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La Chine et la FED, kryptonite des marchés haussiers ?
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Decod'Eco

La Chine et la FED, kryptonite des marchés haussiers ?

Deux éléments tirent la croissance mondiale – et les marchés actions – en ce moment : l’impression monétaire et la Chine. Or ces deux moteurs ont connu des soubresauts inquiétants ces derniers jours.

Cécile  Chevré

Cécile Chevré

Cécile Chevré est titulaire d’un DEA d’histoire de l’Ecole pratique des hautes études (EPHE) et d’un DESS d’ingénierie documentaire de l’Institut national des techniques de documentation (INTD). Elle rédige chaque jour la Quotidienne d'Agora, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

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Mercredi dernier ont été publiées les dernières minutes du comité monétaire (FOMC) de la Fed. Minutes qui ont confirmé ce que nous savions déjà – mais que les marchés n’aiment pas se voir rappeler – à savoir que de nombreuses voix au sein de la Fed s’élèvent contre la politique menée par Ben Bernanke et appellent de leurs vœux un arrêt du QE d’ici fin 2013.

Le président de la Fed a immédiatement tenu à rassurer les marchés : la Fed n’a aucune intention de mettre fin à ses mesures ultra-accommodantes dans les mois qui viennent pour ne pas risquer de fragiliser une économie américaine encore en pleine convalescence.

Ce n’est pas la première fois que les marchés jouent à se faire peur avec l’hypothèse d’un arrêt prématuré du QE par la Fed… et je suppose que cela ne sera pas la dernière.

Un arrêt du quantitative easing infini dans quelques mois est-il crédible ?

Nous aurions tendance à dire que non, du moins pour un arrêt complet. Tout simplement parce que la Fed ne peut pas se permettre de lâcher la dette américaine qui, comme chacun le sait, est en constante augmentation. La Fed est devenue le principal soutien au marché obligataire américain. Sans elle, les rendements exploseraient, ce que les États-Unis ne peuvent pas se permettre.

Pour l’instant donc, un revirement politique de la Fed semble improbable... mais nous assisterons peut-être à des changements mineurs (comme une réduction des achats de créances immobilières pourries…) dans les mois qui viennent.

Mais surtout, le principal risque qui pèse sur les marchés est celui d’une perte de confiance. Jusqu’à présent, en effet, les marchés accordent une confiance presque sans faille à la Fed et à son QE.

Que se passera-t-il si (quand) l’effet placebo de ce remède se dissipe ? La réponse est simple : exactement la même chose que si la Fed mettait un coup d’arrêt à son impression monétaire.

Nous risquons donc d’endurer une double peine :

1. Une poursuite de l’impression monétaire – et donc à terme l’inflation.
2. Une perte de confiance des marchés avec risques importants de krach sur les marchés obligataires.

La Chine se rendort-elle ?

Quant à la Chine… ah, la Chine… elle n’en finit pas de faire parler d’elle. Manifestement, l’économie chinoise ralentit. Là encore rien de bien nouveau mais rien non plus de très rassurant alors que l’Empire du Milieu s’est imposé comme le moteur et le thermomètre de l’économie mondiale en quelques années. L’indice PMI des directeurs d’achats d’HSBC est passé sous le niveau de 50 points en mai, et ce pour la première fois depuis des mois.

Un ralentissement confirmé par la consommation d’électricité en recul. Comme toujours avec la Chine, il est difficile voire impossible de mesurer l’ampleur de ce recul, à part de passer par des moyens détournés tels que la demande en énergie… Une opacité qui ne fait rien pour rassurer les inquiets.

L’économie chinoise est en transition, en métamorphose, vers une économie reposant plus sur la consommation intérieure que sur les exportations, et comme tout organisme en mutation, c’est pendant cette phase qu’elle est le plus fragile. Cependant, aussi lent et douloureux que soit ce changement, il est bien en cours… même s’il se fait à coup d’endettement.

Comme le signalait Florent Detroy dans Matières à Profits, Pékin est conscient des risques : "Reuters a récemment publié un article sur les luttes qui opposent le Premier ministre chinois Li Keqiang aux gouvernements locaux. Le chef du gouvernement prône une réforme ‘en profondeur de l’économie’, relatent Les Echos, et ‘veut à tout prix éviter un nouveau recours à l’endettement’. Les gouvernements locaux y sont opposés, souhaitant continuer de recourir aux dépenses d’infrastructures pour croître".

Loin de moi l’idée de vouloir minimiser les risques de bulles du crédit chinois mais signalons tout de même la différence de traitement entre l’Empire du Milieu et celui du Soleil Levant dans la presse économique. Si les soubresauts de l’économie chinoise sont largement pointés du doigt, l’endettement record du Japon ne fait sourciller personne.

Pourtant, le potentiel de croissance de l’économie chinoise, reposant sur l’explosion de sa classe moyenne, me semble infiniment supérieur à celui d’un Japon vieillissant, surendetté, et menacé par la faillite.

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