Interrogés, les services fiscaux considèrent que ce manque à gagner de plus de 30 milliards serait dû à des pratiques frauduleuses (pour 10 milliards environ). La plus courante des pratiques étant d’oublier de déclarer et de faire des fausses factures entre filiales ou sociétés amies. Une partie équivalente (10 milliards d’euros) serait dégagée par des conseillers fiscaux qui font de l’optimisation en jouant sur le pays d’origine. Taxé oui, mais pas au même taux. Enfin, il existe de plus en plus de défauts de paiement. Conséquence de la crise mais beaucoup sont volontaire. Le chef d’entreprise asphyxié refuse de payer la TVA qu'il doit et la conserve comme moyen de trésorerie. La France arrive en deuxième position des pays européens derrière l’Italie où la fraude est un sport national devant l’Allemagne qui perd chaque année 27 milliards d’euros. La fraude à la TVA existe depuis que la TVA a été inventée et cela dans tous les pays. Ceci étant, l’ampleur de la fraude étonne Bercy et l’inquiète. Surtout le début de fraude qui serait le résultat d’une sorte de grève de l’impôt de la part de petits patrons excédés de se faire plumer. Que Bercy s’inquiète, c’est normal. Il a de quoi s’inquiéter. La grève de l’impôt est le seul moyen de défense pour ceux qui ne peuvent pas s’enfuir à l’étranger. Un tel incivisme est regrettable mais c’est un fait. Mais que Bercy s’étonne de l’ampleur du phénomène, apparait singulièrement curieux… Si la fraude existe, c’est évidemment parce qu’il existe des contribuables malhonnêtes et malveillants, mais si la fraude est aussi importante c’est parce que le montant des prélèvements obligatoires est devenu insupportable. « Les hauts taux tuent les totaux… ». Ce cher Laffer ne pensait pas avoir raison si souvent.