des hommes parmi les plus protégés du pays, il fallait qu’il y ait des taupes dans les plus hauts rouages de l’appareil sécuritaire iranien.

Et que penser des Gardiens de la révolution, des Pasdarans supposés protéger la vie des savants ? Servent-ils à autre chose qu’à réprimer leur propre population ? On reparlera de ça lors du prochain épisode des aventures de Moshe 007.  

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