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Le premier ministre,Viktor Orban
Le premier ministre,Viktor Orban
©Reuters

Illusion

La Hongrie construit 175 km de mur sur sa frontière avec la Serbie : efficacité zéro sur les flux migratoires mais bénéfice politique assuré pour le gouvernement

Le très controversé président de la Hongrie Viktor Orban a décidé de fermer sa frontière avec la Serbie et d'ériger un mur de 4 mètres de haut pour empêcher l'arrivée des immigrants.

Le projet de construction d'un mur à la frontière serbe était-elle la seule solution envisageable à la pression migratoire que connaît la Hongrie ?

Laurent Chalard : Bien évidemment que non, le choix hongrois est surtout le symptôme d’une dérive fasciste de l’état hongrois, sous la direction de Viktor Orban, qui passe par des actions fortes. Cependant, il faut reconnaître que jusqu’ici l’Union Européenne n’a rien fait de bien sérieux pour contrôler ses frontières, ce qui laisse les portes d’entrée de l’espace Schengen, dont la Hongrie, démunies face à la pression migratoire de ces derniers mois. Si l’immigration était contrôlée plus en amont, la Hongrie ne serait pas confrontée à ce problème de manière aussi intense.

La construction d'un mur frontalier, comme on a pu le voir ailleurs (Ceuta, Melilla, frontière mexicaine,...) est-elle efficace et atteint-elle ses objectifs ? Ou bien n'est-ce qu'une réponse à court terme ?

Tout dépend le contexte. Si le mur frontalier est continu, est militarisé et que les personnes qui la contrôlent ont ordre de faire feu sur les migrants, cela peut être très efficace pour limiter l’immigration. On le voit aux Etats-Unis où l’immigration clandestine mexicaine s’est effondrée ces dernières années suite à la militarisation progressive de la frontière avec le Mexique. Cependant, cette politique a un coût financier (et humain) important à long terme. Elle relève donc de choix éthiques des gouvernants de chaque pays. Par contre, si l’on construit des murs que sur certaines parties d’une frontière, il y aura toujours possibilité pour les migrants d’emprunter une autre route, ce que l’on constate aujourd’hui en Europe. En effet, dans le cadre d’une balkanisation étatique à l’européenne,  les migrants qui ne pourront plus passer par la Hongrie tenteront leur chance par un autre pays.

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