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Le chien de Tolbiac avait un glorieux ancêtre révolutionnaire : Médor !
©DENIS CHARLET / AFP

Ouaf, ouaf…

Le chien de Tolbiac avait un glorieux ancêtre révolutionnaire : Médor !

Un grand penseur, resté hélas inconnu, a dit un jour : "La révolution sera canine ou ne sera pas". Et ainsi fut la révolution à Tolbiac.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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La vidéo a été vue des dizaines de milliers de fois. Avec trois autres étudiants, un chien présidait une AG. Oui "avec trois autres étudiants" ! Car le sympathique animal atteignait parfaitement leur niveau. 

Un signal très fort adressé à la bourgeoisie. Le chien s'appelle "Mercantile" : ça ne s'invente pas ! Il a été parodiquement rebaptisé "Guevara". On ne sait si Mercantile alias Guevara, a chanté l'Internationale. Mais la salle conquise et subjuguée a crié : "Longue vie au chien rouge !", "Gloire éternelle au chien révolutionnaire". Et dans un élan combattif, elle a scandé : "Mort aux chiens de la bourgeoisie !", "Mort aux caniches de l'impérialisme !", "Mort aux pitbulls du CAC40 !".

Des intellectuels engagés sont venus prendre le pouls de cette ardente effervescence. Clémentine Autain parla aux étudiants de la lutte des femmes. Elle fut applaudie. Thomas Guénolé leur fit lecture de son livre Les jeunes de banlieue mangent-ils les enfants ?. Il fut encore plus applaudi.

Mais celle qui déclencha l'enthousiasme le plus sincère, c'est Mathilde Larrère. Elle est historienne de son état. Une historienne, ça connaît l'Histoire. Mathilde Larrère se consacre essentiellement à l'Histoire des révolutions. Elle a expliqué aux étudiants que le chien était un symbole révolutionnaire par excellence. Les étudiants, bouleversés par cette révélation, ont ainsi appris de sa bouche que leur chien avait un glorieux aïeul : Médor. Le chien de la révolution de 1830 !

Je suis allé place de la Bastille. Le nom de Médor ne figure pas sur la colonne qui commémore les Trois Glorieuses de Juillet. Un oubli révoltant. Mathilde Larrère est une chercheuse sérieuse et infatigable. Elle a étudié de près la contribution des chiens aux mouvements révolutionnaires. Elle a été frappée, a-t-elle dit, de voir que sur les images, tableaux et dessins représentants les révolutions du XIXe siècle, "il y avait des chiens" (son propos est intégralement sur Arrêt sur image). "Médor a existé", a-t-elle proclamé. "C'était le nom d'un chien d'un insurgé de 1830. Il [le chien] a été abattu par des soldats". Ému au plus profond d'eux-mêmes, les étudiants ont sangloté. Ils ont aussi tôt affublé Mercantile-Guevara d'un crêpe noir. Et ils ont décidé qu'à leur prochaine occupation de Tolbiac, leur AG serait présidée par un chien appelé Médor.

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