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Le secrétaire général du Conseil français du culte musulman Fatih Sarikir lors d'une conférence de presse à Strasbourg, le 6 avril 2021.
Le secrétaire général du Conseil français du culte musulman Fatih Sarikir lors d'une conférence de presse à Strasbourg, le 6 avril 2021.
©FREDERICK FLORIN / AFP

Alerte ironie !

Le 19 février c’est mon anniversaire. Et c’est ce jour-là que le Conseil Français du Culte Musulman a choisi pour se dissoudre

Dois-je considérer ça comme un cadeau ?

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Le CFCM a vécu. Son existence fut tumultueuse et animée. Polémiques, disputes, empoignades… Mais tout était effacé par les bienfaits du hammam de la Grande Mosquée de Paris et par les délicieuses pâtisseries que l’on trouvait dans son salon de thé.

Mais tout ça à une fin. Le CFCM vient d’annoncer sa décision de se saborder le 19 février. La situation n’était plus tenable car une guerre fratricide faisait rage entre les différentes fédérations qui le composent. Et en voyant ce spectacle de désolation Allah s’est fait tout petit (daghir en arabe) versant de nombreuses larmes sur les croyants qui s’entredéchiraient.

A l’origine de cette guerre fratricide, des divergences qu’on qualifierait aimablement de philosophiques sur le rapport à la République et à la laïcité. Il y a plusieurs maisons dans la demeure du Père… Plusieurs chapelles, oh pardon : plusieurs mosquées. Certaines fédérations sont salafistes sur les bords et tiennent pour la charia. D’autres affirment respecter la Constitution.

La liste des fédérations est riche et édifiante. La Fédération française des associations islamiques d’Afrique, des Comores et des Antilles. La Fédération « Invitation et missions pour la foi et la pratique ». 

La Fédération nationale des musulmans de France. Le Rassemblement islamique de France. Le Comité de coordination des musulmans turcs de France. Les Musulmans de France.

Ça en fait du monde. Pauvre Darmanin qui a eu à gérer tout ça. Il faut souligner que la plupart de ces fédérations dépendent qui d’Alger, qui de Rabah, qui de Tunis, qui d’Ankara. Des ambassades étrangères auxquelles, par islamophobie certainement, on a refusé le statut diplomatique.

En tout cas, le 19 février pensez à moi. Et pas aux musulmans. Nous n’avons rien à faire dans cette bataille où l’on ne compte plus les djellabas déchirées et les poils de barbes arrachés. Allah, ayant séché ses larmes, finira bien par reconnaître les siens. 

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