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Intelligence artificielle et intelligence tout court. Passer du rapport à l’action
©Flickr/IsaacMao

Les entrepreneurs parlent aux Français

Intelligence artificielle et intelligence tout court. Passer du rapport à l’action

Nous avons raison de privilégier un mode de vie qui donne autant de place à la vie personnelle. Mais cela vient avec un prix, et ce prix nous ne pourrons bientôt plus le payer si nous continuons à enrichir les autres en contrepartie d’un confort temporaire.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Dans cette France qui se plaint sans cesse de la baisse de son pouvoir d’achat, de sa pauvreté rampante, je suis toujours amusé de la désertification de la capitale à l’heure des vacances scolaires. Les Parisiens auraient-ils tous accès à des chèques de vacances ? De luxe ? Car la plupart des Club Med et destinations 4 et 5 étoiles affichent complet. Nous serions fainéants, mais productifs et aussi pauvres, mais « serial vacanciers ».  Du coup, comme je ne prends pas de congés, je vais quand même m’offrir des vacances éditoriales en m’offrant le luxe d’une petite tribune pour cette semaine !

Nombres de sujets se bousculent aux portes de l’actualité ces dernières semaines. L’affaire Facebook, sur laquelle j’ai eu le plaisir de vous offrir mon avis la semaine passée dans ces mêmes colonnes. Fausse affaire pour moi, sachant que nous offrons nos données à Facebook, gratuitement, et que je ne vois aucune raison de lui en vouloir d’en faire ce qu’il souhaite, car pour lui reprocher quelque chose à la fin, il faudrait que nous lui ayons fait promettre quelque chose au début !

Puis nous avons eu coup sur coup, le rapport sur la responsabilité sociétale des entreprises, remarquable de mesure, d’équilibre, de bon sens, même si l’aspect digital est encore insuffisamment abordé, et un autre rapport, sur l’intelligence artificielle. Et enfin, l’arrivée prochaine, de la RGPD, qui permet à tous les consultants de la terre, de spammer nos messageries, avec un moutonnisme déconcertant, le séminaire qui vous apprendra tout sur ce non événement.

Que pouvons nous tirer comme conséquences sur l’état du Monde et celui de la France et de l’Europe ? Sur l’avenir qu’il nous réserve et notre capacité à rester « fainéant mais productif et « serial » vacanciers » ?

J’analyserai les choses de cette façon :

En préambule, nous sommes des enfants gâtés, et il va falloir nous remettre en cause. Vite. Nous avons raison de privilégier un mode de vie qui donne autant de place à la vie personnelle. Mais cela vient avec un prix, et ce prix nous ne pourrons bientôt plus le payer si nous continuons à enrichir les autres en contrepartie d’un confort temporaire. Il va falloir nous réveiller et comprendre, que donner en permanence nos données en dehors de l’Europe, nous condamne à nous offrir à un système qui laisse moins de place au temps personnel. C’est bien d’utiliser Google à 92%, FB au quotidien, pas de mal à cela sur le principe. Mais il nous faut très vite inventer les champions français, qui nous permettrons d’enrichir nos économies plutôt que de nous contenter des miettes. Nous devenons des mendiants. De luxe. Par aveuglement. La presse rouspète et reçoit une obole, un jour de Google, un centre de recherche le lendemain d’un Amazon. Ce n’est pas sérieux. A viser petit, nous finirons nains.

Les rapports c’est bien. C’est la preuve d’une prise de conscience. Je trouve même cela impressionnant. On ne mesure pas assez la vision puissante du président de la République. Il a compris, c’est clair. Mais saurons nous en tirer les conséquences et passer à l’action. Une action à la mesure des rapports.

Sur la santé, l’un des sujets clés de la domination mondiale, la France a tout. Sur le papier, nous sommes les Rois. Mais en fait nous avons tout, comme au tiercé, dans le désordre et en ordre séparé, et nous n’aurons rien. Nos  données sont enfermées dans des « dossiers » séparés, souvent dans des formats inexploitables, tenus par des organisations qui ne se parlent, ni personnellement, ni informatiquement, le tout sous la haute surveillance de la CNIL, pour qui l’intimité nécessaire de la donnée, l’emporte sur l’avenir de la France. En clair, nous avons tout, mais rien. Comme tous les enfants gâtés, nos jouets sont en désordre et mal entretenus. Nous ne pourrons rien en faire. Surtout avec 1.5mds !! Une paille face à l’investissement nécessaire et à ce que mettent nos concurrents.

Sur la société, nous avons compris que l’Etat ne pourrait plus faire, trop endetté, et que les sociétés devront prendre une partie de la tâche. Mais comment ? Doivent-elles le faire pour s’excuser de faire encore du profit, comme le titrait de façon démagogique Le Monde il y a quelques semaines ? Ou le faire, pour que tous ensemble, nous nous levions non pour Danette, mais pour l’avenir. Un avenir basé sur un modèle qui ne soit ni Chinois, ni Américain, même si nous devrions nous inspirer de certaines de leurs méthodes et succès, pas par dogmatisme ou « xénophobie » bien entendu, mais pour faire entendre une voix différente. La nôtre. Un avenir se construit sur une colonne vertébrale, ou plutôt, une ADN, seule capable de fournir à chacun une voie qu’il reconnaisse comme sienne, familière. Retrouvons notre ADN et injectons là, dans un modèle numérique. Vite.

Profitons des congés pour réfléchir. Et penser autant à notre avenir, qu’aux prochaines vacances. C’est le prix à payer pour que cette habitude française puisse rester notre charme le plus agréable. Arrêtons le selfie, tourné vers le nombril et regardons au delà, c’est à cet endroit que se situe notre futur.

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