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Le coup de coeur de la semaine : "Le sens de la fête"
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Olivier Nakache et Eric Toledano ont manifestement l'instinct du box-office. Après "Intouchables" (19 millions d'entrées) et "Samba" 3 millions), leur nouveau film devrait lui aussi faire un carton. Un carton mérité car cette histoire de mariage vu des coulisses est une réussite sur presque tous les plans. Que la fête commence!

Dominique Poncet pour Culture-Tops

Dominique Poncet pour Culture-Tops

Dominique Poncet est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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CINEMA
« LE SENS DE LA FÊTE »
D’OLIVIER NAKACHE ET ERIC TOLEDANO 
avec JEAN-PIERRE BACRI, JEAN-PAUL ROUVE, GILLES LELLOUCHE, BENJAMIN LAVERNHE, ETC…

RECOMMANDATION : EXCELLENT  

THEME

Pierre (Benjamin Lavernhe) et Héléna (Judith Chemla) vont se marier. La fête, champagne, surprises et grand tralala, va se dérouler dans le parc d’un sublime château du XVII ème siècle. Pour l’organiser, la famille du marié a fait appel à Max (Jean Pierre Bacri), un traiteur qui va s’occuper de tout, du repas, mais aussi du photographe  officiel (Jean-Paul Rouve),de l’orchestre et du chanteur -DJ (Gilles Lellouche)…

Evidemment, rien n’ira comme sur des roulettes. Max devra faire face à des imprévus de toutes sortes, qui iront de la tracasserie mineure (l’incompétence de certains extras) à la grosse tuile  (le plat principal du repas de noces qui se révèlera avarié)…

POINTS FORTS

- Les films sur les mariages, on connaît, le cinéma en pullule. Ils donnent généralement lieu à des comédies, tournées à hauteur des participants.

Soit, dans le pire des cas, c’est gentillet, soit, dans le meilleur, vachard, la plupart du temps, « volatile ». La singularité de ce Sens de la fête est qu’on  y suit l’évènement dans les coulisses, en nous montrant, pour une fois, les gens qui y travaillent et qui, exerçant des métiers différents (cuisiniers, serveurs, plongeurs, chefs de rang, photographes, musiciens, etc…) ne partagent ni les mêmes préoccupations, ni les mêmes besoins, ni le même état d’esprit, ni non plus, les mêmes intérêts. D’une force de tsunami,  la comédie va surgir de là, du frottement de ces personnes si différentes, et, en apparence, si imperméables les unes aux autres. Car, entre elles, et  parce que c’est inévitable, vont survenir, des énervements, des incompréhensions, des engueulades et même des affrontements. 

Tous ces incidents seront d’autant plus jubilatoires  pour le spectateur, qu’ils devront rester étouffés,  pour ne pas perturber le bon déroulement de la fête.

- N’importe quelle escouade, même la plus  hétéroclite a besoin d’un stratège, d’un chef qui va diriger la bataille. Celui qu’ont imaginé Eric Tolédano et Olivier Nakache restera sans aucun doute parmi les plus  « grands » du cinéma français de ces dernières années. A la fois, compétent, humain, courageux, débordé, désabusé, naïf, bougon, cocu, optimiste, maladroit, passionné, et aussi, d’une bienveillance à toute épreuve, il est d’une séduction irrésistible.

C’est Jean-Pierre  Bacri qui le compose dans son invraisemblable complexité. Totalement immergé dans son personnage, le comédien le joue  avec la foi du charbonnier, sans distanciation, avec une sincérité et un engagement désarmants, ce qui le rend tour à tour désopilant, attendrissant, mirobolant.

- Autour de lui, qui jouent les « petits soldats, gradés ou non ( comme à l’armée, ce petit monde de l’organisation des fêtes est très hiérarchisé !), une pléiade d’acteurs, également au meilleur d’eux mêmes dont, entre autres, Jean-Paul Rouve, et Vincent Macaigne, tous les deux  inénarrables, le premier, en photographe désinvolte et pique-assiette, le second, en ancien prof reconverti en « serveur dépressif ». Gilles Lellouche est grandiose lui aussi, qui campe, avec un brio époustouflant, un crooner aussi mal embouché que ringard.

- La caméra glisse avec virtuosité, sans heurt, d’un personnage à l’autre,  d’une scène à l’autre, d’une action à une autre. Cela apporte une tension douce au film, et en même temps, une vraie fluidité. On a l’impression de ne pas perdre une miette du déroulement de la fête.

POINTS FAIBLES

 Certaines scènes s’étirent un peu trop, et quelques uns des dialogues, pourtant majoritairement étincelants, tombent à plat. La charge comique du film en pâtit un peu. 

Ces petites baisses de régime n’ont pas une incidence majeure sur le rythme et la tonalité générale de l’oeuvre, mais ils lui font quand même rater son entrée dans la catégorie des films « incontournables ».

EN DEUX MOTS

Un scénario béton (où la fiction découle toujours d’une réalité sociale, légèrement distordue, sous le prisme de la cocasserie), un ton bienveillant  (jamais nulle trace d’aigreur, de mépris ou de méchanceté), des dialogues cousus main pour des personnages terriblement humains (donc bourrés de  ces défauts qu’on adore puisque ce sont les nôtres !), un casting première classe,  une énergie contagieuse, un  filmage soigné et inventif, un montage efficace (mais pas clippé), et une  musique adéquate… Une fois encore, le tandem infernal, Eric Toledano et Olivier Nakache, a concocté sa nouvelle comédie selon la recette qui lui  a toujours si bien réussi... On peut donc affirmer sans risque que, malgré ses petits défauts d’ajustage, son Sens de la fête  va faire un malheur ,d’autant qu’il est porté par un comédien que le public adore, et qui est ici à son sommet, Jean Pierre Bacri. 

UN EXTRAIT

« En lisant le scénario, j’ai retrouvé ce que j’aime dans le duo Olivier  Nakache et Eric Toledano et ce qu’on a peu l’habitude de voir au cinéma : une franche comédie qui fait beaucoup rire mais où l’on décèle aussi une grande bienveillance entre les personnages. Ils ont un regard sur les gens, une humanité que j’adore et qui m’émeut. » (Jean-Pierre Bacri).

LES RÉALISATEURS

Eric Toledano et Olivier Nakache sont des amis d’enfance, nés à deux ans d’écart, le premier à Paris en 1971, le second à Suresne en 1973. C’est ensemble qu’en 1995, ils se lancent dans le cinéma, avec un premier court métrage  Le Jour et la nuit. Leur entente est immédiatement fusionnelle. Ils ne se quitteront plus.

Après un second court en 1999, Les Petits souliers, qui réunit la jeune garde des humoristes français dont Jamel Debbouze, ils s’essayent en 2005, au long. Porté par Jean-Paul Rouve et Gérard Depardieu,  Je préfère qu’on reste amis remporte un joli succès, ce qui leur permet, dès l‘année suivante, et toujours avec Jean-Paul Rouve, d’enchainer avec Nos jours heureux. Deux ans plus tard, c’est Tellement proches, une comédie familiale avec, au générique, Vincent Elbaz et Isabelle Carré.

Six ans plus tard, le duo sort Intouchables,  avec  François Cluzet et Omar Sy, qui  réalisera 19 millions et demi d’entrées et sera l’un des plus gros succès du box-office en France.  En 2013, les deux compères retrouveront Omar Sy pour Samba, qui attirera plus de 3 millions de spectateurs.

On s’attend à ce que Le Sens de la fête  fasse aussi un énorme carton.

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