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Il ne faut surtout pas dire que le colonel Arnaud Beltrame est mort "victime du terrorisme islamiste" !
©Eric CABANIS / AFP

Sainte Bêtise

Il ne faut surtout pas dire que le colonel Arnaud Beltrame est mort "victime du terrorisme islamiste" !

Car ces mots-là sont, paraît-il, de nature à ressusciter "les guerres de religion". Et ça, c'est vraiment pas bien…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Le maire de Montfermeil a eu l'idée inquiétante autant que scandaleuse de débaptiser le parvis de sa mairie afin de lui donner le nom du colonel Arnaud Beltrame. Il a aggravé son cas en prévoyant sur la plaque l'inscription suivante : "Au colonel Arnaud Beltrame, héros français victime du terrorisme islamiste". Une provocation estime l'opposition municipale constituée de trois élus du Front De Gauche.

La pensée de ces trois élus a ceci de sympathique qu'elle n'est pas difficile à suivre. En effet, ils pensent simple pour être compris du peuple qu'ils estiment aussi bête qu'ils le sont eux-mêmes. Un des conseillers municipaux FDG a déclaré que dans" terrorisme islamiste" il y avait "islamiste". Et donc que dans "islamiste, il y avait "islam".

Lumineux non ? Et fort de cette subtile analyse sémantique, il a déclaré que le mot "islamiste" aurait pour effet de "rallumer les guerres de religion" ! Et on sait comme ces guerres-là ont été sanglantes…

Un autre élu FDG a fait, lui, appel à un argument encore plus imparable. Il a indiqué qu'une rue de Béziers portait depuis peu une plaque avec la même inscription : "Au colonel Arnaud Beltrame héros français tué par le terrorisme islamiste". Et vous savez qui est le maire de Béziers ? L'affreux, l'infréquentable Robert Ménard ! Suivre son exemple, c'est évidemment s'engager sur les voies sombres du fascisme identitaire et de l'islamophobie.

Ces élus ont été à bonne école. Ils ont suivi les cours de Jean-Luc Mélenchon et de Pierre Laurent. Avec de tels professeurs, il était normal qu'ils aient obtenu leurs doctorats avec les félicitations du jury. Notons cependant qu'ils ont fait preuve de modération puisqu'ils ont suggéré de mettre sur la plaque : "Au colonel Arnaud Beltrame, héros français victime du terrorisme".

À notre avis, ils ne méritent pas leurs doctorats. Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent devaient être bourrés ce jour-là. Car le mot "terrorisme" est déjà de trop : il pourrait faire penser à certains qu'on stigmatise déjà beaucoup. "Héros français" est méchamment identitaire : pourquoi "français" ce qui exclut tous ceux qui ne le sont pas ?

À proscrire également le nom du Colonel Arnaud Beltrame : comment peut-on glorifier sans vergogne un gendarme formé par la bourgeoisie pour opprimer le peuple ? Au point où nous en sommes nous avons envie de demander à Jean-Luc Mélenchon et à Pierre Laurent de nous communiquer l'adresse de l'antenne locale du Front De Gauche. Et alors nous exigerons du maire de Montfermeil qu'il débaptise la rue pour l'appeler "Rue des sinistres cons".

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