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Pressé de toute part, le candidat de la droite à l'élection présidentielle laisse entendre qu'il est prêt à bouger mais, selon un conseiller, pas avant fin janvier. Il doit d'abord solidifier sa base, celle qui l'a élu le 27 novembre dernier.
Pressé de toute part, le candidat de la droite à l'élection présidentielle laisse entendre qu'il est prêt à bouger mais, selon un conseiller, pas avant fin janvier. Il doit d'abord solidifier sa base, celle qui l'a élu le 27 novembre dernier.
©France 5 / Capture d'écran

Lentement mais...

La riposte : comment l’équipe Fillon compte réagir à l’assaut politique contre son programme de "casse sociale" supposée

Les Français ne souhaitent pas le grand chambardement thatchérien que le candidat appelle de ses vœux. C'est ce qu'ont rapporté, cette semaine, des élus de terrain à François Fillon. Certains souhaiteraient qu’il parle revalorisation du pouvoir d'achat afin d'agréger le vote des classes populaires.

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, François Bayrou ou encore Ségolène Royal.

Son dernier livre, Chronique d'une revanche annoncéeraconte de quelle manière Nicolas Sarkozy prépare son retour depuis 2012 (Editions Du Moment, 2014).

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Tanguage en fillonie. Les remontées de terrain sont mauvaises. Et les proches du tout nouveau candidat à la présidentielle inquiets, même les plus fidèles. Depuis une semaine, François Fillon consulte et ce qu'il entend l'interroge : "ton projet sur la sécurité sociale affole les plus modestes et les classes moyennes", lui ont expliqué plusieurs députés redescendus dans leur circonscription pour le week-end. Selon Bernard Accoyer : "sans un changement important, nous n'y arriverons pas. Il est hors de question que les familles moyennes soient confrontées à une baisse de remboursement". L'ancien président de l'Assemblée nationale a donc demandé : "un effort de pédagogie (pour) rassurer les Français sur le fait que la solidarité nationale sera assurée en ce domaine". D'autres, plus fraîchement ralliés, sont allés plus loin.

 

Dés le lendemain du second tour, Gérald Darmanin tirait la sonnette d’alarme par médias interposés : "les classes populaires ne sont pas venues voter. Les bureaux de la ville de Tourcoing sont restés vides". Le message lancé est clair, pour l'instant François Fillon est le candidat des classes supérieures, ce qui suffit pour gagner une primaire, pas une présidentielle. Il faut maintenant élargir le champ électoral, parler aux plus modestes et aux classes moyennes qui, sans quoi, iront voter pour Marine Le Pen qui a déjà enfoncé un coin. François Fillon "présente sa candidature au nom du Medef, de la Commission européenne, au nom des banques, au nom de Monsieur Schäuble, le ministre de l’Économie allemand, qui ont tous été enthousiasmés en quelque sorte par le projet de casse sociale de Monsieur Fillon", a-t-elle lancé mercredi 7 décembre sur TF1.

 

Un autre visiteur du soir a alerté François Fillon sur le risque que représentait un positionnement trop droitier sur les questions sociétales et trop libéral en matière économique, c'est François Bayrou. Le maire de Pau conteste plusieurs points du programme développé durant la campagne de la primaire : la réforme de la Sécurité sociale, la baisse du nombre de fonctionnaires, la place de la France en Europe et dans le monde... "S'il n'y a pas de mouvement, c'est l'alternance elle-même qui se trouve menacée par un projet qui est, me semble-t-il, décentré", a affirmé François Bayrou, mercredi matin, sur France Inter, en émettant les plus grandes réserves sur l'efficacité d'un "choc thatchérien" version Fillon. Un sondage réalisé pour le journal les Échos paru ce jeudi matin, vient conforter ces dires : 90% des Français jugent inacceptable la baisse des dépenses de santé. Idem, ou presque, en matière d'éducation (86%), de justice (82%) ou de retraite (89%).

 

Pressé de toute part, le candidat de la droite à l'élection présidentielle laisse entendre qu'il est prêt à bouger mais, selon un conseiller, pas avant fin janvier. Il doit d'abord solidifier sa base, celle qui l'a élu le 27 novembre dernier. Grignoter le terrain électoral de l’extrême droite encore un peu tout en commençant à déminer le terrain. Voilà pourquoi l'on entend ses plus proches lieutenants, comme Bruno Retailleau, expliquer qu'en terme de remboursement, il n'y aura donc pas d'un côté les petits risques et de l'autre les grands risques. "Non, c'est une approche qu'il explicitera, qui n'est pas la bonne approche", a répondu Bruno Retailleau.

 

Dans un second temps, il pourrait, s'il écoute certains visiteurs du soir, mettre l'accent sur le pouvoir d'achat des Français et sa nécessaire revalorisation. Xavier Bertrand pourrait prendre une part importante dans cette campagne. C’est, en effet, l'un des convictions que le président de la région des Hauts de France a acquise depuis la campagne des régionales. Le pouvoir d'achat est la clé du vote des classes populaires. La clé de la lutte contre le FN. François Bayrou pourrait, lui aussi, porter ce discours. Il expliquait, en effet, entre les deux tours de la primaire : "la question sociale sera essentielle durant la campagne présidentielle. Il faut revaloriser les petits salaires". Reste à savoir s'il souhaite porter ce discours pour lui-même ou pour un autre.

 

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