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L’Amérique n’a pas été découverte par Christophe Colomb mais par un navigateur musulman !
L’Amérique n’a pas été découverte par Christophe Colomb mais par un navigateur musulman !
©Reuters

Nous avions tout faux

L’Amérique n’a pas été découverte par Christophe Colomb mais par un navigateur musulman ! C’est le Président turc qui le dit…

Allons-nous devoir réécrire nos livres d’Histoire ? Ceux en vigueur en Turquie le seront certainement…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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On ne lit pas assez la presse turque. C’est regrettable. En effet, les journaux d’Ankara viennent de rendre compte d’une belle et stupéfiante nouvelle. Parlant devant un parterre de dignitaires islamiques venus du monde entier, le président turc a annoncé qu’en réalité, l’Amérique avait été découverte des siècles avant Christophe Colomb par un marin pratiquant la foi de Mahomet.

La presse occidentale – honte à elle ! – n’en a pas soufflé mot. Sans doute a-t-elle été payée pour son silence par l’Espagne et la capitainerie du port de Gênes. Pourtant, M. Erdogan a été précis. Il a donné la date de cette découverte : 1178. Mais n’a pas pour autant livré le nom de l’audacieux navigateur. Peut-être Sinbad le Marin qui figure dans la 135ème nuit des Milles et Une Nuits…

On comprend que M. Erdogan ait voulu mettre fin à l’abominable légende de Christophe Colomb, qui est un des piliers de la civilisation chrétienne et occidentale. En outre, on ne peut ignorer le fait, parfaitement détestable, que le navigateur génois était un marrane, c’est-à-dire un Juif converti, et que, peut-être, il judaïsait en secret. Reste que la découverte (appelons ça comme ça) de M. Erdogan laisse plusieurs questions sans réponses. Pourquoi ce fameux navigateur musulman est-il reparti au lieu de faire souche sur le continent auquel il venait d’accoster ? Pourquoi n’a-t-il pas converti à l’Islam les Incas et les Aztèques, ce qui leur aurait évité de se faire massacrer par les Conquistadors ? Pourquoi l’Amérique latine n’est-elle pas recouverte de mosquées, de loin préférables aux églises qui ont fleuri là-bas par milliers. Oui, pourquoi ?

Un peu de sérieux maintenant. M. Erdogan est le président d’un grand pays qui fait partie de l’OTAN et qui a (avait ?) paraît-il vocation à entrer dans l’Union Européenne. M. Erdogan est donc un homme respecté - à défaut d’être respectable – que les grands de ce monde rencontrent et honorent. Au vu de ses propos, s’ils avaient été tenus par un simple quidam en France, les urgences psychiatriques de Ste Anne se seraient aussitôt mobilisées.

Mais Erdogan est président de la Turquie. Il semblerait qu’il ait pris pour modèle le regretté camarade Staline, dont le génie rayonnait sur le monde. Grâce à ce phare de la pensée, la science soviétique (et aussi russe, car un peu de nationalisme ne faisait pas de mal) avait tout inventé, tout découvert, mieux et avant que la "pseudo-science capitaliste". Tout, l’électricité, le gaz, le téléphone, l’automobile, les avions à réaction, et cætera, était le fruit de génies dont le nom finissait en "ov" ou en "ine". Pour simplifier, ces "inventeurs" furent désignés en Occident par un simple vocable : Popov. Aujourd’hui, Popov est turc. Il s’appelle Erdogan. Et on ne le qualifiera plus désormais d’ "islamo-conservateur" mais d’  "islamo-novateur".

Et du même auteur : Le gauchisme, maladie sénile du communisme, Benoît Rayski, (Atlantico éditions), 2013. Vous pouvez acheter ce livre sur Atlantico Editions.

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