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La famille, seul rempart assez solide pour nous protéger à la fois de l’isolement individuel et d’un Etat totalitaire
©Reuters

Bonnes feuilles

La famille, seul rempart assez solide pour nous protéger à la fois de l’isolement individuel et d’un Etat totalitaire

L'oligarchie politique, plus inquiète de sa réélection et de son image médiatique que du bien commun, n'a plus de vision d'avenir et les Français espèrent qu'un jour surgiront des hommes et des femmes d'État nouveaux capables de sortir la France du déclin et de l'immobilisme. Extrait de "Oui, la France a un avenir" de Stéphane Buffetaut, aux éditions du Rocher 2/2

Stéphane Buffetaut

Stéphane Buffetaut

Stéphane Buffetaut est memebre du Conseil économique et social européen. Juriste en droit public et en droit européen, il a été député européen et élu local pendant près de vingt ans. Homme d'entreprise et de dialogue social, il est un fin connaisseur de l'histoire politique de la France.

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Les adversaires de la famille l’accusent de « ringardise » alors qu’elle se projette par nature dans l’avenir, elle est tout à la fois préparatrice et bâtisseuse d’avenir. Elle est mouvement et création tout en assurant un cadre qui protège et qui rend concrète et charnelle la notion de solidarité. Elle construit les hommes et les femmes de demain tout comme elle soutient les hommes et les femmes d’hier. En réalité, les vrais ringards sont les zélotes de l’individualisme forcené, du « tout tout de suite », de l’« après moi le déluge », cette longue cohorte de « bobos » qui vacillent entre égoïsme et nihilisme, ces tyrans de l’instant présent, de la consommation immédiate qui toujours sacrifient l’avenir à la jouissance intempérante du présent.

Alliés aux nostalgiques de l’État totalitaire et de l’égalitarisme idéologique, leur acharnement conjoint à détruire les fondements naturels de la famille n’est pas une surprise, car celle-ci, pour les uns, tel un miroir, leur renvoie l’image de leurs échecs personnels, pour les autres constitue le dernier rempart contre le totalitarisme congénital de l’État jacobin.

Tout est bon pour détruire l’idée même de famille : la dissolution du sens du mariage dans la négation de la réalité anthropologique de l’altérité et de la complémentarité des sexes, la manipulation de la filiation, le bricolage génétique, le délire de l’idéologie du genre, l’instrumentalisation idéologique de l’école, la fiscalité confiscatoire qui prive les familles du support matériel de la pérennité et de la transmission.

Dans une Union européenne qui s’enfonce dans l’hiver démographique, où dix États membres sur vingt-huit perdent des habitants chaque année parce que le nombre des décès excède celui des naissances, où aucun d’entre eux n’atteint le seuil de renouvellement des générations, la France faisait figure d’exception, avec l’Irlande, car elle frôlait ce seuil de renouvellement, grâce à une politique familiale reconnue comme une des rares politiques françaises couronnées de succès. Elle était fondée sur un mélange d’aides directes (allocations familiales), de mesures fiscales (quotient familial) et sociales (congés maternité et parental), de systèmes de garde efficaces (crèches, haltes garderies) et d'école maternelle précoce, sa stabilité dans le temps et à travers les régimes politiques en faisant un élément de stabilité pour les ménages. Néanmoins les idéologues et les fonctionnaires de Bercy qui nous gouvernent s’acharnent à la démanteler pièce par pièce faisant ainsi preuve de leur irresponsabilité fondamentale.

Car entre l’État et un individu privé de son identité propre, coupé de ses racines, supposé venir de nulle part et retournant au néant, proie désignée d’un économisme brutal, d’un nihilisme désespéré ou d’un totalitarisme idéologique insidieux, rien ne doit subsister. Et surtout pas la famille qui, pourtant, préexistait à la tribu, à la cité, à la nation. Fondement de toute société, elle est le pôle de résistance de la folie des hommes qui se prennent pour des démiurges.

Certes la vie familiale n’est pas toujours paradisiaque. Elle peut être semée d’embûches, d’échecs, voire de violences, mais elle est la vie, la réalité de la nature humaine. Et si elle est parfois infernale, elle sait être, le plus souvent, le refuge, la protection, l’aide à celui qui est en détresse, que ce soit l’enfant malade, le vieillard grabataire, le parent privé d’emploi ou le jeune en difficulté.

S’en prendre à la famille, c’est en fin de compte s’en prendre à ce qui fait la dignité de la personne, à son sens des responsabilités, à son désir d’avenir. L’acharnement de nos idéologues politiquement corrects ne doit rien au hasard. Il est le signe de leur volonté d’emprise totalitaire ou de leur désespérance nihiliste, de leur immense orgueil aussi, celui qui consiste à vouloir recréer l’homme selon leur bon plaisir idéologique. De façon symbolique, Satan, dans la Genèse, tente Adam et Ève en leur faisant miroiter l’illusoire promesse : « Vous serez comme des dieux ! »

L’histoire récente de notre continent nous a montré où conduit cette illusion : aux goulags, à Auschwitz ou dans les rizières du Cambodge ou de la Chine. Ceux qui veulent façonner l’homme à l’image de leurs rêves idéologiques le précipitent toujours dans de trop réels cauchemars.

La famille dit ce qu’est l’humanité. L’homme seul ou la femme seule ne peuvent le manifester pleinement. Chacun participe à la nature humaine, mais c’est ensemble qu’ils disent conjointement que l’humanité est masculine et féminine. C’est dans cette différence complémentaire qu’elle se réalise et se poursuit par le don de la vie. Vouloir nous conduire à une indifférenciation sexuelle idéologique, c’est vouloir déshumaniser le monde. Ainsi le combat pour la famille est-il la lutte ultime contre la barbarie qui, toujours, menace les sociétés humaines.

Extrait de "Oui, la France a un avenir" de Stéphane Buffetaut, publié aux éditions du Rocher, 2016. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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