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Le petit déjeuner parfait de James bond comprend "du café très fort venant de chez De Bry sur New Oxford Street".
Le petit déjeuner parfait de James bond comprend "du café très fort venant de chez De Bry sur New Oxford Street".
©DR

Thé ou café

James Bond et le test de la biscotte : savez-vous ce qui se cache derrière la composition du petit déjeuner de vos héros ?

Les romanciers et les réalisateurs essayent presque toujours de nous dire quelque chose de leurs personnages à travers ce qu'ils leur font manger le matin.

Le petit déjeuner est le repas le plus important de la journée. Cette maxime s'applique dans la vraie vie, mais aussi dans les fictions : les scènes où l'on voit les héros devant une tasse de café ou une assiette d’œufs brouillés sont légions au cinéma, dans les séries TV ou les livres. Ce que l'on sait moins, en revanche, c'est que les romanciers et les réalisateurs essayent de nous dire quelque chose de leurs personnages à travers ce qu'ils mangent le matin.

A tel point que le journaliste et écrivain américain Hunter S. Thompson compare le petit déjeuner à une "ancre psychique", quelque chose sur lequel on peut s'appuyer pour cerner la personnalité d'un individu. Si on voit un personnage manger des toasts avec de la confiture (ou dans le cas de Hunter S. Thompson, "quatre Bloody Mary, deux pamplemousses, un café, des crêpes, de la saucisse, du bacon ou du corned-beef aux piments"), on peut légitimement supposer qu'il mange la même chose tous les matins, explique le Guardian.

Le petit déjeuner est un "baromètre de normalité", un outil qui sert à savoir qui on est vraiment. Exemple : dans le livre Bilbo le HobbitTolkien en dit long sur la nature décadente de Hobbitebourg au moment où Bilbo prend son deuxième petit déjeuner (les repas hobbits comprennent en effet un petit déjeuner, un second petit-déjeuner, un en-cas à 11h00, un déjeuner, un thé et un souper auxquels s'ajoutent de nombreux casse-croûtes). L'anecdote est même reprise dans la trilogie Le Seigneur des anneaux (voir vidéo ci-dessous).

Un petit déjeuner méticuleusement préparé peut aussi témoigner d'une brutalité sous-jacente. James Bond, notamment, est très pointilleux lorsqu'il est de passage à Londres et qu'il commande son petit déjeuner (son "repas préféré de la journée"). Dans Bons baisers de Russie, le lecteur découvre que sa collation du matin comprend "du café très fort qui venait de chez De Bry sur New Oxford Street, passé dans une cafetière américaine Chemex. […] Il y avait aussi deux tranches de pain complet grillé, une généreuse dose de beurre de Jersey d’un jaune profond, et trois petits pots de verre qui renfermaient la confiture de fraises Little Scarlet de chez Tiptree". Un menu qui fait dire à Miranda Frost dans l'une des répliques les plus cultes de la saga : "Je connais tout de vous 007. Sexe au dîner, mort au petit déjeuner".

Patrick Bateman, le personnage principal et le narrateur du roman de Bret Easton Ellis American Psycho, dévoile ses tendances psychopathes non seulement en assassinant horriblement des collègues, des clochards ou encore des prostituées, mais aussi dans la façon ultra détaillée dont il décrit son petit déjeuner : "Je mange un kiwi et une apple-pear japonaise coupée en tranches (quatre dollars l'unité chez Gristedes) sur des boîtes de rangement en aluminium conçues en Allemagne de l'ouest. Je prends un muffin, un sachet de thé à base de plantesdécaféine". Et ainsi de suite : la description s'étale sur des lignes. Dans L'Etranger, de Camus, le petit déjeuner de l'antihérosMeursault n'est composé que d'un seul élément. Une manière, peut-être, de donner à voir au lecteur une existence vide de sens : "Je me suis fait cuire des œufs et je les ai mangés à même le plat".

De la même manière, ne pas prendre de petit déjeuner du tout est aussi révélateur. Un tel comportement fait dire à Bertie Wooster, un personnage  de fiction récurrent chez l'auteur britannique P. G. Wodehouse, a propos d'une femme qui saute le premier repas de la journée : "Elle parle comme si elle appartenait à une ligue anti-saucisse ou à une ligue militant pour la surpression des œufs". 

Reste à savoir ce qu'en pense George Valentin dans la scène de petit déjeuner de The Artist

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