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La sinistre téléréalité à la chinoise... dans le couloir de la mort
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Dead loft story

La sinistre téléréalité à la chinoise... dans le couloir de la mort

Extrêmement populaire en Chine, l'émission "Interviews avant exécution" vient d'être supprimée après cinq ans d'existence. On pouvait y suivre les dernières confessions de condamnés à mort juste avant leur exécution.

C'était un rituel, chaque samedi soir : 40 millions de Chinois allumaient leur poste de télévision pour regarder un programme diffusé par la télévision du Hénan, une province du centre du pays, sobrement baptisé "Interviews avant exécution."

Pourtant, courant mars, le programme a disparu des ondes. Les familles chinoises ne pourront plus profiter des regrets exprimés par les condamnés quelques jours, voire quelques instants, avant leur exécution. Cinq ans après sa création, le programme était pourtant toujours très populaire.

C'est un tournage de la BBC qui semble avoir précipité sa chute : les autorités chinoises ont interrompu l'émission quelques jours avant la diffusion du documentaire, le 12 mars, sur BBC Two, craignant probablement une mauvaise publicité.

Maquillage impeccable et visage dur, la présentatrice Ding Yu était une véritable star. Mais ce n'est pas son sens de la compassion qui l'a rendue célèbre : comme le raconte le journal suisse Le Matin, Madame Ding a déjà déclaré à un condamné sur le point de mourir qu'il était "de la merde" à ses yeux.

L'interview débutait en général par des questions anodines : quels genres de films regardez-vous ? Quels sont vos groupes de musique préférés ? Selon une technique bien rôdée, Ding Yu poussait ensuite ses interlocuteurs à confesser les détails les plus violents de leurs crimes. Les prisonniers, qui ne peuvent généralement pas recevoir la visite de leur famille avant l'exécution, finissaient par transmettre un dernier message à leurs proches, avant de s'éloigner vers le peloton d'exécution.

Regardez le documentaire de la BBC (en anglais) :

En Chine, il existe 55 crimes relevant de la peine de mort, allant du vol au crime d'Etat. Le but de cette émission : édifier les citoyens, les décourager de se livrer à ce genre de crimes. 

"Certains peuvent trouver cela cruel d'interviewer un criminel alors qu'il s'apprête à être exécuté. Mais au contraire, ils veulent être entendus", déclare Ding Yu au début du documentaire. Le film la montre ensuite en train d'interviewer un homme qui a poignardé sa femme avant de brûler leur maison. "Quand je suis face à eux, je suis désolée et je regrette pour eux. Mais je n'éprouve pas de sympathie. Ils doivent payer le prix fort pour ce qu'ils ont fait. Ils le méritent." Devant un condamné pour le meurtre d'un enfant, elle a un jour déclaré "tout le monde devrait vous haïr", raconte le quotidien britannique Daily Mail.

Depuis l'interruption du programme, Madame Ding s'est retranchée dans le silence. Avant cela, elle a tout de même rappelé que les personnes interviewées ont toujours donné leur accord pour participer à l'émission. Sur plus de 200, seuls cinq condamnés ont refusé l'entretien.

Trois épisodes ont été consacrés à l'histoire de Bao Rongting, un homosexuel condamné à mort pour avoir tué sa mère avant de violer le cadavre. Dans sa bande-annonce, le programme annonçait qu'il allait enfin "faire la lumière sur un mystérieux groupe de gens dans notre pays". Ces épisodes ont été les plus regardés de l'émission. 

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