La collection Emil Bührle au Musée Maillol : quel flair !<!-- --> | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Culture
La collection Emil Bührle au Musée Maillol : quel flair !
©

Atlanti-culture

Marie Wimez pour Culture-Tops

Marie Wimez pour Culture-Tops

Marie Wimez est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.). Culture-Tops a été créé en novembre 2013 par Jacques Paugam, journaliste et écrivain, et son fils, Gabriel Lecarpentier-Paugam, 23 ans, en Master d'école de commerce, et grand amateur de One Man Shows.

Voir la bio »

EXPOSITION 

LA COLLECTION EMIL BUHRLE Manet. Degas. Renoir. Monet. Cézanne. Gauguin. Van Gogh. Modigliani. Picasso.


INFORMATIONS

Jusqu'au 21 juillet 

Musée Maillol     

61, rue de Grenelle   Paris 75OO7

01 42 22 57 25

Ouvert tous les jours de 10h30 à 18h30. Nocturne le vendredi jusqu’à 20h30.  

www.museemaillol.com

RECOMMANDATION

          EXCELLENT

THEME

Une exposition de toiles incontournables, issues de l’une des collections particulières les plus importantes au monde, se tient actuellement au Musée Maillol. Il s’agit de la collection d’Emil Bührle, un ensemble de 600 œuvres d’art, rassemblées entre 1936 et 1956, à Zurich.                                           

Les cinquante-sept œuvres présentées ici réunissent les plus grands noms de l’impressionnisme, du postimpressionnisme, des Nabis, des Fauves, des Cubistes, de l’école de Paris, pour finir avec Picasso. 

Elles soulignent les liens de filiation entre les courants artistiques des différentes époques et illustrent les apports de chacun à l’histoire de l’art, la grande passion d’Emil Bührle. 

Toutes ces œuvres rejoindront le reste de la collection dans la nouvelle extension du Kunsthaus de Zurich, en 2020.

POINTS FORTS

*Amoureux de Manet,  qui a vécu les débuts du capitalisme et de l’industrie, comme lui, il s’intéresse comme lui aussi aux vieux maîtres ; il lui rend un bel hommage à travers la présence de nombreux tableaux.

*Les ponts qu’il a jetés en revendiquant des liens de filiation avec les romantiques comme Delacroix, les peintres du siècle d’or hollandais, les védutistes comme Guardi constituent une approche très séduisante. Même si on peut regretter qu’il n’y ait pas davantage d’exemples d’art plus ancien dans cette exposition.

*Jamais Bührle n’achète sur catalogue, tous les tableaux achetés, il les a vus avant. Il s’agit d’un achat raisonné qui n’a rien à voir avec un coup de cœur. « Le collectionneur se caractérise par la qualité de son choix et par la réunion judicieuse des œuvres d’art »: définition de Bührle, collectionneur super éclairé...

*la salle 3. Cette salle entière nous présente des documents permettant de comprendre la provenance de 13 œuvres achetées par Bührle et qui ont fait l’objet de plusieurs procès concernant des biens spoliés, en 1948. Neuf propriétaires ont accepté  la proposition de rachat faite par  Bührle, voulant prouver sa bonne foi; et quatre œuvres ont été restituées. La Fondation contribue  à ce devoir de mémoire et de restitution d’œuvres d’art spoliées.

*le nombre de chefs d’œuvres célébrissimes accrochés là est  impressionnant… à commencer avec «le champ de coquelicots près de Vétheuil» 1879, un empilement de plusieurs plans avec un champ couvert de tâches de couleur mouchetées, le premier de Monet. «La petite danseuse» 1881 Degas et son audace d’habiller une sculpture. « La petite Irène» 1880  Renoir. «Le semeur, soleil couchant» 1888 Van Gogh où le soleil magnifie la figure du paysan qu’il couronne d’une auréole. «Tournesols sur un fauteuil» 1901 Gauguin. « La fête foraine»  1906 Dufy. A la fin, «L’Italienne» 1917 Picasso, qui trouve tardivement sa place (1953) dans cette collection; ainsi que sa «Nature morte» 1941 qui clos l’exposition… Ouvrages de jeunesse et œuvres de maturité sont réunies et éclairent la carrière de ces peintres, sans cesse en recherche d’évolution.

POINTS  FAIBLES

Cette collection cache certains côtés  sombres de l’histoire du XXe siècle: biens spoliés des juifs, enrichissement par la vente d’armes. Bührle a figuré sur la « liste noire » des Alliés.


EN DEUX MOTS

Quand on sait que seulement 10/100 de la collection Bührle est au musée Maillol, l’envie nous prend d’aller voir la suite à Zurich dès 2020……

LE COLLECTIONNEUR

Emil Bührle est né en 1890 au sud-ouest de l’Allemagne, dans une famille modeste. Ses études en philosophie et histoire de l’art sont interrompues par la guerre. Il est incorporé. A la fin de la guerre, il est hébergé chez un banquier dont il épouse la fille, en 1920. Il intègre l’usine de machines-outils dans laquelle son beau –père possède des parts, puis, il est envoyé à Zurich pour réorganiser une usine du groupe. Il acquiert le brevet d’un certain modèle de canon qui aura beaucoup de succès. 

Citoyen suisse depuis 1937, doué pour les affaires, il vend des armes à l’armée allemande alors que le Traité de Versailles (1919) interdit tout réarmement; mais il en vend aussi à la France, à la Grande Bretagne, à l’Espagne…

Il meurt à 66 ans, « richissime », sans avoir envisagé sa succession. C’est son épouse qui la réglera en créant une fondation à laquelle elle lègue quelques 200 œuvres, les 400  restantes revenant aux héritiers, sa femme et ses 2 enfants….

En 2012, un accord est signé avec le Kunsthaus, prévoyant le dépôt des œuvres dans ce musée, à l’horizon  2020.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !